AYMERI
II94- Aymeri ni, fils de Pierre de Lara, jouit, sans contradiction, de la vicomte de Narbonne, dont son père s'était démis en sa faveur. Il rend hommage de ce domaine, l'an 1204, au comte de Toulouse, sans que le roi d'Aragon, que ses prédécesseurs avaient reconnu pour suzerain , y forme opposition. L'an 1209, ^^ concert avec Bérenger, archevêque de Narbonne, il dresse des statuts très-sévèies contre les hérétiques. Il se rend ensuiteavec ce prélat à l'armée des croisés, qui venait d'emporter d'assaut la ville de Beziers, et l'un et l'autre font à Simon de Montfort leurs soumissions; ce qui détourne l'armée des croises d'aller faire le siège de Narbonne. L'an 1214, sur le refus que Simon de Monfort faisait de rendre à ses états le jeune prince Jacques, fils de Pierre, roi d'Aragon, tue à la bataille de Muret , il se ligue avec plusieurs seigneurs, pour le contraindre à remplir ce devoir de justice , et y réussit. L'année suivante, il se reconcilie avec Simon de Montfort, qui l'oblige à le reconnaître pour duc de Narbonne, et à lui rendre hommage en cette qualité. Arnaud, archevêque de Narbonne, et auparavant abbé de Cîteaux , proteste contre cet hommage, et ordonne à Aymerl d'y renoncer, se portant luimême pour duc de Narbonne. Le vicomte entre dans ses vues, et se soumet. Aymeri , l'an 1220, se déclare contre Amauri de Monfort, fils et successeur de Simon, et prêle serment de fidélité au comte de Toulouse. Ce dernier ayant fait sa paix, r.in 12:19, avec le roi saint Louis, le vicomte de Narbonne obtint le p^udoti de l'attachement qu'il lui avait marqué, en considération dos services rendus à l'état , par Mathieu de Marli ou de Montmorenci , son beau-frère. Sa réconciliation avec Pierre, successeur d'Arnaud dans l'archevêché de Narbonne, ne fut pas si facile. Ne pouvant se résoudre à plier sous ce prélat, il appela dans cette ville des catalans, avec le secours desquels il l'obligea de sortir de la ville. Mais enfin , l'an 12^2, il fut contraint de lui faire solennellement hommage, en présence desévêqiies de BezTcrs et d'Agde, du comte de Foix et d'autres témoins distingués, pour tout ce qu'il possédait dans le bourg de Narbonne et pour la moitié de la cité. ISous remarquerons, d'après D. Vaissèle, que dans l'acte