‹ L'art de vérifier les datesChapitre 94 sur 230 · MARGUERITE · texte numérisé non relu

MARGUERITE

iSyS. Marguerite , fille de Pierre-RayTnond II , lui succéda au comté de Comminges. LUe fut mariée trois fois : 1", en 1378, à Jean 111, comte d'xVrmagnac ; 2°., le 4 juin de l'an 1884 (et non lOtJD, comme le marque le P. Anselme) à iEAiS b'Ar-

i~4 (^HKONOLOGIK HISTORIQUE

MaCNAC, fils aîné de Géraud III, vicomte de Fezenzaguet r alliance dont on peut voir les suites malheureuses à l'article de ce dernier-, 3*^., le i6 juillet 1419, à Mathieu de Foix , frère de Jean , comte de Foix. Mathieu de Foix était un des grands partisans de la maison de Bourgogne, par opposition à la maison d'Armagnac , qui avait embrassé le parti du dauphin. L'an 1420 , le roi Charles VI , poussé par la reine et le duc de Bourgogne, lui adjugea, paj' lettres du mois de juillet, la vicomte de Narbonrie , qu'il avait confisquée sur le vicomte Guillaume. (^B.er.. de Colbert, vol. 5i , fol. aoo. ) Mais la confiscation ayant été sans effet , le don le fut pareillement. Celui que Margi'.erile fil du comté de Comminges à Mathieu, par son contrat de mariage , fut plus solide. Mais il ne tarda pas à payer de la plus noire ingratitude sa hienfaitrice , qu'il mal~ traita et renferma dans le château de Saverdun , où il la retint prisonnière l'espace de dix-neuf à vingt ans. Enfin les états de Comminges, l'an i^Sc^., prirent le parti de s'adresser au roi Charles Vil , pour obtenir la délivrance de leur maîtresse. Le dauphin, en conséquence, fit ajourner, par ordre du roi , Mathieu de Foix , à comparaître devant lui à Toulouse : mais ayant reçu ordre , peu de tems après , d'aller incessamment joindre le monarque , son père , il mit la journée en délai- L'affaire demeura en suspens durant près de cinq années , pendant lesquelles Marguerite changea plusieurs fois de prison. Elle ne recouvra sa liberté cju'en i44^i ^u moyen d'un traité conclu le 9 mars entre le roi et Mathieu de Foix; traité par hujuel il fut dit que Mathieu , après avoir donné la liberté à sa femme, jouirait d'une partie du comté de Comminges, et Marguerite de l'autre , pendant leur vie ; que la jouissance de tout demeurerait au dernier survivant entre eux , et qu'après leur mort, il serait réuni à la couronne. Marguerite alors fut remise entre les mains du roi , qui l'envoya à Poitiers , où elle mourut dans la même année i44^- Après sa mort , Jean IV, comte d'Armagnac, s'empara d une partie du comte de Comminges, sans égard pour la donation qu'elle en avait faite au roi de France. Mais le dauphin , envoyé contre lui , le dépouilla non-seulement de < ette conquête , mais aussi de ses propres biens , et même de la liberté , qui ne lui fut rendue qu'en i44^- Mathieu , qui survécut à la comtesse Marguerite , sa femme , se remaria à Catherine te Coaraze , en Béarn , dont il eut deux filles ,, mariées dans les maisons de Carmain et de Bonneval , et finit: ses jours vers la fin de l'an r45.J. Ee comté de Comminges fut alors réuni à la couronne, pour n'en être jamais séparé, comme il avait été convenu avec la confesse Marguerite. Mais le roi

DES COMTES DE COMMIîîGES. 2.lI'6

î.oui's XI , fils et successeur de Charles VII , n'eut aucun, égard à cPtte clause. Voulant reconnaître les services de Jean, bâlard frArmagnac , surnommé de Lescun , qui lui avait toujours été attaché, il ne se contenta pas de le créer maréchal de France et de le faire son premier chambellan , il lui donna de plus, par lettres datées d'Avènes le 3 avril 1461 (v. st.) , le comté de Comminges. Les états du pays ayant fait difficulté de déférer à ces lettres, Louis, dans un voyage qu'il fit à Bordeaux, rendit une ordonnance , le i5 mars de l'année suivante, par laquelle, dérogeant à la clause des lettres de réunion , il leur rnjoint de reconnaître Jean d'Armagnac pour leur seigneur. Cette ordonnance , dont nous avons loriginal sous les yeux , ne porte la date que du quantième du mois ; mais nous savons d'ailleurs que Louis XI était à Bordeaux en 1462. Jean d'Armagnac étant mort, l'an 147- ? sans postérité mâle, le comté de ( omminges fut donné, par Louis XI, à Odet d'Aidie (i), seigneur de Lescun , et à ses hoirs mâles. Ce monarque , dont il était chambellan , ajouta à ce don , par lettres du mois d'avril 1472, où il le qualifie de cousin , la terre de Fronsac , pour rprompense , y est-il dit , de ses louables ei importants services. ( Inoent, du Trésor, des Chartes^ tome 61 , fol. 849-) ( Voyez François H , duc de Bretagne.) La postérité maie d'Odet étant venue à manquer, le comté de Comminges fut de nouveau réuni

(i) Odet d'Aydie, ne de parents nol)les, mais très-bas acrommode'sdes biens de !a fortune, n'avait eu , pour s'avancer, d'autres ressources que ses talents. Ils étaient grands. « Avec de l'esprit, <lu courasie et de » ranil)ition , il entra dans les compagnies d'ordonnance établies par » Charles VII. Il se fit connaître à ce prince, cjui le fil bailli du » Côlenîin. S'étant trouvé dépouillé de celte charge à l'avcneinent de » Louis XI, il s'attacha au duc de Bretagne. Son esprit souple , ses » manières aisées , le firent tellement goûter du duc François, fju'il » paiviiil à le gouverner. Personne ne fut plus ejnpioyé que Lescua » dans la guerre du lîien-Public. Ce fut lui tjui gagna Monsieur, frère X du roi , (jui l'engagea à se retirer en Bretagne et à se mettre à la tête » dé la ligue formée entre les princes et les grands de l'éîat. Lescun « ne fut pas mv)ins agréable au duc de Berii , qu'il l'était au duc de •» Bretagne 11 suivit A'io^.r/W//- en Guienne, et revint en Bretagne après » la mort de ce prince. Louis XI , qui connaissait l'ascendant que y> Lescun avait sur l'esprit du duc de Bretagne , s'attacha à le gagner, ■» et y réus.'^it en le comblant de biens, de charges et d'honneurs. » Charles \IIÏ continua au comte de Comminges toi's les bienfaits » qu'il avait reçus de Louis XI. Il était si puissant en Guienne, dent •« ii avait le gouvernement, qu'il y tiail obéi tomme le rai. « ( Dcm Mcn-ica, Hist. de Bret., toma 11, p. iG3.)

zSG CHRON. niST. DFS COMTES DE C0MMINGE5.

à la couronne, par lellrcs de Louis Xll, datées de Paris, le 2B août 1498. Malgré cette nouvelle réunion, les seigneurs de Laufrec , de Gulche et d'Âubljoux , intentèrent procès au parîomcnt de Toulouse pour le comté de Comminges ; mais, par arrêt du 22 mars i5oi , ils furent déboutés, dit le P. Anselme. Cependant nous voyons qu'en iSaS , le 2.H septembre , Odet , vicomte de Lautrec et maréchal de France , en ratifiant le traité de paix conclu avec l'Angleterre , prend le titre de comte de Comminges. (Rymer, tome i4 , psgc 92-) H l'était réellement , suivant D. Vaissète , par le don du roi François I. Ce seigneur , l'un des plus grands capitaines de son tems , étant mort l'an 1529, fut remplacé dans le comté de Comminges par Henri , l'aîné des fils qui lui survécurent. Henri étant mort , l'an i54o , sans lignée , le comté de Comminges retourna au domaine de la couronne, dont il n'a plus été distrait. (//«/, de Long, tome V, p. 624-529. )

DES

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