CHARLES P
i4oi. Charles !«■■., fils d'Arnaud- Amanleu, et consin-germain, par Marguerite de Bourbon, sa mère, du roi Charles VI, succéda à son père dans la slrerie d'Albret, la vicomte deXartas et la charge de grand-chambellan , mais non dans le comté de Dreux. Le roi , suivant la faculté qu'il s'était réservée , en accordant à Arnaud-Amanieu la jouissance de ce comté , le retira après la mort de celui-ci , et en jouit jusqu'en juillet 1 4'»; , qu'il le délaissa à Louis, son frère, duc d'Orléans, pour taire partie de son apanage. Louis , ayant été tué le 2.6 novembre suivant, le roi transporta par lettres du mois de décembre ce même comté à Charles d'Albret, en l'acquit de trois mille livres, dont on a parlé ci-dessus. Ce monarque y ajouta le comté (1<? Lucques en Lombardie , pour lui tenir lieu d'une autre renie de mille livres. Mais le su'e d'Albret, n'ayant pu entrer en jouissance de ce comté , renonça au don qui lui en avait été fait , demandant à sa majesté qu'elle lui assignat sa rente df mille livres sur un fonds dont il put jouir librement. C'est c:-
que le roi déclare par ses lettres adressées à la chambre dos comptes de Paris, en date du 26 avril i4ii- Charles était alors connétable depuis le 7 février i4o2 (v. st.), charge qu'il avait d'abord refusée, non sans raison, persuadé, comme il était vrai , qu'il n'avait ni l'expérience , ni la capacité nécessaires pour la bien remplir. Il ne laissa pas néanmoins de remporter en Guiennc , dans les années 1406 et 1407, plusieurs avantages sur les Anglais , avec l'aide du comte d'Armagnac. L'an 14^11 1 la faction des Bourguignons, à laquelle il n'était pas agréable, le dépouilla de sa charge; mais elle lui fut rendue après la disgrâce du comte de Saint-Pol , par lettres-patentes du i3 juillet i4i3. (Foj. Valeran, comte de Sai'nt-Pol.) Charles fut nommé, la môme année, capitaine des château et ville de Melun. Deux ans après , il fut tué , le 2.S octobre , à la bataille d'Azincourt, où il commandait l'avant-garde de l'armée française. Les historiens rejettent sur lui tout le malheur de cette funeste journée, où nous étions six fois plus forts en nombre que les Anglais. Il avait, en effet, si mal choisi la position de son camp , et fait ses autres dispositions avec si peu d'intelligence , qu'un anglais, envoyé par Henri V, pour reconnaître notre armée, dit à son maître, en lui faisant son rapport : li y en a assez pour être tués^ assez pour être faits prisonniers ^ et assez pour prendre la fuite. C'est à tort néanmoins, qu'on le met à la tète de ceux qui occasionnèrent ce revers, en rejetant les offres que le roi d'Angleterre avait faites de rendre à la France tout ce qu'il lui avait pris, pour obtenir la liberté de se retirer à Calais. Il est certain au contraire , suivant Monstrelet , qu'il fut du petit nombre des seigneurs qui étaient d'avis d'accepter ces offres. Du reste ce général n était ni craint ni aimé , il n'était pas fait pour l'être. De Marie, dame de Sulli et de Craon , princesse de Bois-Belle, aujourd'hui Henrichemont , et veuve de Gui de la Tremoille, qu'il avait épousée le 27 janvier i4oo , (v. st. ) et à laquelle il survécut un an ou deux au plus, il eut Charles, qui suit; Guillaume, seigneur d'Orval , etc.; Jeanne , deuxième femme de Jean , comte de Folx, et deux autres enfants.