‹ L'art de vérifier les datesChapitre 164 sur 230 · RAYMOND-BOUREL · texte numérisé non relu

RAYMOND-BOUREL

993. Raymond-Borrel, né l'an 972, succéda, dans le comté de Barcelonne, à Borrel, son père, l/an loio , il part , avec son frère r>mengaud, pour aller au secours d'Almahadi, prince sarrasin , qui disputait le trône de Cordoue à Zuleiman. Cette expédition fut malheureuse, et coûta la vie à Ermpngauij , ainsi qu'à d'autres seigneurs. L'an 10 17, les Sarrasins avant étendu ieurs courses jusqu'à Barcelonne, Raymond périt , à ce qu'on croit , en voulant s'opposera leurs entreprises. Du moins est-il certain qu'il mourut cette année. Il avait épousé, en premières noces, MA.RIE, fille d'un seigneur, nommé Rodrigue, dont il eut une fille, qu'il maria l'an 1007 , avant qu'elle fût nubile, à Bernard, comte de Besalu, en lui donnant pour dot le comte et l'évêché d'Ausonne , qui devait rester à Bernard , quand même il n'en n'aurait point d'enfants. ( Marca Hi<;pan. , col. 478-) D'Ermessinde, fille de Roger, comte de Carcassonne, qu'il avait épousée en secondes noces, l'an looi, il laissa un fils en bas âge, nommé Bérenger Raymond, et deux filles, Etiennette , femme de Garcie 111, roi de Navarre, et N. , qui épousa Roger , prince normand, que quelques-ims confondent mal-à-propos avec Richard, duc de Normandie. Raymond- Borrel, par son testament , avait non-seulement institué sou épouse, tutrice de son fils, mais lui avait de plus accordé, pour sa vie, l'administration du comté de Barcelonne. {^Marca. Hispan. Vaissète. )

BÉRENGER-RAYMOND, surnommé LE COURBÉ.

1017. Berenger-Raymond ^^, fils de Raymond-Borrel, hérita du comte de Barcelonne, sous la tutelle et la régence d'Ermessinde , sa mère. Cette princesse, l'an 1018 , se voyant harcelée parles Sarrasins, appela son gendre, le prince Rogyr, qui In. Si

4o;a CHRONOLOGIE HISTORIQUE

obligea ces infidèles à demander la paix. L'an loa?», Ermcssiilde remit l'administration du comté entre les mains de son fils. Bérenger-Raymond périt, l'an io35 , dans un combat donné en Cerdagne. De Sancie, appelée G arcie par Oihenart, fille de Sanche-Guillaume, duc de Gascogne, sa première épouse, il laissa deux fils, Raymond , qui lui succéda, et Sancbc, moine de Saint-Pons. GuiSLE , sa seconde femme , lui donna un autre fils, nommé Guillaume, qui fut comte de Manrese. L'auteur des Gestes des comtes de Barcelonne témoigne beaucoup dcr mépris pour Bérenger- Raymond.

RAYMOND-BÉRENGER I"., dit LE VIEUX.

io35. Raymond - BÉRENGER étant en bas âge à la mort de Bérenger - Raymond , son père, Ermessinde, son aïeule, qui vivait encore, reprit le gouvernement du comté de Barcelonne : mais continuant de le garder après la minorité de son petit-fils, elle essuya de sa part de mauvais traitements , qui l'obligèrent de lui céder ses droits à certaines conditions. Cette princesse mourut l'an 1069. Raymond-Bérenger , lorsqu'il eut pris en main les rênes du gouvernement, se montra digne de commander. L'an io4'*^, il porta la guerre en Espagne contre les Maures, et fut si lieureux dans cette expédition, qu'après avoir fait diverses conquêtes sur douze de leurs rois, il les contraignit enfin de se rendre tributaires. Du nombre des domaines qu'il leur enleva , furent la ville et le comté de Tarragone , dont il fit présent à Bérenger , vicomte de Narbonne , qui était venu à sou secours. L'an 1068, il acquit , le 2. mars , de Raymond-Bernard, vicomte d'vVlbi, et d'Ermengarde, sa femme, sœur et héritière de Roger lll , comte de Carcassonne , les droits qu'ils avaient sur le Carcassez, le Rasez, le Conseraus , le Coniminges, le Toulousain, etc. La même année (et non l'an 1060 comme le marque M. Fleui i ) , ayant assemblé ses barons dans le palais de Barcelonne, en présence de Hugues , cardinal et légat du pape, il établit et fait rédiger par écrit, de l'avis et avec le conseil de l'assemblée, des lois et coutumes , suivant lesquelles il ordonne que tous ses comtés soient gouvernés. {^Gesta Coinit. Burriu.) C'est, suivant l'auteur cité, la plus ancienne rédaction de lois coutumières (pie l'on connaisse. L'an loyB, Raymond-Bérenger meurt le 27 mai, et est inhumé dans Teglise de Barcelonne. Il eut d'IsABEAU, sa première femme, un fils nommé Pierre, auquel il survécut, et qu'il lit vraisemblablement mourir pour avoir égorgé sa belle-mère qui suit. D'Al.MODIS DE LA Makciie, la seconde, qui lui avait donné sa main Tan io56, après avoir été succcsslvcrfient répudiée par Hugues V de Luzignan , et Pons,.

DE LA MARCHE d'eSPAGÎSîE. 4o3

comte de Toulouse, ses deux premiers époux, il laissa Raymond- Bérenger et Bérenger-Raymond , qu'il institua ses héritiers. (Vaissète, tom. 11, pag. i55, 167, 171, 187, ie)5 , 197, 220 , 234. )

RAYMONU-BÉRENGER U , dit TÉTE D'ÉTOUPE, ET BÉRENGER-RAYMOND II.

1076. Les deux frères , Raymond-Bérenger et Bérengek- Raymond , après quelques démêlés sur la succession de leur père, partagèrent le comté de Barcelonne, dont ils prirent chacun le titre, avec les autres domaines de ce prince, situés audelà des Pyrénées; mais pour se distinguer, Raymond-Bérenger se qualifia seul comte de Carcassonne. Il fut surnommé Tete d'étoupe , parce qu'il avait, selon quelques-uns, la chevelure fort épaisse , où , selon d'autres, parce qu'il avait reçu heaucoup de blessures à la tête. ( Yaissète , tom. II, pag. 2.22..) On vante «a bravoure, sa bonne mine, son air affable et son amour pour ses [)eupies. L'an 1082 , le 6 décembre , il fut assassiné par une Troupe de scélt-rats, entre Ginmne et Saint - Saloni. {Ibid.y pno. 2B1. ) De Mathilde, fille de Robert Guiscard , duc de la Pouille , qu'il avait épousée l'an 1079, il eut un fils nommé comme lui, qui naquit vingt-cinq jours avant sa mort , le jour de Saint-Martin. (Ibi'd., pag. 261.) BÉRENGER-Raymond , son frère, prit la tutelle de cet enfant à l'exclusion de la mère, et administra , tant en son nom qu'en celui de son neveu, tous les biens de la maison de Barcelonne. {lôid. , pag. i5o. ) Ma— thilde se remaria depuis avec Aimeri, vicomte de Narbonue. {^Ibîd. , pag. oo-f.) L'an io83, Bernard-Alton, Vicomte d'Albi, et sa mère Ermengarde, s'emparèrent, sur le jeune comte, des comtés de Carcassonne , de Rasez et de Lauraguais, que la dernière avait aliénés en 1068, en faveur de Raymond-Béreng<!r l*^^ . {^Ibid. , pag. 2(3 1.) Vers l'an 1090 , Bérenger-Raymond fit donation à.l'eglise romaine, entre les mains du légat R;tinicT , de tous les domaines qu'il avait hérités de,son père et partagés avec Raymond-Bérenger , son frère , avec promesse , tant pour lui , que pour ses successeurs, de les tenir en fiefs du saint siège, sous la redevance d'un cens de vingt-cinq livres d'argent. ( 3Iarca Ili'sp. p. 470. Ruiii. vif. Urb. 11^ n. G5. ) L'an 1092, il jiartit avec Guillaume IV, comte de Toulouse, pour la Terre-Sainte, d'où ni l'un ni l'autj-e ne revinrent; tous deux y moururent l'an ioc^'6. (Vaissète, tome II , pag. 2S0 , 1182. ) Bérenger-Iiriymond se rendit célèbre par ses conquêtes sur les Maures , ;.es voisins , et décéda sans enfants. L'auteur àcs Gestes dcsxomies de Barcelonne ( Marra Hisn, cul. 34^ ) f^it son éloge en ces

4o4 . f;nRONOLor.iE historique

termes : Hic fiiit vir arniis stremiissiiuns ^ benignus, âuîcîs ^ pius ^ hiluris atqiie probus , cor pure et forma pulcherrimus. ( Voyez BerlaarJ-Atton 1 , vicomte de Carcassonne. )

Page 1