V. CÏÎEN-SI
Le Chen-si , la première province de la Chine , à ce qu'on prétend , qui ait été habitée , confine par le nord et le couchant à la Jar tarie chinoise , et par l'orient au Kouang-si. On V compte cent quatorze villes. Cette province abonde en iroment et en millet ; mais on y recueille peu de riz. Elle renferme, dit-on, des mines d'or que le gouvernement a défendu d'ouvrir à cause des vapeurs funestes qu'elles exhalent. Mais on permet de chercher ce mêlai dans les rivières, et beaucoup de gens subsistent du gain qu'ils retirent en lavant le sable et en séparant l'or qui y est mêlé.
Le chemin qu'on a pratiqué dans cette province., à travers des montagnes et des précipices affreux , a quelque chose qui tient du prodige : plus de cent mille hommes furent employés à ce grand ouvrage qui fut achevé avec une promptitude incroyable. On aplanit plusieurs montagnes; on en joignit d'autres par des ponts d'une seule arche : et quand les vallées étaient trop larges , on construisait des piliers pour soutenir les voûtes qu'on fut forcé de m'ultiplier. Ces arches sont assez larges pour que quatre bateaux y puissent passer de front , et l'on a muni de chaque côté les ponts de garde-fous pour la sûreté des passants, (Dulialde. )