‹ L'art de vérifier les datesChapitre 189 sur 230 · RAYMOND-TRENCAVEL I · texte numérisé non relu

RAYMOND-TRENCAVEL I

1 i5o. Raymonu-Trencavel, second fils de Bernard-Atlon, ne recueillit pas sans contradiction la succession que Roger , 8on frère, lui avait laissée. Elle lui fut d'abord contestée par Bernard-Atton, vicomte de Nismes, son autre frère, mécontent de n'avoir point eu de part dans le testament de Roger. Mais ils s'accommodèrent au moyen de la ville d'Agde , que Ray— mond-Trencavel céda à son frère. ( Hist. de Lang. , tome II , page 4^^7-) 1^'un autre côté, Raymond-Bérenger IV, comte da

Barcelonne , voulut faire revivre ses droits sur le Carcassez et îe Rasez : pour le satisfaire , il fallut fjue Treucavel reprit en fief fie lui le Carcassez, le Rasez et le Lauraguais, avec toutes leurs dépendances. Cet hommage était , de la part de Trencavel , un acte de félonie envers le comte de Toulouse, son suzerain, Kaymond V, qui possédait alors ce comté, ne tarda pas à l'en punir.- L'an n53 , il lui déclara la guerre , et Payant pris dans une bataille , il le mit dans une étroite prison , d'où il ne sortit Cjue l'an ii55 , vers le mois d'avril, après avoir reconnu la suzeraineté des comtes de Toulouse , et promis une forte rançon. ( Ibici. , pp. 472, 47^.) L'an i 1.S7, il se ligue avec le comte tle Barcelonne , qu'il reconnaît de nouveau pour son suzerain , et Henri II , roi d Angleterre , contre le comte de Toulouse. Il accompagna le monarque , l'an ii59, dans son expédition du Toulousain. A son retour, il abolit à Réziers , moyennant une somme considérable qu'il reçut des Juifs, une coutume qui leur était fort onéreuse. Tous les ans, le jour des Rameaux, l'évéque montait en chaire pour exhorter le peuple à tirer vengeance des Juifs qui avaient crucifié Jésus-Christ , après quoi il donnait la , bénédiction aux auditeurs, avec permission d'attaquer ce peuple et d'abattre ses malsons, le tout à coups de pierres seulement ; te qui ne se faisait jamais sans qu'il y eût beaucoup de sang répandu. L'attaque durait l'espace de quinze jouis.

Trencavel était toujours biouillé avec le comte de Toulouse. L'an 1 i6o , il se réconcilie avec ce prince par ordre et en considération du roi Louis le Jeune. ( lùid. p. 49^- ) '^^ ^""^ ^^ 'Trencavel fut aussi affreuse que peu méritée. Il était allé au secours d'un de ses neveux attaqué par ses ennemis. Pendant la marche, un bourgeois de Bezlers prit querelle avec un chevalier et lui enleva un cheval de charge. Sur les plaintes que le gentilhomme lui porta de cette offense, le vicomte fit arrêter le bourgeois, et le remit entre les mains des chevaliers qui le punirent d'une peine légère , à la vérité , mais propre à le déshonorer pour le reste de ses jours. Tous les bourgeois de Bezlers , furieux de-cet outrage , consplrèient pour en tirer vengeance. Trencavel étant de refour de son expédition , ils vont le trouver en le suppliant de réparer la honte qui rejaillit sur tout le corps de la bourgeoisie. Naturellement honnête et civil , Trencavel leur répond qu'il prendra conseil des princl^ paux habitants, et il assigne un jour pour réparer ce que les circonstances l'avaient obligé de faire. On parut satisfait de sa réponse. Le jour venu (c'était un dimanche i5 octobre 1167 ), il se rend à l'église de la Madeleine, accompagné des gens de sa cour. Les principaux habitants arrivent armés de cuirasses et de poignards sous leurs habits. Celui qui se prétendait offea^

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