KIEN-OUEN-TI
îSgS. (i.Se. année Vou-yn , du LXiv«. cvcle.) Tchu-ouen .^
petit-fils de Hong-vou qui l'avait déclaré priace-héritier , lui succéda sous le nom de KiEist-ouEN-Ti. Ses oncles, les princes de Yen^ de Tchéou , de Tsi , de Siang , de Taï et de Min , que la politique du feu empereur, leur père, avait éloignés dans la vue d'éviter le trouble , reçurent la nouvelle de son élévation avec beaucoup d'humeur, l^es ministres Kitaï et Hoang-tseting , informés que les deux premiers de ces princes avaient conjuré leur perle afin de dépouiller leur neveu , lui conseillèrent de s'assurer de leurs personnes et de commencer par le second. L'avis fat suivi , et Li-king-long , envoyé avec un corps de troupes dans le llo-nan, se saisit du prince de Tchéou et de sa famille , qui furent amenés à la cour. Le prince, réduit au rang du peuple , fut ensuite exilé dans le Yun-nan. De semblables traitements qu'on fit à d'autres princes dont on se défiait, persuadèrent à celui de Yen, que son tour ne farderait pas à venir. Pour se raetlrc en défense, il prit les armes l'an i4oo , feignant de n'en vouloir qu'aux deux ministres, et protestant de les mettre bas dès que ces traîtres, comme il les appelait , seraient mis à mort. Les victoires éclatantes qu'il remporta dans la même année sur les armées nombreuses qu'on lui opposa , et les conquêtes rapides qu'il fit , déterminèrent les deux ministres à demander eux-mêmes d'être renvoyés du miïiislère et éloignés de la cour. Mais, quoique disgraciés en apparence, ils n'en eurent pas moins d'influence dans le gouvernement, et tout continua de se faire par leur ordre ou par leur conseil. Le prince à qui ce jeu n'en imposa pas , et qui d'ailleurs portait ses vues sur le trône , continua la guerre de son coté, et la fit d'autant plus heureusement , que les généraux qu'on lui opposa ne l'égalaient point en habileté. Une grande bataille , qu'ils gagnèrent sur lui , vers la fin de i4oi , semblait néanmoins devoir le porter au parti de la soumission. Mais apprenant que l'empereur , dans le transport de sa joie , avait fait revenir à la cour ses deux ministres , ce rappel le décida plus que jamais dans sa révolte. L'an i-î-o'j.^ ayant battu le général Chan-kié , le succès de cette bataille le rendit maître de la plupart des villes du îloupé , et jeta l'empereur dans la consternation. Pour regagner le prince , il exila de nouveau ses ministres , confisqua leurs biens cl lui manda lui-même cette disgrâce. La réponse du prince à l'empereur fut un doute affecté sur la sincérité de sa conduite, et des excuses sur le relus qu'il croyait devoir iaire de licencier ses troupes. C'était annoncer qu'il était disposé a poursuivre les hostilités. Ce fut ce (ju'il fit en effet et avec tant de prospérité , qu'ayant passé le Kiang sans opposition, Tan i4o'), il arriva aux portes de Nanking où résidait la cour. L'empereur, perdant alors toule es-»
DES EMPEREURS DE LA CUINE. i3
përance , livra son palais aux flammes où l'impératrice jMa-ciii, sa femme, se précipita; pour lui , s'étant déguisé en bonze avec quelques personnes île sa suite, il alla se cacher dans le Ynn-nan où il mena une vie errante, pendant Irente-buit ans, à la faveur de ce travestissement.
TCHING-TSOU, ou YONG-LO.
i4o3. ( 20*. année Quey-ouy^ du LXivc, cycle. ) Tchutaï» prince de Yen , étant entré dans Nan-king apr^s la fuite de Kien-ouen-ti qu'il croyait consumé dans les flammes avec sa femme, prit tranquillement possession du palais impérial où il se fit inaugurer sous le nom de TcaiNG-TSOU. Il est néanmoins plus connu sous celui de Yong-lo. Il choisit la ville de Péping pour y tenir sa cour du nord , et substitua au nom qu'elle portait celui de Chun-tien-fou, qu'elle a toujours conservé depuis. Au commencement de l'an i4o5, il pourvut à l'établissement de ses fils, en nommant prince-héritier Tchu-kao-tchi, l'aîné . qu'il fit en même tems prince de Yen, et en donnant la principauté de Han àTchu-koo-biu, le second , et à Tchu-kao-soui, le troisième , celle de Tcliao.
Le Ngan-nan , ou Ton-kin , faisait anciennement partie du royaume de Kiao-tchi ou de la Cochinchine. L'empereur en ayant créé roi Li-tsang à la i i*. lune intercalaire de l'an i4o4» Tchin-tien-ping vint lui faire , l'année suivante , des représentations à ce sujet, disant que Li-ki-mao, père de Li-tsang, avait usurpé à son préjudice le Ngan-nan , après avoir exterminé la famille royale dont lui seul était le dernier rejeton. L'empereur, décidé à faire justice sur ce placet , fit partir pour le Ngan-nan , une armée sous les ordres de Tchang-fou. Ce général , après une grande victoire, amena, l'an i4o"» Liki-mao et Li-tsang à l'empereur qui se contenta de reléguer le père dans la province de Kouang-si , et retint le fils auprès de lui.
Yong-lo fit deux expéditions contre les Tartares , et mourut, en revenant de la seconde , le dix-huitième jour de la y*", lune de l'an 1425, à l'âge de soixante- cinq ans. Son corps fut rapport^ à Pé-king où il avait transporté sa cour. A la nouvelle de sa mort on voulut engager l'empereur Kien-ouen-li à remonter sur le trône; mais, content de la liberté que lui procurait l'état de Hochang, il rejeta constamment les offres qu'on lui faisait pour son rétablissement.
L'an i4i^? et non pas i4i4i ^^- premier jour delà première lune, i"^"". février, arriva une éclipse de soleil.
a4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE