DES VICOMTES DE NARBOKNE. 4G
amené prisonnier à Paris, par ordre du roi Philippe le Hardi, sur la déposilion de son frère Amalric, qui s'était accusé a ce prince d'avoir fait , lui et sou frÀre , un traité de confédéialiou avec le roi de Casîille, contre lui. S'étant excusé, comme il put, il recouvra sa liberté Tan 1294^ su mois de septembre. Il reçut le monarque français l'année suivante à Narbotiue où était le rendez-vous des forces de terre et de mer, qu'il rassemblait pour porter la guerre en Aragon. Les milices du royaume s'é— tant rendues de lonles parts aux environs de celte ville, Tar-nnée de terre se trouva forte, à ce qu'on prétend, de dix-buit à vingt mille chevaux, et de plus de cent mille hommes d'infanterie, sans compter les étrangers, et surtout les Italiens , qui s'étaient empressés de prendre part à cette expéditiou, qualifiée du nom de croisade. Quant aux forces maritimes, on les fait monter à cent cinquante galères, outre les vaisseaux de charge. Il n'y a guère lieu de douter que le vicomte de Narbonue, ne se soit joint aux seigneurs qui accompagnaient le roi. Mais l'histoire n'a point recueilli les noms de la plupart de ces guarriers. (Vais. t. IV, p. 47-) Philippe étant mort le 5 octobre de la même année, à Perpignan, ses chairs, après la dissection de son corps, furent apportées à Narbonne , pour être in'ni-^ mées dans la cathédrale. Aymeri, Tan 128c), signala sou zi-le pour le service du roi Philippe le Bel, par les Jeux traits siil>vants. Le roi d'Aragon, redoutant toujours les armes tle L France, avait fait partir deux ambassadeurs pour la cour de Rome , dans la vue de mettre le pape dans ses intérêts. JjC vicomte les fit arrêter comme ils passaient à Narbonne, et les livra aux officiers du roi, qui les renfermèrent dans la prison de cette ville. Peu de tems après, ayant découvert que le chevalier Bernard de Durban , son vassal, entretenait des intelligences avec les sujets du roi d'Aragon , et qu'il était couveuu de favoriser la descente que deux vaisseaux aragonais devaient faire sur les côtes de Languedoc , il le fit aussitôt mettre dans les fers. Durban sortit de prison au bout de deux ans, et fit sa paix avec le vicomte en le reconnaissant pour seigneur de la portion du château de Leucate, qui lui appartenait. Avmeii, l'an 1298 , termina le cours de sa vie au mois d'octobre, laissant de Sibylle, fille de Roger IV, comte de Foix, sa femme, deux fils et trois filles, dont l'aînée, Marguerite, épousa linfant don Pèdre , iils de Frédéric de la Cerda. Amalric, l'ainé des fils , lui succéda dans la vicomte de Narbonne.
AMALRIC II, ou AYMERI VL
1298. Amalkîc IÎ, fils d' Aymeri IV, avant que de s!iccé']''r i*
son père, avait fait ses preuves de valeur en diverses occasions . éclatantes. Charles H, roi de Sicile, Pavait donné aux Floren- , lins, l'an 1289, pour les commander dans la guerre qu'ils fal-salent aux Gibelins, ennemis du pape; et le 1 1 juin de la même année, Amalrlc avait remporté une victoire complète sur ceux d'Arezzo ; victoire qui lui mérlla l'honneur d'être porté dans Florence sur les piques des soldats, cou\ ert d'un drap d'or. Aussitôt qu'il eut succédé à son père, Il fit hommage au roi Philippe le Bel, des fiefs que ses prédécesseurs avaient tenus auparavant des archevêques de Narbonne. Gllle Aycellin, qui occupait pour lors ce siège, assembla, vers la fin d'octobre isyc), un concile qui députa au roi plusieurs prélats, pour le prier de rendre sur cela justice à l'église de Narbonne. Celle affaire eut des suites qui furent le germe du grand démêlé de Bonlfiace Vlil et de Philippe le Bel. Ce monarque, dans le dessein d'établir un port à Leucate, convient, l'an 1809, d'un partage avec le vicomte de Narbonne. On vit arriver à Narbonne . le 5 avril de la même année, le pape Clément V, allant fixer sa résidence dans la ville d'Avignon. Le vicomte Amalrlc était alors en différent avec les habitants de Narbonne, touchant leurs prétentions respectives. Il y a lieu de présumer que le pontife prépara l'accommodement qui se fit entre les parties peu de tems après son départ. Amalrlc fut nommé, l'an i.iaS, par le roi Philippe le Bel, pour commander, en qualité d'amiral, une flotte qu'il envoyait au secours des rois d'Arménie et de Chypre, contre les infidèles. Il était alors dans les prisons du Châtelet de Paris , pour avoir condamné à mort et fait exécuter deux gentilshommes, ses vassaux, nonobstant leur appel au roi. Ayant obtenu des lettres d'abolition , il fait l'armement nécessaire pour cette expédition, qui n'eut point lieu. L'an i-'^^y , Il meurt , le ig juin, après "avoir signalé sa valeur, depuis sa jeunesse , en diverses guerres publiqvies , et en avoir soutenu quelquesunes qui lui étaient particulières. 11 laissa de Jeanne de I'Ilk- JOLRDAIN, son épouse, trois fils, Ayrnerl, Guillaume et Pierre, avec quatre filles, Sybille , Jeanne, Gaucerande et Constance. L'aîné des fils eut la vicomte de Narbonne ; Guillaume épousa Gaillarde de Levls , et fil une branche de la maison de Narbonne ; Pierre devint évêque d'Urgcl.
AYMERI VI, ou VIL
i328. Aymeri VII , fils aîné d'Amalrlc II, et son successeur dans la vicomte de Narbonne, ne paraît pas avoir hérité de ses grandes qualités; du moins l'histoire n'a-t elle transmis aucun fait mémorable de lui à la postérité. Il avait été marié