RAYMOND-ROGER
1 188. Raymo:<d-Roger , étant fils unique à la mort de Roger-Bernard , son père , lui succéda dans tout le comté de Foix. Il accompagna, l'an 1190, le roi Philippe-Auguste à la Terre-Sainte, où il fil ses premières armes (Voissète , t. III , p. 7i)-88.) U eut guerre. Tan 1197, avec les comtes de Comîningss et d'Urgel, pour les limites, à ce qu'on croit, de leurs étals. Cette guerre, où Raymond-Roger eut d'abord l'avantage, finit parun»» bataille qu'il perdit, le ■j.'o février de l'an i:ic>4i Pt o" ^^ ^^^ ^3'' prisonnier avec le vicomte de (^astelbon, son beau-frère. Sa captivité dura jusqu'au mois de mars 1208. Ce fut le roi d'Aragon qui obtint son élargissement, par un traité de paix qu'il ménagea le 17 de ce mois entre les parties. (Voy. les comtes d'Urgel.) L'au 1209, sur les accusations d'hérésie et d'impiété, formées par l'abbé de Saint-Antonin, contre le comte de Foix, Simon de Montfort, général des croisés, entra dans son pays, enleva plusieurs de ses places, et l'obligea de lui donner en otage son fils Aymeri , jusqu'à ce qu'il se fût purgé des accusations intentées contre lui. Kaymond- Koger, fatigué des mauvais procédés de Monfort, se jette, l'an 121 î , ilins le parti du comte de Toulouse. Averti de la marche d'im corps de six mille allemands, qui allaient jointlre les croisés au 5:ége de Lavaur , il les surprend vers Montjoire, à deux lieues de Toulouse, et les taille en j)!cces. i>a même année, il aide le comte de Toulouse à défendre sa capi'ale, assiégée par les croisés , fait plusieurs sorties avantageuses sur eux, et les force à lever le siège. Peu de tems après se donna la fameuse bataille de Castelnaucîari , où le comte de Foix, victorieux au commencement , finit par être complèlement défait. L'an Ï2i4 , il assiste, avec son fils aîné, au jugement de mort que le conseil de Raymond VI , comte de Toulouse, prononça foulre Raudoniii , frère de Raymond, et tous deux s'en rendent les exécuteurs en pendant ce prince à un noyer. ( Voyez.
Bâymorid VI , comte de 7o///oH5r.) FiayiDond-Roger se joint, la même année, aux comtes de Toulouse, de Comminges et de Roussillon , pour aller trouver à Narbonne le cardinal légat , Pierre de Benévent , auquel ils font leurs soumissions. Le comte de Foix les renouvelle l'année suivante, à Pamiers ; et pour caution de sa sincérité, il remet entre les mains du légat son château de Foix. De là , il part pour le concile de I.atran, où il demande la restitution de ses domaines usurpés par Simon de Montforf. Un cardinal parle en sa faveur. Foulques, évttjue de Toulouse, présent à l'assemblée, s'élève contre ce discours, et voici une de ses raisons. « Le comte de Foix ne " peut disconvenir que son comté ne soir rempli d'hérétiques, M c«r après que le château de Montségur a été pris , on a fait 'i brûler tous les habitants. » Le concile cependant nomma des c^immissaires pour examiner la demande du comte de Foix. AJoutfort traverse leurs opérations, cherche querelle au comte, et le foiTC à rompre la trêve qu'il avait jurée avec lui. L'an lai; , il assiège le château de Monigrenier, défendu par Roger- Bu-rnard , fils du comte, et l'emporte au bout de six semaines. Nouveau siège de Toulouse , commencé par les croisés, vers la lin de septembre de la m^me année. Le comte de Foix se jette dans la place, commande à toutes les scties des assiégés, et oblige enfin les ennemis à lever le siège après la mort de leur gtueral, arrivée le :>5 juin de l'an 1218. L'année suivante, le cuiiîle de Foix combat pour le comte de Toulouse, à la bataille de Basiège , contre les croisés, et a la meilleure part à la victoire remportée par ce dernier. L'an 122?), il fait en hiver le siège de Mirepoix, et emporte la place; mais s'y étant morfondu , il meurt au mois d'avril de la mj^me année, avec la réputalioti de l'un des plus grands capitaines de son siècle. Son nom se rencontre aussi parmi les poè'ies provençaux, dont il fut le Mécène et l'émule. Le corps de ce prince fut inhumé dans lalbaye de Bolbone. Pierre de Vaux-Cernai , giiidé par la passion et par l'aigreur ^ dit l'historien de Languedoc, fait le portrait \c plus desavantageux de ses mœurs et de sa conduite. « Mais » il est certain, ajoule-t-il , que le plus grand reproche qu'on « puisse lui faire , par rapport à la foi . c'est d'avoir toléré les » hérétiques dans ses domaines, et d'avoir souffert que ses j> proclus les favorisassent » Car il protesia toujours qu'il était exrmpi d hérésie. {Ihid. p .S.Hi.) Il laissa de Philippe , sort épouse, dont on ignore la maison, deux fds et deux filles. Pvoger- Bernanl , Tai'uè, lui succckla dans le comté de Foix: Aymcri, le second, était entre les mains de la maison de Montfort , »?;'puis l'an isr-tj, et le père, en mourant, chargea laîné de le j.iclicter. Jj'amce des filles, noraraée Ceciie, fut mariée, l'an
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1224, à Rernard V, comlc de Comminges; Esclarmonde , la cadet le, épousa, Tan i23G, Bernard d'Alion. {Y aïssèie, iôid. p. 32.6-'6'6o. )
ROGER-BERNARD II , surnomme LE GRAND.
1223. Rog£R-Bernard II, en succédant à Raymond-Roger, :tOii père, dans le comté de Foix , joignit ce domaine à celui cju'il possédait déjà par son mariage, contracté , l'an 1202, avec JiaMESSiNDE , fdle et unique héritière d'Arnaud , vicomte de tasîelbon. Il avait déjà fait ses preuves de valeur, comme on l'a vu , dans plusieurs expéditions contre les croisés. La suite de sa vie ne démentit pas ces beaux commencements. Attaché aux intérêts du jeune Raymond-Trencavel , vicomte de Carcassonne, dont son père avait eu la tutelle, il prit les armes avec le comte de Toulouse, pour le mettre en possession de sa capitale. Le siège de cette ville, qu'ils formèrent l'an 1228, fut long et opiniâtre; mais l'arrivée d'Amauri de Montfort les contraignit enfin de le lever. L'an 1226, après avoir fait d'inutiles soumissions au roi Louis VIII, Roger-Bernard renouvelle la ligue avec le comte de Toulouse. L'un et l'autre, ainsi que le vicomte Trcncavel, sont excommuniés, l'année suivante, au cxtncile de Narbonne.L'an 1229, le comte de Toulouse, réconcilié avec l'église et le roi saint Louis , déclare la guerre au comte de Foix, saisit sur lui, comme suzerain, les terres de Foix, situées en-deçà du Pas de la Barre, et l'exhorte à faire sa paix. Roger-Bernard, ainsi abandonné, prend le parti de la soumis-» sion , va trouver le vice-légat, Pierre de Colmieu , à Saint- •Jean de Vergés, et souscrit, le 16 juin , à toutes les volontés du roi et du prélat. L'an 1287 , il est excommunié de nouveau, pour n'avoir pas voulu répondre devant les inquisiteurs qui l'avaient cité à leur tribunal. Il s'y présente enfin le 12 mars de l'an 1240 , et obtient son absolution. Il meurt, l'an 1241, sur la fin de mai, dans l'abbaye de Bolbone , après y avoir pris l'habit monastique , et reçu les derniers sacrements. Le zèle fanatique de l'inquisition voulut encore poursuivre sa mémoire après sa mort; mais sa réputation triompha de la calomnie. La postérité l'atoujoursdistingué par le surnom deGra«c?,qu'il avait si bien mérité par ses vertus civiles et militaires , qui lui conservèrent ses états au milieu des ruines de ceux de ses voisins. Roger-Bernard laissa d'ERMESSlADE , sa première femme, un fils, appelé Roger, qui lui succéda, et une fille, nommée Esclarmonde, qui fut mariée, l'an i2.")i, avec Raymond, fils du vicomte de Cardonne, Ermengarde de Nakho^ne , sa deuxième femme , qu'il épousa , l'an 1202, lui donna une fille.
nommée Cécile, qui fut alliée, l'an i236,à Rodrigue- Alvare , «omte d'Urgel.
ROGEK IV.
1241. Roger IV, fils de Roger-Raymond le Grand et d'Ermessinde , vicomte de ( astelbon dès Van 1287 , par la cession de son père , lui succède , l'an 1241 . dans le comté de Foi\. A peine en eut-il pi is possession, qu'il fit hommage à Raymond V 11, comte de Toulouse, pour la partie de ce comté , située en deçà du Pas de la Barre , et au roi de France , pour les terres du Carcassoz. Mais bientôt, oubliant la fidélité qu'il devait au second et comme à son suzerain et comme à son souverain , il se ligue avec le premier pour lui déclarer la guerre. Revenant ensuite sur ses pas, il se détache du comte Tan 12.J.2 (et non pas 1243) , fait la paix, à son insu, avec le monarque, et l'engage à le recevoir au nombre de ses vassaux immédiats pour toute l'étendue du comté de Foix. Le comte de Toulouse réclame contre ce traité, non seulement comme suzerain , mais aussi comme propriétaire d'une partie du comté de Foix , attendu que son père, après l'avoir saisie, en 1229, sur le comte Roger-Bernard, ne la lui avait rendue que pour la tenir en commende. L'an 1245 , sommation faite de la part du comte de Toulouse à Roger, de lui remettre ses terres. L'affaire en demeura là, parce que la force n'accompagnait pas le bon droit, Roger, l'an i25i , soutient la guerre contre le roi d'Aragon , touchant les domaines qu'il possédait dans la mouvance de ce prince. Cette guerre lui réussit fort mal. Celle qu'il eut en 1256, contre Rodrigue Alvare, comte d'Urgel, son beaufrère, fut plus heureuse. L'an 1265 (n. st.), le 2.S février, Roger meurt, et son corps est inhumé dans l'abbaye de Rolbone. De Brunissende de Cardom^e, son épouse, il laissa lin fils , Roger-Bernard qui suit , et quatre filles ; SibvUe , femme d'Aymeri IV, vicomte de Narbonne; Agnès, mariée, le i.^ octobre 12B6, à Eskivat, comte de Bigorre ; Philippe, femme d'Arnaud de Comminges , vicomte de Conserans, et Esclarmonde, qui épousa, le 12 octobre i^'/Sj Jacques, infant d'Aragon. (Vaissète. tom. III , p. 5^2-673. )