ISABELLE
Isabelle , femme de Bernard VI , comte d'Armagnac , succéda , suivant les dernières volontés de son père , à Mathe , sa sœur , et mourut avant l'an 1298.
AMANIEU VII.
Amanieu Vil , frère de Bernard-Ezi 1'='". , se mit en possession de la slrerie d'Albret , après la mort d'Isabelle, sa nièce. Il lit son testament le 11 juillet là'j.^^ qui paraît être Tannée de
£05 CHRO^"OLOOIE HI^TOraQUE
sa mort. De Rose du Bouno, sa femme, qu'il avait épousétf parcontraf du ^5 janvier 1:187, il eut cinq fils et six filles. Les plus remarquables de ces enfants , sont Bernard, qui suit ; Guitard, marié, par traité du 7 avril 1621 , à Mascarose , sœur de Géraud d'Armagnac , vicomte de Fezenzaguet ; Berard , que son père déshérita pour s'être ligué avec ses ennemis; Mathe, mariée, I"., l'an i3o8, à Arnaud-liaymond, vicomte , de Tartas , mort en i3i2 ; 2,°., à Renaud-Uudel , seigneur de Brageirac ; et Jeanne, femme de Renaud V, sire de Pons, tué à la bataille de Poitiers, en i356, et duquel descend toute la maison de Pons. La mère de ces enfants vivait encore en i3i6.
BERNARD-EZI H.
1824 au plus tard, Bernard-Ezi II , fils et successeur d'Amanieu Vil , mourut l'an i358. // éiail grandement affer.tionné ^ dit M, Galland , ( mss. du roi, n°. 387,) au seivicc du roi d 'Angleterre , lui rendit aveu de ses terres , tint de lui en don deux mille livres sterlings de rente annuelle et perpétuelle , qu 'il devait faire asseoir sur les péages et coustumes du pont de Londres. Depuis il (juitla le service de l'Anglais , et fut reconnu» tellement affectionné et fidèle à l 'état , çu 'en l 'année 1 332 , le roi Philippe de Valois ayant résolu de faire le voyage d 'outre — mer , désira que Bernard de te Bret fit serment de fidélité à Jehan de France , son fils ; ce qu 'il jura en la Sainte-Chapelle de Paris, sur les reliques^ et promit^ nu cas que Philippe de Valois décédast en ce voyage , tenir ledit Jehan , son fiils uiné , pour roi , et lui obéir comme à son seigneur. Par le décès de Mathe^ sa sœur, ajoute le même auteur, à laquelle il succéda (/'an i338), il fut fait seigneur du vicomte de Tartas y lequel, par ce moyen , est entré dans la maison d'yllbret. A ce récit •le M. Galland , nous ajouterons que le sire d'Albret avait quitté le service de l'Angleterre dès l'an io3o au plus tard. La preuve que nous en avons se tire des lettres du roi Philippe de Valois, datées de Vincennes, le 8 février i?).Jo ( v. st.), par lesquelles ce prince confirme celles où Jean , roi de Bohème , en qualité de son lieutenant-général en Gascogne, :i\ ait permis , naguère^ au sire d'Albret et 11 ses barons de se faire la guerre, suivant leurs anciens usages , après s 'être défiés , et de continuer celles qui étaient t^ontmencees sans difi , sauf le service du roi. ÎSous avons sous les veux une copie de ces lettres , dont l'original est aux archive;* de Pau. Bernard - Ezi , dans la suite , eut quelques mécontentements de la France , qui le firent rentrer dans le parti des Anglais. Mais il s'en trouva mal. L'an i33l), Uoure et Blevies ( Biaye ) , en Gascogne , dit le Miroir historial , Jurent prinses par /es François , et y jut prias le seigneur de Cuuniont et le srigneuf
CFS SIRE*;, PUIS DUCS d'albrkt. aCg
rfe Loiret. Oti ne sait pas précisément quelle fut la durée de la cnptlvité du second. Mais on ne voit pas qu'il ail depuis figuré dans les fvénements de son tems. Bernard-Ezi avait épousé, i''.,ran i3i8, ISABFLLE, fille d'Arnaud, seigneur de Gironde ; 2"., l'an iSsi , iMatiie, fille de Bernard VI, comte d'Arinagnac , dont il eut treize enfants. Les principaux , sont Arnaud - Araanicu , qui suit ; Berard , qui se distingua par sa valeur, sous les règnes de Charles V et Charles VI; Rose, mariée en i35o, à Jean de Grailli , III^. du nom, captai de Buch. Mathc vivait encore l'an iS^o, comme on le voit par un accord qu'elle fit , le 4 septembre de cette année , avec Jourdain de l'Ile, sur la succession de Bertrand de l'Ile. (^Trésor gënéal. tom. I , pag. 247- )
ARNAUD-AMANIEU.
Arnaud-Amanieu , fils aîné de Bernard-Ezi, lui succéda. Il embrassa le parti de la France contre l'Angleterre , dont le roi Edouard III , pour le punir , fit saisir ses terres. Philippe de Valois l'indemnisa de celte perte, par une pension de 1760 livres, à quoi montait le revenu de ses terres saisies. Il s'accorda depuis avec le roi d'Angleterre , qui lui rendit la jouissance de ses domaines. L'an 1862 , le sire d'Albret fut fait prisonnier par le comte de Foix , en combattant pour le comte d'Armagnac, à la bataille de Launac , donnée le 5 décembre. Le 3o juin de l'année suivante , Arnaud- Amanieu fit hommage des châteaux de Bazas et de Casenove au comte de Foix. Charles le Mauvai.», roi de Navarre, par lettres du 28 février 1064 ( v. st.) , lui donna la charge de capitaine- général pour iaire la guerre en Languedoc, en Bourgogne et dans toute la France. L'année suivante, le 27 février, il fit hommage à ce même monanjue , pour les terres de Mixe et d'Ostobares , en Basse- ÎSavarre. (^Trésor, généal , tom. 1, pag. 76.)
L'an 106G, le prince de Galles, duc de Guienne , voulant lever une armée , pour rétablir Pierre le Cruel sur le trône de Castille , mjiule ses principaux vassaux , et demande au sire d'Albret , quel nombre de combattants il peut fournir. Sire ^ répond d'Albret, si je %^ouIuis prier tous fe aulx , j'aurais bien mille lances^ et toute ma terre gardée. (Mille lances formaient uu corps de cinq à six mille hommes.) Le prince alors regardant Felton , l'un de ses généraux , lui dit en Anglais : Par ma foi , pu doit bien aimer une terre où l'on a un tel baron , qui peut bien servir son seigneur avec mille lances. Se reluurnant ensuite vers. Arnaud-Amanieu : Sire d'Albret, lui dii-it , je les retiens tous. Mii'.'s ensuite ayant fait réflexion sur le danger qu'il y aurait
tl'avoir dans son armée un corps aussi nombreux Je troupes y (lî'pendant d'un seigneur qu'on savait affectionné à la Finance , il Km manda de n'amener que deux cents lances , et de congédier le resle. D'Albret , piqué de ce contre-ordre, s'en plaignit avec hauteur. Le prince répondit aigrement , et eut tout sujet dt" s'en repentir. (Froissart.) L'an i368, s'étant joint au comte (!'\rmagnac et à d'autres seigneurs , Arnaud-Amanieu appelle avec eux au parlement de Paris , des vexations que le prince de Galles exerçait en Guienne. Une nouvelle saisie de ses terres , ordonnée par le prince , suivit de près cette levée de boucliers, l^e roi de France dédomiTiagea encore cette fois le sire d'Albret , eu lui donnant quatre mille livres de rente viagère sur son trésor : il n'obligea pas un ingrat. Le sire d'Albret et les deux comtes de P'oix et d'Armagnac , travaillèrent efficacement à faire rentrer la Guienne sous la domination de la France. Le roi Charles V fit épouser au sire d'Albret, l'an i368 , Marguerite de Bourbon , sœur de la reine; et en considération de cette alliance ,il convertit la pension viagère de quatre mille livres, qu'il lui avait accordée , en rente perpétuelle, pour Arnaud-Amanieu et ses hoirs , à la charge qu'ils demeureraient hommes-liges du roi. Le sire de Poyanne , seigneur gascon , attaché au service de l'Angleterre , ayant été pris , l'an i.3y2 ( v. st. ) , devant la Rochelle , avec le comte de Pembrock , et mis en prison , le roi rhailesV déclara tous ses biens confisqués pour crime de félonie, et les donna au sire d'Albret, par ses lettres du mois de mars de la même année. ( Rec. de CoWert. vol. 3i , fol. io85. ) Le roi Charles VI , voulant se décharger de trois mille livres , sur les quatre mille livies accordées au sire d'Albret , lui donna par lettres du i4 janvier i382 (n. st. ) , la jouissance du comté de Dreux : et pour les mille livres restantes , il lui transporta d'autres terres. Arnaud-Amanieu, le 17 mai de la même année, fut honoré de la dignité de grand chambellan , avec six mille livres de pension. Malgré 'de si belles récompenses dont nos rois payaient le zèle que le sire d'Albret leur témoignait , Froissart nous donne à entendre que ce n'était point sans se faire une sorte de violence qu'il demeurait attaché au service de la France. « J'ouis une fois dire au seigneur d'Albret, dit-il, w étant à Paris , une parole que je notai bien , quoiqu'il « semblât la dire pour plaisanter. Un chevalier de Bretagne
» lui ayant demandé des nouvelles de son pays, et s'il per- » sisterait long - tems dans le service de la France , il lui
j. répondit qu'il le pensait ainsi , et cju'il s'y trouvait assez » bien. Cependant ajouta-t-il , j'avais plus d'argent et mes gens « aussi, quand je faisais la guerre pour le roi d'Angleterre,
» que je n'en ai maintenant ; car, quand nous chevauchions à
DES SIRES, PUIS DUCS d'aLBRET, 1271
» l'aventure , nous trouvions toujours quelques riches mar- » chands de Toulouse, de Condoin , de la Réole ou Bergerac; » il se passait peu de jours que nous ne fissions quelque bonn;; » prise, et maintenant , tout nous est mort. Alors, le breton sj » prit à rire , et lui dit : c'est donc la vie des Gascons. Poor »> mol qui entendit cette parole , je vis que le sire d'Albreî »» commençait à se repentir d'être fiançais ; et peu après »> on apprit que le sire de Muciden , le seigneur de Piosen , » le sire de Duras et le sire de Langolran , (juoique com- » blés de bienfaits du roi , dont ils avaient imploré le » secours, étalent rentrés au service des Anglais. Telle est l.i » nation des Gascons. Ils ne sont point stables. Mais encore « aimeraient - Us plus les Anglais que les français; car leur » guerre est plus belle sur les Français que sur les Anglais. » Quoi qu il en soit de ce récit de Froissait , il est certain que conduite d'Arnaud - Aminieu , depuis qu'il se fut donne à la France , jamais ne se démentit. I.e 27 novembre i.^(S:i , il combattltà la bataille de Rossebecque, et contribua beaucoup av» succès de cette journée. Il accompagna, l'an i3go, le duc de Bourbon dans son expédition d'Afrique. Il mourut en i4oi, laissant de son mariage Charles, qui suit ; Louis qui transporta , par acte du 12. décembre 1406, à Charles, son frère, des terres à lui laissées par son père , en échange desquelles il reçut le comté de l'Ile - Jourdain ; et Marguerite, qui épousa Gaston «le Folx , captai de Buch.