‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 32 sur 132 · BOSON · texte numérisé non relu

BOSON

9?i. Boson , frère du roi Hugues , était marié depuis phisieurs années , avant que d'être marquis de Toscane , à Wille, fille d'un seigneur bourguignon, et en avait quatre filles, dont l'aînée , nommée comme sa mère , épousa , l'an $35 , Bérençer , marquis d'Ivrée , et depuis roi d'Italie. Wille, la mère, était une princesse avare , qui accumulait les richesses par toutes sortes de voies. L'an t)36, dans le mois de juillet au plutôt , le roi Hugues , aussi avide que Wille , sa belle-sœur , et aussi peu scrupuleux sur les moyens de s'enrichir , fait arrêter cette princesse avec son époux , après avoir fait courir le bruit qu'ils voulaient le détrôner. Il les dépouille de tous leurs trésors , met Boson en prison , et renvoie Wille en Bourgogne. On ne sait ce que devint Boson par la suite.

HUBERT ou HUMBERT.

9%. Hubert ou Humbert , fils naturel du roi Hugues, fut

DES DUCS i MARQUIS , Pic. , DE TOSCANE. 55

tcêè <îuc de Toscane, a la place de Boson , par son père , qui lui donna en même lerns, ou peu après, le titre de comte du sacré palais. A ces faveurs , Hugues ajouta , Tan 943 , le duché <ie Spoleite avec le marquisat de Camerino : mais Hubert fut dépouillé de ces deux principautés Tan 946 au plus tard. On Ignore Tannée de sa mort , qu'on ne peut reculer au-delà de 961. Il laissa de Willb ou Guille, son épouse , fille de Boni face , marquis de Spolctte , deux enfants , Hugues , qui suit, et Vaedrade ou Gualdrade, femme de Pierre Can-^ diano IV, doge de Venise.

HUGUES le GRAND.

* L*ang6t au plus tard , Hugues , surnommé le Grand , fils du marquis Hubert , le remplaçait en Toscane Tan 961 : on le voit aussi duc de Spoleite en 909 , et marquis de Camerino en 9^5. L'an 99^, ayant reçu de l'empereur Otlon II) un ordre d aller venger la mort de Landenulfe , prince de Capoue , que ses sujets révoltés avaient assassiné , il se met en marche avec ses troupes pour aller faire le siège de cette ville. Frasimond , comte de Chieti , Tétant venu joindre avec les siennes , ils obligent les Capouans à leur livrer les meurtriers de leur prince, dont ils font pendre les six plus coupables, et condamnent les

• autres à différentes peines. C'est la seule action connue du duc et marquis Hugues , qui dut en faire bien d'autres du môme éclat, pour mériter le surnom de Grand. Il mourut au plutôt , Sur la 6n de Tan iooi , sans laisser de postérité. On ignore <juel fut l'héritier de ses biens aîlodiaux. Muratori soupçonne que cette immense hérédité vint par quelque femme, sœur, fille ou tante , aux ancêtres de là maison d'Est , et qu'ils de» Vinrent par-là seigneurs de ttovigo , d'Est, et de plusieurs autres terres situées entre Padouc et Ferrare.

ADALkERT III.

Adalbert ou Albert II!, fils aîné du marquis Albert, succède ( on ne sait en quelle année ) à Hugues , dans le gouvernement de la Toscane. Le tems de sa mort n'est pas mieux Connu. On a de lui l'acte d'une vente de biens , faite quelques mois après la mort de Hugues, le i3 mars 1002 , dans lequel il Se qualifie puissant marquis de Toscane. « Cet Adalbert, dit » - M. de Saint- Marc, est un des descendants de la maison d'Est.

* En le voyant, ajoute-t-il, successeur d'Hugues, on a quelque » raison de soupçonner que celui-ci avait eu pour héritiers' » les fils d'Albert «. M. JdaUct (liist. de la maison de Brunswick^

va plus loin \ et dit : « On conjecture avec beaucoup de vrai-* a» semblance qu'Albert eut quatre fils , qui formèrent les bran- » ches d'Est , celles de Malespina et de Pallàvicini 9 et une » quatrième qui dura peu. Celles de Malespina et de Pallàvicini » subsistent encore , et ont toujours été considérées comme » les premières maisons d'Italie ». Cette quatrième branche , qui dura peu , suivant M. Mallet , est celle de Rufo , qui subsiste néanmoins encore , et s'est partagée en plusieurs rameaux ui sont répandus en Italie et en France, dans les provinces e Provence et de Dauphiné, où ils sont connus sous le nom de le Roux.

RAGINAIRE ou REIN 1ER.

ioi4 ou environ. Raginaire ou Reinier, fils du marquis Hugution, était duc et marquis de Toscane, vers l'an ioi4«* Après la mort de l'empereur Henri II, il fut du nombre des seigneurs italiens qui refusèrent de reconnaître Conrad le Sa— lique pour son successeur. Conraâ étant venu , l'an 1027 , en Italie, assiégea Raginaire dans. Lucques , alors capitale de la Toscane , le força de se rendre , et vraisemblablement le déposa ; du moins il n'est fait nulle mention de Raginaire depuis ce tems-là. Ce marquis laissa de Wille , sa femme , deux enenfants, Hugution et Sophie, qui succédèrent à ses biens allodiaux. . .

BONIFACE II , dit LE PIEUX.

1027 au plutôt. Bonipace II, dit le Pieux ( différent de Boni face , marquis de Montferrat , son contemporain ) , (ils de Thédald , comte de Modène , de Reggio , de Mantoue , de Ferrare , de Crémone et d'autres villes , petit-fils du comté Albert-Azzon , seigneur de Canosse, fut nommé par l'empereur Conrad , duc et marquis de Toscane. Il était associé , dès l'an 1004, aux dignités de son père, qu'il remplaça l'an 10 ia. L'empereur Conrad étant venu, Tan 1037 , passer les fêtes de Noël à Parme , il y eut une rixe entre ses gens et les habitants , qui tuèrent son écn anson. Conrad furieux sort de la ville , et mande au marquis Boniface de lui amener des troupes pour en faire le siège. Les Parmesans , à la vue du marquis , perdent courage et courent se jeter aux pieds de l'empereur. Ce prince étant rentré dans la ville, Boniface lui prêta serment de fidélité» Conrad , de son côté , jura de lui conserver la vie et la dignité de duc et marquis , chose vraiment insolite ( Murât. Annal. , tom. 6 , pag. 1 14 ) 9 ce qui fait dire au poète Donizon , dans la vie de Mathilde :

Nu (lus flux unquam mcruit tam f cédera culta x

DES DUCS, MARQUIS , etc. , DE TOSCANE. S7

Boniface fut également fidèle à l'empereur Henri III. 11 aida ce prince, Tan 1042, à prendre le château de Morat , près de Neuchatel , dans le royaume de la haute Bourgogne , dont 1rs peuples s'étaient révoltés contre lui. ( llermann. Contrar.t. ) Henri, l'an 1040, passa les monts, et étant arrivé à Mantoue, Albert, \icomte de cette ville , c'est-à-dire , vicaire du marquis Boniface à Mantoue , lui fait présent de cent chevaux et de deux cents oiseaux de proie, ce qui dut lui donner une haute idée de l'opulence d'un seigneur qui avait un officier si magnifique à son service. Henri donna en retour au vicomte des pelleteries qui étaient alors fort en usage. Ce monarque Tayaut ensuite invité à manger avec lui, il s en excusa, disant qu'il n'avait pas même l'honneur d'être admis à la table du marquis , son seigneur. Il obéit ensuite, après en avoir obtenu la permission de Boniface. ( Donizo in oita Mulhitdis. ) Muratori remarque, à cette occasion, qu'il n'y avait pas de ville d'Italie en ce tems-là qui n'eût un comte ou gouverneur, et un vicomte; et de-là sont venues , dit-il , quantité de familles nobles du nom de Visconli. Boniface, suivant le même auteur, était un grand usurpateur des ecclésiastiques. Il en fit pénitence dans la suite, après avoir fait sa confession entre les mains de Gui, abbé de Pompose , qui lui donna , suivant Donizôn , une sanglante discipline ; sans doute en l'obligeant de restituer ce qu'il avait usurpé*: il fut tué le 7 mai 1002, par des assassins, en traversant une forêt, et fut inhumé à Mantoue. 11 avait épousé, Tan 1016, au plus tard, Richilde, ou Uicarde , fille de Giselbert, comte du sacré palais, en Italie ( et non pas de Giselbert , frère de l'impératrice Cunégonde, comme quelquesuns le prétendent ). Devenu veuf de cette princesse , sans en avoir eu d'enfants, il donna sa main, en io36, à Béatrix , fille de Frédéric, duc de la haute Lorraine. On a peine à concevoir le lufcc qu'il étala pendant trois mois que durèrent ces noces: elles furent célébrées à Marégo, ville du Maulouan. Les moulins situés sur les rivières voisines, broyaient , dit-on , au lieu de blé , des graines aromatiques, qui parfumaient l'air aux environs ; le vin le plus exquis se puisait comme l'eau dans les puits; les seaux. dont on se servait étaient attachés à deS chaînes d'argent, et ces chaînes pendaient à des cordés tisssues d'or et d'argent; toute la vaisselle dont on couvrait les tables était des mêmes métaux. La musique et les spectacles concouraient à l'agrément de ces fêtes , et toutes les personnes qui s'y trouvaient, éprouvèrent la libéralité de Boniface, qui les renvoya chargées de présents. ( Anecd. d'Ital. ) Roniface termina ses jours d'une manière funeste : comme il allait de Mantoue à Crémone, en traversant une forêt épaisse , il bit frappé d'une XVIII. b

flèche empoisonnée, dont il mourut, suivant Arnoul <le Milan , auteur contemporain : Dum nemus transiret opacum , dit cet écrivain, insidiis ex obliqua latentibus , venenato figxtur jaculo. Heu senex ac pienus diefum maturam mortem exiguo prœocupaviU

ÎHist. Mediolan. , liv. 3 , c. 3. ) Le Fiorentini se trompe donc Mem. de Malildi. , liv. i ) , lorsqu'il dit que ce prince mourut eu avancé en âge; car si on le voit, dès Tan 1004. marquis e Toscane, il fout dire qu'en terminant ses jours, il était au nombre des vieillards. Donizon ( Vita Mathila. , liv. 1 ) marque le tems précis de sa mort , sans en dire néanmoins le genre , en ces termes :

Ipse die sextâ maii post çuippe h al endos De serait terram , çuem Chris tus ducat ad a s fret ; Quando defunctus , terne datas estçue sepultus , Tune quinquaginta duo tempora mille De i s tant.

C'est-à-dire qu]il mourut le 7 mai io5a. Ce prince eut de son second mariage, Frédéric, qui suit; Béatrix, morte avant son frère ; et Mathilde , qui viendra ci-après.

FRÉDÉRIC, dit aussi BONIFACE. •'

io5a. Frédéric, dit aussi Boniface, par le continuateur d'Herrnan le Contract, succède, en bas âge, à son père Boniface le Pieux , sous la tutelle de Béatrix, sa mère. Cette princesse , s'étant remariée, sur la fin de io53, à Godefroi le Barbu , duc de la basse Lorraine, l'empereur Henri H I , dans un voyage qu'il fit en Italie, l'an io55, la" fit arrêter avec son fils , sous prétexte que ce mariage s'était fait sans son consentement. Il emmena Béatrix en Allemagne, et laissa Frédéric , parce que ce jeune prince était attaqué de la maladie dont il mourut peu de tems après. L'époux de Béatrix, indigné du traitement fait a sa femme contre ta foi d'un sauf-conduit que l'empereur lui avait donné, se retire dans son duché de basse Lorraine, bien résolu de tirer vengeance de cet affront à la première occasion.

BÉATRIX et GODEFROI LE BARBU.

io55. Béatrix, après la mort de Frédéric, son fils, est reconnue propriétaire usufruitière de la Toscane et de tous les biens de son premier époux, contre la loi des fiefs, lesquels, au défaut d'hoirs mâles, étaient réversibles au suzerain. M. de Saint-Marc présume que cette prérogative extraordinaire était unë clause du- mariage de Béatrix avec Boniface ;

DES DLTS , MARQUIS , CtC f DE TOSCANE. 5g

clause. qui dut avoir été autorisée par l'empereur Henri III , pour donner quelque satisfaction à rrédéric, père de Béatrix p qui avait de* prétentions sur le royaume de la haute Bour-

Toscane, administra ce duché conjointement avec Godefroi* et comme propriétaire usufruitière , et comme tutrice de Mathilde, sa fille.

L'an 1066, l'empereur Henri IV, ayant entrepris le voyage d'Italie, dans la vue de retirer des mains des Normands les terres du saint siège , qu'ils avaient envahies , et de se faire couronner par le pape Grégoire VII , arrive jusqu'à la ville d'Aoste. C'était l'usage, lorsque le chef de 1 empire passait les monts , que le marquis de Toscane vint au-devant de lui : mais Godefroi le Barbu , qui possédait alors ce marquisat , ne s'étant point présenté, ni personne de sa part, Henri, choqué de ce manquement, et se défiant de la fidélité du marquis, abandonne son expédition et retourne en Allemagne. Godefroi, néanmoins, pouvait être excusé, parce qu'il était alors avec son armée, dans la campagne de Rome, occupé a réprimer les entreprises de Richard, prince de Canoue, qui voulait envahir les terres du saint siège. Telle était la réputation de Godefroi et telles étaient ses forces, qu*à son arrivée, Richard avec

pour

près, accompagné du pape et des cardinaux , et resta campé pendant dix-huit jours devant Aquino. Dans cet espace de trms, il y eut plusieurs faits d'arme, de part et d'autre, plus brillants que décisifs; mais, par la médiation de Guillaume Tête-hardie , comte de Bourgogne, on en vint à un pourparlers entre Godefroi efc Richard, près du pont de Saint-Ange de Todici , où Richard , au moyen d'une grosse somme offerte à Godefroi, lui persuada, de plier ses tentes et de retourner en Toscane. (Murât. Annal. 1. VI, page 211.)

L'an 1070, Béatrix devint veuve, par la mort de son époux,; arrivée la nuit du 24 au 25 septembre. L'an 1076 (et non, 1069), elle meurt le 28 avril, sans laisser d'autres enfants, que Mathilde. Elle est inhumée dans la cathédrale de Pise.

MATHILDE, appelée LA GRANDE COMTESSE, et WELPHE, SON ÉPOUX.

1076. Mathilde, appelée la Grande Comtesse, fiik

'de Boniface et de Béatrix, née vers Tan io46, avait épousé, soit du vivant de son père , soit peu après sa mort, Godefroî le Rossu , duc de Lorraine , dont elle demeura veuve dans le mois de février 1076 : deux mois après, elle succède à Béatrix, sa mère. On connaît le zèle avec lequel Mathilde soutint le» intérêts des papes Grégoire VII, Urbain II et Pascal II, contre l'empereur Henri IV , dont elle était cousine. L'an 1077 , Grégoire étant poursuivi par ce prince , Mathilde lui procura un asile dans son château de Canosse. Ce fut alors qu'cÏÏe fit , mais en secret , donation de tous ses biens au saint siège. Il est à propos de remarquer, avec M. Pfeffel, que cette donation comprenait non -seulement les terres patrimoniales qui appartenaient à Mathilde, en franc-alleu, et dont elle pouvait librement disposer, mais aussi les fiefs qu'elle possédait sous la directe de la couronne d'Italie. Les papes ne firent

Î)oint cette distinction , et s'arrogèrent également les uns et es autres, tant en souveraineté qu'en propriété. De leur côté, les empereurs s'opposèrent de tout leur pouvoir a une usurpation si manifestement contraire aux droits de l'empire; et les cruels différents qu'elle excita, ne finirent qu'après une révolution de deux siècles. Mathilde, l'an 1080, envoie des troupes pour chasser de Ravenne , l'antipape Guibert : elles sont battues par celles de Henri, à la Vofta, dans le Manlouan, le i5 octobre, c'est-à-dire le jour même de la bataille de Wolkhein , où Rodolfe , compétiteur de Henri , perdit la vie. La ville de Florence fut constamment attachée à ta prin r.esse Mathilde et au pape Grégoire VII. L'empereur, excité par les Schismatiques , entreprit de lui enlever cette ville , dont il forma le siège, qui dura, selon les écrivains du pays y depuis le mois d'avril lob'i , jusqu'au mois de juillet suivant : mais Villani le dit termine sans succès, dans le mime mois où il fut commencé. Ce qui est certain , c'est que , vers U Pentecôte de cette année, Henri parut sous les murs de Rome, avec son antipape. ( Cardin, de Aragon. Vil. Gregor. Vil. ) Henri revint encore l'année suivante en Toscane , et fit [le dégât dans le pays, sans pouvoir emporter aucune place.

L'an 1084 * l'armée de Mathilde surprend et met en fuite, au mois de juillet, celle de Henri, qui faisait le siège du château do Sorbara . dans le Modénois , sous les ordres du marquis Olbert. Mathilde, l'an 108*), après avoir refusé Fa main de Robert , fils aîné de Guillaume le Conquérant , roi d'Angleterre, épouse en secondes noces, à la persuasion du pape Urbain 11, Wf.lpiie, (ils de Wclphe I du nom, duc de Bavière IV, (dans la généalogie de sa maison), et petitfils d'Albert-Azzon ou Alton, marquis d'Est. L'an 1091 , fem-

DES DUCS, MARQUIS, etc., DE TOSCAHÏ. 6l

Îierèur, le n avril, jour du vendredi-saint, enlève à Mathilde, a ville de Mantoue, qu'il tenait bloquée depuis le mois de juillet de Tannée précédente. Cette conquête fut suivie de celle de toutes les terres qui appartenaient à Mathilde au-delà du Pô. L'empereur surprend, Van 1092, les troupes de la comtesse , qui étaient campées près du village de T racontai* , tue beaucoup de monde , fait un grand nombre de prisonniers f et met le reste en fuite. Hugues II, marquis d'Est, qui commandait ces troupes, fut des premiers à fuir; sur quoi les historiens du tems, l'accusent de trahison. (Cet Hugues est. le même que les Manceaux avaient appelé deux fois d'Italie, •pour être leur comte, comme on l'a dit ailleurs. ) Henri f après cette victoire, étendit ses conquêtes dans les terres de Mathilde. Les vassaux de la comtesse, voyant le mauvais succès de ses armes, se réunirent alors, pour l'exhorter à la paix que l'empereur lui proposait : mais encouragée par un at>bé moins éclairé que pieux, elle rejeta tout accommodement. L'empereur, étant parti la même année pour retourner en Allemagne , avait laissé le commandement de son armée à son fils Conrad pour continuer la guerre en Italie. Mathilde et son époux , ne se font point de scrupule de corrompre la 6délité de ce jeune prince, et de l'engager à se révolter ouvertement contre son père. La fausse, dévotion va souvent plus loin dans le crime que le libertinage, parce qu'elle s'y porte avec plus d'ardeur et de sécurité, {Voy. Henri IV, empereur.") "Welphe, dégoûté de Mathilde, qui le méprisait, surtout depuis que les affaires de l'empereur avaient commencé à prendre une mauvaise face, se détermine, l'an ioc)5, à la quitter pour retourner en Bavière. On soupçonne qu'une des principales causes de ce divorce, fut la connaissance que Welphe eut alors de la donation que Mathilde avait faite dé tous ses biens au saint siège ; par où se voyant frustré de l'espérance qu'il avait, en épousant cette princesse, de recueillir son immense succession, il crut n'avoir plus rien à ménager avec elle. Quoi qu'il en soit , Malhilde le vit partir sans regret. Welphe et le duc, son père, abandonnèrent de dépit' le parti du pape, et rentrèrent dans celui de l'empereur. Ils vinrent en Italie, pour faire la guerre à Mathilde; mais ce fut sans succès. L'an 1101, dans l'automne, elle marche, à la tête de ses troupes, pour réduire Ferrare , nui, plusieurs années auparavant, s'était révoltée contre elle. Les Ferrarais , à la vue de cette armée, et des vaisseaux que les Vénitiens et les Ravennates amenaient à Mathilde , pour appuyer par mer le siège de la ville, ne firent aucune difficulté de se rendre. L'an 1102, le page Pascal 11, feignant

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