‹ L'art de vérifier les datesChapitre 202 sur 230 · GASTON III , SURNOMMÉ PHÉBUS · texte numérisé non relu

GASTON III , SURNOMMÉ PHÉBUS

ï343, Gaston III , surnommé Phébus, à cause de sa beauté, remplaça Gaston II, son père, à l'âge de .douze ans, sous la tutelle d'Eléonore, sa mère. L'an 1044» il ouvre un asile dans ses domaines à Jacques II, roi de Majorque, que Pierre IV^, roi d'Aragon , son beau-frère et son cousin , avait entièrement dé-* poulllé. Gaston , l'an i345, fit ses premières armes en Guienne contre les Anglais : il servit ensuite dans le Languedoc, où il fut établi lieutenant de roi, ainsi qu'en Gascogne, avec le baron de l'Ile-Jourdain , par lettres du 61 décembre i347. Jeanne d'Artois, son aïeule, vivait et demeurait toujours au château de Lourde , où le roi l'avait fait renfermer. Son douaire se montait à trois mille livres de revenu, assignées sur la vicomte de Marsan et la terre de Capsir, dans les petites Landes. Mais 11 y avait là-dessus des difficultés qui troublaient sa jouissance. Pour les terminer, ses deux fils, Robert, évêquG de Lavaur, et Roger-Bernard , vicomte de Caslelbon , transigèrent en son nom, le 19 décembre 1847 , au château de Pamlers , avec Eléonore , sa bru , traitant elle-mèmf au nom de Gaston Phébus , son fils , et convinrent, par le ministère de Bérenger de Montant, archidiacre de Lodève, conseiller du roi et maître des requêtes de son hôtel, qu'on céderait à Jeanne d'Artois la jouissance et l'usufruit, durant sa vie seulement, de la ville de Saint-Gaudens , de la terre de Nebousan et des lieux du Mas-d' Azll , etc. : accord qui fut ratifié, le i<='. janvier suivant, par Jeanne d'Artois, et, au mois de février, par le roi. Nous avons sous les yeux une copie de cette transaction , dont l'original est à la tour de Puy-Paulln , dans l'hôtel de l'intendance à Bordeaux.

L'an 1349, Gaston épouse Agnès, fille de Philippe III, roi de Navarre. Soupçonné de liaisons contre l'état avec Charles le Mauvais, son beau-frère, il est arrêté, l'an i356, peu après la détention de ce prince, et mis en prison au Châtelet de Paris. Ayant recouvré sa liberté au bout d'un mois, il alla servir en Prusse contre les infidèles. L'an i358, à son retour, il alla délivrer, par ordre de Charles, dauphin et régent, la famille royale , que les Parisiens rebelles , joints à la faction de la Jacquerie, tenaient assiégée dans le marché de Meaux. Il entre en guerre, la même année, avec le comte d'Armagnac, touchant le comté de Béarn , que chacun prétendait lui appartenir. L'an 1072, le 5 décembre, bataille de Launac au diocèse de Toidouse, où le comte d'Armaqnac est baltu , et fait pristunier par le comte de Foix, avec le comte de Comminges; le sire tl'Albret et d'autres seigneurs»

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T-'an 137.3, Gaston Phébus se brouille avec son épouse, et' l'abandonne, après en avoir eu un fils, nommé comme lui. L'année suivante est une époque bien flétrissante pour la mémoire lie Gaston Phébus, si Ton s'en rapporte à Froissart. Le duc d'Anjou , dit-il (^ nous abrégeons son récit), étant parti do Toulouse au mois de juin i^-jl^-, suivi du connétable du Gués— clin, pour faire la conquête du Bigorre sur les Anglais, le comte de Foix vint le trouver, et convint avec lui de faire livrer au» Français le château de Lourde , par le gouverneur Arnaud , de Berne, son parent et son vassal. Ajant à cet effet mandé de Berne à Orlcz, il lui enjoint de rendre la place au connétable. I)e Berne s'en excuse, d'un ton également doux et ferme, sur la fidélité qu'il doit au roi d'Angleterre. Le comte, qui n'a jamais pu souffrir aucune résistance, se jette aussitôt sur lui le poignard à la main , le perce de cinq coups, et le renverse à ses pieds. Ah ! monseigneur ^ dit le malheureux de Berne en tombant, vous ne Jailes pas gentillesse ; vous m'avez mandé et vous^ m'ocriez. Il faut avouer que le témoignage isolé de Froissart, écrivain moins fidèle qu'élégant, laisse quelque doute sur une pareille atrocité.

Gaston Phébus, l'an 1077 ' po^f cimenter la paix qu'il avait faite , par la médiation du comte d'Anjou , avec le comte d'Armagnac, maiie Gaston, son fils, avec la fille de ce dernier. 1/an I >So , le gouvernement de Languedoc étant vacant, tant par le rappel du duc d'Anjou, que par la mort du connétable, le roi Charles V propose Gaston Phébus à son conseil, pour remplir celle place , comme étant très-propre à pacifier les esprits des peuples de cette province, extrêmement irrités des subsides dont le duc d'Anjou les avait chargés sans raison. «Tous }> les princes du sang, dit D. Vaissète , accoutumés de posséder » ce riche gouvernement, s'opposèrent à cette nomination; » mais le roi passa outre, nonobstant leur avis contraire, et j) nomma le comte de Foix son lieutenant, en Languedoc» : m quoi ^ dit un historien contemporain , il fit un choix digne du nom de sage qu il a si bien mérité; car , outre que ce comte était un homme fort juste ^ il était un des plus braves et des premiers capitaines de son fems , et il ne le cédait en aucune qualité à tous les outres barons , et il gouverna avec beaucoup de piiidence , et avec la bonne grâce et l'amour des peuples. Le loi Charles V étant mort le 16 septembre de la même année, Charles VI , son successeur, révoque le comte de Foix de son gouvernement , et nomme à sa place le duc de Berri. Gaston Phébus tâche de se maintenir y)ar la force, et les peuples de Languedoc se déclarent en sa faveur. Dans ces enlrefaites, arriva au château d'Orlez Eléonore de Comraing^es, femme de Jean H, eomle d'Auvergne et de

Boulogne , qui , fuyant son époux qu'elle ne pouvait plus ni ooir ni ouîr^ dit Froissart , allait chercher une retraite chez le comte d'Urgel , son oncle. Elle emmenait avec elle Jeanne, sa fille, âgée de trois ans, qu'elle laissa au comte de Foix , qui se chargea de l'élever comme sa fdle, et s'acquitta bien de sa promesse. ( Voyez Jean II , comte d'Auoergne. )

T,e duc de Berri étant arrivé, l'an i38i , dans la province, le comte de Foix l'envoie défier. Le duc accepte le défi ; il est battu le i5 ouïe i6 de juillet, dans la plaine de Revel, au diocèse de r.avaur. La guerre continue ; mais au mois de décembre de la même année, le cardinal d'Amiens ménage enfin, entre le duc et le comte, un accord dont nous ignorons le détail. Nous savons seulement d'un historien du tems, que « la géné- » rosi té seule du comte de Foix décida le grand différent qu'il M r.vait avec le duc de Berri, touchant le gouvernement de Lan- » gucdoc. Il eut pitié, ajoute-t-il , du dégât du pays pour sa >i querelle particulière. A Thonneur d'avoir vaincu le duc, il » voulut joindre celui d'avoir donné la paix à la patrie : il traita n avec lui sous de bonnes assurances , et le mit volontiers en n possession de son gouvernement ».

J.e comte de Foix n'avait de son mariage qu'un fils nommé comme lui. L'an 1^82, il le fait emprisonner comme ayant voulu attenter à sa vie par le poison. Le fait est que Charles le Mauvais, roi de Navarre, oncle du jeune prince, lui avait donné «ne poudre, pour la faire prendre à son père, comme un moyen, disait-il , très-efficace pour le réconcilier avec la comtesse, son épouse ; et cette poudre , avec laquelle il fut surpris, était un poison violent , comme cela fut vérifié. Il meurt de chagrin la morne année dans sa prison. Froissart ra^'onte que son père, sur ce qu'on lui rapportait qu'il se laissait mourir de faim, étant venu le voir , et le trouvant étendu, presque sans vie, sur son lit, le frappa imprudemment à la gorge, d'un couteau qu'il tenait à la main , en lui disant : Traître^ pourquoi ne mange-tu pas ? Après quoi il expira , soit du coup , soit de faiblesse et de saisissement, d'avoir revu son père encore irrité dans un moment si terrible. Quoi qu'il en soit de ce récit , le comte avant reconnu dans la suite l'innocence de son fils, devient d'autant plus inconsolable de sa perte , que ce jeune prince mourut sans avoir eu d'enfants de sa femme Béatrix , fille de Jean 11 , comte d'Armagnac.

Gaston Phébus reçoit , l'an iBgo, le roi Charles VI, avec s» four, dans son château de Mazères au diocèse de Mirepoix , où i! le traite magnifiquement , et lui fait donation, après sa mort, (le tous ses domaines. L'an iSgi , au commencement d'août , il meurt d'apoplexie , à deux lieues d'Ortcz, en se lavant les main^

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Îlour souper au retour de la chasse ; son corps fut inhumé (hns 'église des Cordeliers de cette ville. Ce prince fut un des mieu)£ faits et des plus accomplis de son tems. Sa valeur, sa magnificence , son affabilité, son esprit et sa sagesse , lui attirèrent une estime universelle. Il eut quatre fils naturels, dont Taîné , Bernard , étant passé en Espagne , obtint la main d'Isabelle de la Cerda , dame de Medina-Celi , d'où sont descendus les comtes et ducs de ce nom ; Yvain ou Jean, le second , fut celui qui dénon^;a le jeune Gaston à son père, comme ayant une poudre sur lui pour l'empoisonner. Il fut brûlé misérablement au ballet des Sauvages, où le roi Charles VI pensa lui-même périr, le 3i janvier i.^go. On ignore ce que devinrent Purenaud et Gratien, les deux autres bâtards de Gaston Phébus. Ce prince composa sur la chasse un traité mêlé de prose et de vers, dont le style emphatique et embrouillé a donné naissance au proverbe ^ faire du Phébus. Le premier titre de l'ouvrage ayant été Le miroir de Fhébus , on lui donna depuis celui de Déduits sur la Chasse. Kntre les éloges outrés que l'juteur donne à la chasse , on y lit qu'elle sert à fuir les pécliés mortels. Or qui fuit , ajoute l'auteur , /es sept péchés mortels., selon notre foy ., il doit estre sauhe. Doncques bon veneur aura en ce monde joye , léesse et déduit , et après aura paradis encore. ( l^ oyez Jean II, comte d'Armagnac.')

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