‹ L'art de vérifier les datesChapitre 65 sur 230 · DUCS AMOVIBLES DE GASCOGNE · texte numérisé non relu

DUCS AMOVIBLES DE GASCOGNE

TOTILON.

819. ToTiLON fut le premier duc amovible de Gascogne, nommé par Louis le Débonnaire dont il était parent. Il eut de plus , ainsi que ses successeurs, le comté particulier de Bordeaux avec celui de Fezenzac. Totilon fit tête aux Normands, qui commencèrent de son tems à faire des incursions en Gascogne. Après un premier échec qu'ils lui firent essuyer, il vint à bout de les chasser du pays.

Outre le duc de Gascogne, Louis le Débonnaire avait établi tm comte particulier de la marche de cette province. C'était Yandregisile ou Vandrille, qui descendait d'Halton , fils du fameux Eudes, duc d'Aquitaine. Amarun, gouverneur de Saragosse pour les Sarrasins, ayant fait irruption dans le territoire d'Urgel, Yandregisile marcha contre lui et le repoussa après l'avoir battu. En mémoire de cet événement , il fonda , vers l'an 834 ? 3u diocèse d'Urgel , l'abbaye d'Alaon dont le roi Charles le Chauve confirma et augmenta , l'an 845, les domaines par inie fameuse charte qui nous fait connaître en détail toute la descendance des comtes et ducs de Gascogne , en remontant à Caribert frère du roi Dagobert. (Voy. la noie LXXXIJl ^ du premier tome de l'histoire de Languedoc.) Vandregisile en monlant laissa de Marie, son épouse , fille d'Asnarius, comte de Jacca , quatre fils, Bernard, Atton , Antoine et Asnarius, dont le premier lui succéda au comté des Marches de Gascogne. Atton fut comte de Pailhas au diocèse d'Urgel; Antoine, vicomte de Besiers et Asnarius , vicomte de Louvigni et de Soûle, sur les frontières de Navarre,

DES COMTES OU DUCS DE GASCOGNE. SL^i

SIGUIN , DIT MOSTELLANICUS.

SiGUiN, dit MOSTELLANICUS, duc de Gascogne, et comte de Bordeaux et de Saintes , s'opposa, l'an 8'45 , aux Normands, ^jui, ayant fait une descente entre Bordeaux et Saintes, s'étaient emparés de la dernière de ces deux villes , laquelle était du domaine de Charles le Chauve. Il eut le malheur d'être battu et pris, l'an 846, par ces barbares , qui le firent mourir peu de tems après. Ils abandonnèrent ensuite la ville de Saintes, après l'avoir pillée et livrée aux flammes.

GUILI.AUME.

846. Guillaume , successeur de Siguin au duché de Gascogne, est différent de Guillaume, fils du duc de Toulouse. Il eut le malheur, comme son prédécesseur, de tomber entre hs mains des Normands l'an 848 , en défendant Bordeaux qu'ils surprirent par la trahison des Juifs. Ces barbares mirent tout à feu et à sang dans cette ville et les environs.

SANCHE-S.\NCION.

848. Sanche-Sanciots , fus de Loup-Sanche, et neveu d'Adalric, se sendit maître de la Gascogne après que Guillaume eut été pris. Il était déjà en possession dePampelune et d'une partie de la Navarre dès l'an 836. Ce fut contre le gré de Charles le Chauve qu'il joignit le duché de Gascogne au comté de Pampelune. On voit par une lettre de saint Euloge , prêtre de Cor— doue, que vers l'an 848 la Gaule chevelue, voisine de Pampelune, était soulevée contre ce prince par les intrigues de Sanche-Sancion. ( D. Bouq. tom. VII , p. 58i. ) Mariana donne à ce dernier le titre de roi des Gascons. On lui attribue la fondation de l'abbaye de Saint-Martin de Malvenda en Navarre. Sanche fit la paix avec Charles le Chauve, et se joignit à lui contre le jeune Pépin qui se prétendait roi d'Aquitaine. L'ayant pris en 802 , il le livra à Charles. {Ann. Bertîn.) L'année suivante , il céda la Navarre à Garcie , son fils , se contentant du duché de Gascogne. Sanche défendit , mais sans succès, l'an 855, la ville de Bordeaux contre les Normands qui la prirent et la saccagèrent. Sa mort arriva l'an 864 au plus tard.

ARNAUD

864 au plus tard. Arnaud , fds d'Ymon ou d'Emenon , comte de Périgord, cl neveu, par sa mère, de Sanche-Sancion , succéda à celui-ci dans le duché de Gascogne. Il fut entièrement défait l'an 864, par les Normands, qui avaient fait une IX. 3i

1^2 ClïnOI>'OI.OGtE HISTORIQUE

descente sur les coles du Piordelais et de la Salntonge. Mais îl répara cet échec dans la suile, si l'on s'en rapporte à une ancienne relation qui at teste qu'd sortit victorieux de plusieurs combats qu'il livra à ces barbares. Dans les dernières années de sa vie, il avait fait vœu de se retirer dans Fabbaye de Solignan en Liraosin , que les Normands avaient détruite , et au rétablissement de laquelle il avait contribué. Mais la mort le surprit , l'an 872 , avant qu'il pût accomplir cet engagement. ( Ai:la SS. Ben. sœc. IV ^ par. 2. , p. yS. ) Il fut le dernier des ducs amovibles de Gascogne.

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