‹ L'art de vérifier les datesChapitre 15 sur 230 · HI-TSONG · texte numérisé non relu

HI-TSONG

1620. (57^ année Keng-cliin, du LXVII<^. cycle.) Hl-TSOKG, fils aîné de Kouang-tsong, qui l'avait recommandé, en mourant, à ses minisires, pour l'élever sur le trône après lui, refusa pendant quelques jours d'y monter. Cédant enfin aux représentations des grands, il en prit possession le sixième jour de la 2*. lune, à l'âge de seize ans.

LesTartares étant retournés chez eux, paraissaient assez tranquilles. Mais, avertis que le vice-roi du Leao-tong fiaisait fortifier les endroits par où ils pouvaient y entrer, ils montent aussitôt à cheval, se jettent dans le Leao-tong ; et, le 1 1 de la 2.^. lune de l'an 1621 , ils attaquent la ville de Fan-yang, défendue par le lieutenant général Hochi-hlen , avec une forte garnison. Les assiégés, dans une sortie, sont complètement battus par les Tartare? , auxquels s'étaient joints des Chinois déserteurs ; après quoi les vainqueurs, poursuivant les fuyards, entrent péle-mêlo avec eux dans la ville, où ils massacrent tous ceux qui ne veulent pas se mettre à leur service. Leao-yang, capitale de la province, qu'ils assiégèrent ensuite, subit le même sort, malgré la brave défense du vice-roi, et les secours que lui portèrent différents partis de Chinois, répandus dans la campagne. Après la prise de cette place, les Tartares publièrent un édit, par lequel ils promettaient la vie à tous ceux qui voudraient se raser et s'habiller à la manière des Tartares (i). »f Ainsi , un » grand nombre de Chinois , peu jaloux d'être victimes de leur » fidélité, s'empressèrent de §e conformer à l'édit-, et pour con-

(i) « I-cs Tartnres se rasent dès que leurs cheveux commencent à >) pousser, et s'arrachent les poils de la barbe jusqu'à la racine, ne « gardant que des moustaches ; ils laissent croître derrière la tète une » touffe de cheveux , qui pend négligemment sur l'épaule en forme » de queue , et portent un bonnet de pluche rouge , ou d'un tissu de » crin , teint en noir ou en écarlate. Sa forme est ronde avec une » bordure de martre ou de castor.. .. Leurs habits, qui descendent » ju>qu"aux talons, ont des mnnches semblables à celles des Hongrois « et des Polonais, mais pas tout-à-lait si larges que celles des Chinois... » A leurceintnre pend, de chaque côté, un mouchoir pour s'essuyer les r> mains et le vi'-age, de même qu'un couteau avec deux bourses où ils ■» mettent du tabac. Ils portent, comme nous, leur cimeterre à gauche, J» mais la poigne'e est retournée, et ils le tirent du fourreau en passant

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3> vai'ncre leurs vainqueurs de la sincérité de leur soumission ^ » ils s'habillèrent entièrement à la tartare. Cependant , malgré j> la solennité de leur promesse, les Tartares ayant permis aux 3> marchands des autres provinces , qui se trouvaient alors à » Leao-yang, de se retirer et d'emporter leurs effets, à prine j> furent-ils sortis, qu'ils tombèrent sur eux, et les pillèrent après » qu'ils les eurent inhumainement massacrés ". (M. D. H.)

A la nouvelle de la prise de Leao-yang, la cour impériale fit faire de nouvelles levées de troupes pour marcher au secours du Leao - t0!!g. Mais le vice-roi du Ssé-tcViuen ayant ordonné la réforme d'une partie de celles de ce département , sans leur faire donner la paie nécessaire pour retourner en leur pays, causa, par cette injustice, une sédition. Les mécontents, après avoir tué le vice-roi dans Yong-ning du Ssé-tchuen, s'emparèrent de la plus grande partie de cette province, excités et encouragés par Che-tsong-ù)ing, gouverneur héréditaire du département de Yong-ning. La plupart des mandarins se donnèrent la mort pour ne pas survivre à la perle des villes dont la garde leur était cotu'iée.

Dans tes entrefaites, on vit une héroïne, Tsin-leang, gouvernante de Ché-tchu , pendant la minorité de son fils, marcher, à la tête de ses troupes, au secours des Impériaux, et, après avoir couvert la ville de Tching-tchéou , s'emparer de celle de Ku-tang, pour avoir une communication, avec un détachement qu'elle avait laissé sur les bords du Kiang. De là , elle vola au secours de 'l'chiug-tou , que les rebelles, fiers d'une victoire qu'ils venaient de remporter sur les Impériaux, assiégeaient avec toute l'ardeur que re succès leur inspirait. ( e serait un détail curieux, mais trop long, que le récit des ruses de guerre et des nouvelles machines que les rebelles mirent en usag ■ pour emporter la place , ainsi (j)ie de celles qu'employa le gouverneur "ichu-yé-yuen, pour triompher de leurs efforts. A la fin, il y réussit , et délivra la ville d'un siège qui avait duré cent deux jours. Pour récompense, il obtint la vice-rovauté de Iz province. De nouvelles défaites, qu'il fit essuyer aux rebelles, avec le secours de l'héroïne de Ché-tchu, obligèrent Ché-tsongming, leur chef, à se retirer à Tsun-y-fou, avec ce qu'il put recueillir des débris de son armée.

V la main droite derrière le dos. Leur chaussure est une espèce de » patins, dont l.i semelle unie et sans talons est épaisse de trois doigts. •»> Leurs holines sont faites de cuir de cheval , apprêté, ou bien d'étoffe 3> de soie ; mais ils n'ont point l'usage des éperons, » ( M. Deshau— tcwayes. )

t)ÉS EM^PEREUKS ÈE LA CHINE, 89

Celle révolte élait presque éteinte lorsqu'il s'en éleva une nouvelle lians le Kouci-tchéou , excitée par Ngan-pang-yen , d une famille qui avait le gouvernement d'un pavs assez étendu , nommé i houï-si . sur les confins de cette province et de celle de Yiin-nan. Des troubles dans le même tems, excités par Suhong-iu, agitèrent le Chan-tong. jNgan-pang-yen brava, pendant deux ans, les armées de l'empire, envoyées contre lui, leur donna plusieurs échecs , et fit des sièges ou il montra sa valeur et son habileté. C'est ainsi que les Chinois semblaient avoir conjuré, avec les Taiiares, la ruine de leur empire. Une trahison,, sur la lin de 1*122, arrêta les progrès de Su-hong-iu. Livre pailes siens au vice-roi ïchao-ven , il fut exécute au milieu des rues de Teng hlen. Le général Ouang-san-chen , de son côté, poursuivait avec vigueur le rebelle ]Sgan-pang-yen. Mais, trahi par un des émissaires «le celui-ci, qui avait passé à son service, il tomba dans une embuscade où il périt. Tan 16^41 avec tout son monde, à Texception de son frère et d'un autre officier. Les rebelles, cependant , avaient été si maltraités, et leur pays était si dévasté, qi;'ils ne furent plus en état de rien entreprendre.

Les Manlcheous, contents des conquêtes qu'ils avaient faites dans le Leao-tong, demeuraient tranquilles au milieu de ces troubles. L'an iB^S, le 11 de la 6^. lune, ils perdirent leur empereur Taï-tsou, qui , ayant quille la ville d'Oîololi à l'est de la montagne d<'. Tchang-pi chan, avait transporté le siège de soa empire à Muugden , auparavant nommé Chin-yang. Son fds, Taï-tsong lui ayant succédé, le vice-roi du Leao-tong l'envoya féliciter sur son avènement au trône. Le Tartare, dans une lettre qu'il remit aux députés du vice-roi pour leur maître , détailla les griefs que sa nation avait contre les Chinois; témoignant d'ailleurs un désir sincère d'établir une paix solide entre les deux empires. Une réponse du vice-roi, peu satisfaisante, fut suivie d'une réplique qui précéda de peu de jours la mort de l'empe^i reur Hi tsong. Ce prince, d'une complexion faible, finit sa carrière l'an i<i2y , dans la 8"=. lune, à l'âge de ving-trois ans, sans laisser de fils.

Ce fut sous ce règne que les Chinois commencèrent à faire usage de l'artillerie. «Dès l'an 1620. la ville de Macao avait 33 envoyé à l'empereur Chln-tsong trois grandes pièces avec des » canonn'ers : elles furent conduites a Pé-king, ou on les éprouva )) en présence des mandarins de la cour, et d'un concours proj) digieux de spectateurs- Un accident changea en effroi l'admi- » ration quelles causèrent : un portugais et quatre chinois fu— n rent tues. L'effet de ces machines terribles fit juger qu'elles » seraient d'une grande utilité contre les Tartares, et on les » transporta sur les frontières. Les Tartarei, attirés par la eu-

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» riosité, s'étant approches pour les examiner, on leur lâcha » une bordée qui en renversa plusieurs; les autres prirent, la » fuite ; et depuis , ils furent, plus clrconspecis à éviter la portée i> de ces machines, dont l'effet leur avait été si funeste la prej> mière fois. » ( M. Deshautesayes, )

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