‹ L'art de vérifier les datesChapitre 64 sur 230 · ADALRIC ET LOUP-SANCHE · texte numérisé non relu

ADALRIC ET LOUP-SANCHE

77S. Adalric et Loup-Sanche, fils de Loup II, dont le second avait été élevé à la cour de Charlemagne, furent nommés par ce prince , dans un âge encore tendre , malgré la perfidie de leur père , pour lui succéder au duché de Gascogne , qu'ils partagèrent entre eux. Adalric eut la partie de ce duché la plus voisine des Pjrénées; l'autre partie demeura au pouvoir de son frère. Adalric fut Ingrat envers son bienfaiteur. Dès qu'il fut en état de porter les armes , il souleva les Gascons, se mit à leur tête, et commit diverses hostilités. Chorson , duc de Toulouse, s'étant mis en campagne pour les arrêter, eut le malheur d'être pris , Tan 787 , par Adalric , qui ne le reliÀcha qu'après lui avoir fait promettre de ne jamais porter les armes contre lui , pas même par ordre du roi son maître. L'an 790 , Charlemagne fit citer Adalric à la diète de Worms où il fut déposé et condamné au bannissement perpétuel. Les Gascons, mécontents de la proscription de leur duc, prirent les armes en sa faveur , et obtinrent son rétablissement. L'an 812, nouvelle révolte d'Adalric. On croit qu'elle fut occasionnée par la nomination de Liutard au comté de Fezenzac, que Charlemagne avait démembré de la Gascogne. Louis le Débonnaire , roi pour lors d'Aquilaine, vint sur les lieux , et força les rebelles de recourir à sa clémence: de là il se rend à Pampelune ; mais à son retour il est attaqué par Adalric dans ces mêmes défilés où Charlemagne avait été surpris par Loup, père d'Adalric. La perfidie de «e dernier n'eut pas le même succès que celle 4e son père. Lw

Ï>ES COMTES OU DUCS DE GASCOGKp." 20^

î^rànçais qui étaient sur leurs gardes , taillèrent en pièces les Gascons, et prirent Adalric , qui fut pendu sur le champ de bataille. Centule, sonsecond fils, périt dans la mêlée. A l'égard de Loup-Sanche , frère d' Adalric , Ermoldus Nlgellus le loue d'avoir été plus fidèle que ses ancêtres. Il eut deux fils, Asnarius ou Aznar, et Sanche-Sancion qui viendra ci-après. Le premier ayant succédé à son père dans sa portion du duché de Gascogne, fut envoyé, l'an SaS , avec le comte Ebks, par Louis le Débonnaire, pour pacifier les troubles que les Gascons, réfugiés au-delà i\(\s Pyrénées, avaient excités aux environs de Pam— pelune, et rnipècher les Sarrasins de profiter delà conjoncture pour se renilie maîtres de cette ville. Les deux généraux s'élant acquittés dignement de leur commission, furent attaqués en s'en revenant, dans les gorges des Pyrénées, par ces mêmes. Gascons, renforcés des troupes des Sarrasins, qui firent une boucherie de leur armée , et prirent les chefs prisonniers. Aznar étant tombé entre les mains des Gascons, fut relâché, parce qu'il était, dit un ancien, leur parent et leur allié. L'an 1*^24 , il fut établi comte de Jacca , en Aragon ; et il paraît qu'il eut le commandement de tout ce qui appartenait aux Français audelà des Pyrénées. L'an 841 , mécontent de Pépin , roi d'Aquitaine , il fit soulever la Navarre, et s'en attribua la souveraineté. En vain l'empereur le priva de ses dignités, il s'y maintint jusqu'en 836 , qu'il fut pris par les Normands, qui le mirent à mort. ( Voy. les rois de ISaoan'e. )

LOUP-CENTULE et SCïMlN ou SIGUIN.

812. Loup-Centule , fils de Centule tué dans le dernier combat de Roncevaux, et Scimin , XiMiN ou SlGUlN , fils aîné d'Adalrîc , recueillirent , par la bonté de Louis le Débonnaire , • la succession de leur père, et la partagèrent entre eux. Scimin hérita de l'ingratitude d'Adalric et de sa mauvaise foi. A peine fut-il averti de la mort de Charlemagne , qu'il affecta Tindépeudance, et trancha du souverain. L'empereur Louis le Débonnaire , indigné de son arrogance le dépouilla de ses honMCurs. Les Gascons, attachés à leur duc , prirent les armes pour sa défense. Louis envoya des troupes sous la conduite de Pépin , son fils, pour les soumettre, Scimin fut tué dans une bataille livrée par les Français à ces rebelles en 816. Les Gascons lui substituèrent Garsimir ou Garsias-Ximin , son fils , qui périt dans un combat donné en 818. (Marca, Hist. de Béarn ., p. 12g.) Ses enfants; s'étant retirés au-delà des Pyrénées , du côté de l'Aragon , les peuples du pays les élurent pour leurs chefs. Loup-Cenluie «ontinua la guerre après la mort de Garsimir , son cousin. L'aa.

2^0 CliROKOtÔGIE HîSTORIQtrE

819, après la perte d'une bataille où Gersend, son frère, fut tué, il fut pris par Bérenger , duc de Toulouse, et Warin , comte d'Auvergne, et emmené à l'empereur, qui le priva de son duché. (Eginhart.) Loup-Centule se retira en Espagne vers Alfonse le Chaste, roi des Asturies et de Galice, qui lui fit bon accueil , et le pourvut d'un gouvernement en Castille , où il eut pour gendre un seigneur du pays. Il avait laissé en France deux lils, Donat-Loup et Centule , dont le premier obtint de l'empereur le comté de Bigorre, l'autre la vicomte de Béarn. Le duché de Gascogne , après la destitution de Loup-Centule , fut ôté à la postérité du fameux Eudes , duc d'Aquitaine , et de nouveau réuni à la couronne. Ce pays fut mis sous le gouvernement d'un duc amovible comme l'étaient les gouverneurs des autres provinces.

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