RAYMOND-ROGER
1194. Raymond-Roger, né, l'an 11 85, du vicomte Roger Il et d'Adélaïde de Toulouse, demeura sous la tutelle de Bertrand de Saissac jusqu'à l'an 1199, c'est-à-dire jusqu'à l'âge de quatorze ans, terme fixé dans les provinces méridionales de France pour la majorité des enfants de qualité. ( Hist. de Lang. tom. III , p. 74- ) Vers la fin de cette même année , ou au commencement de la suivante, il perdit sa mère, qui prenait le titre de comitesse , quoique son époux ne se qualifiât que vicomte. f)uelques-uns l'on qualifiée comtesse de Burlats, parce qu'elle avait été élevée, comme on l'a déjà dit , au château de ce nom. Raymond-Roger, l'an 1201 , se ligue avec le comte de Foix, contre le comte de Toulouse, son oncle. L'an 1209 , voyant leà croisés déterminés à s'emparer de ses domaines, sous prétexte cu'il favorisait les hérétiques , il va trouver à Montpellier le
BES COMTES ET VICOMTES Ûlï CARCA^SONlî^E. 43»
téi^al Mllon , qui refuse de l'écouter. Les croises, le 22 juillet de la nii'me atinee, lui enlèvent d'assaut Beziers , où ils font un niassarre horrible, sans distinction d'âge, de sexe ni de religion. O qui est de plus déplorable , c'est que cette exécution fut ordonnée par un des légats de la croisade. Avant le sac de la tille on lui avait demande comment on y pourrait discerner les Catholiques des Hérétiques. Craignant que quelqu'un de ceux-ci n'échappât en se confondant avec les premiers. Tuez fout, répondit-il, Dieu connaii ceux qui sont à lui. Le premier août suivant, le vicomte est. assiégé lui-même dans Carcassonne où il s'était jeté avec ses vassaux. Contraint de rendre la place le i5 août, après avoir fait des prodiges de valeur, il est arrêté contre la foi de la capitulation, et livré à Simon de Montfort , qui le fait mettre dans une étroite prison où il meurt à l'âge de vingtquatre ans, le 10 novembre de la même année i20t), non sans soupçon, dit U. Vaissète, qu'on avait avancé ses jours, il fut inhume à l'abbaye de Bolbone dont il était un insigne bienfaiteur. Ce prince, neveu, à la mode de Bretagne , du roi Philippe Auguste, était vicomte de Carcassonne, de Rasez, d'Albi, de lieziers, seigneur de Lauraguais, du Minerbois, du Terménois , et de divers autres domaines. Il laissa d'AoNÈs DE Montpellier, son épouse, qui lui survécut, un fils unique; qui suit.