G* CHHO?S'OI,OC!£ HISTORIQUE
que Pacte de la donation faite par Mathilde , en 1077 , a l'église romaine, s'était égaré pendant les derniers troubles, charge le cardinal Bernard, abbé de Vol I ombreuse, qui résidait en qualité de nonce auprès delà comtesse, de lui demander le renouvellement de cet acte. Mathilde r sans se faire prier, lui accorde un nouveau diplôme, confirmât if du précédent, en date du 17 novembre 1102, au château de Canosse.
Le cardinal Bernard étant à Parme l'an 1104, y fait, le jour de l 1 Assomption, pendant les saints mystères, un sermon, , dans lequel il parle de l'empereur Henri IV avec beaucoup de mépris, parce qu'il était excommunié. Grand nombre des assistants, extrêmement affectionnés à ce prince, aussitôt après le sermon, mettent Pépée à la main, et s'avançant vers le prélat, le prennent et le conduisent en prison, après quoi ils pillent sa chapelle. Mathilde était alors à Modène : informée presque sur-le-champ de ce désordre , elle rassemble ce qu'elle peut de troupes, avec lesquelles elle marche le troisième jour à Parme. Les Parmesans épouvantés n'avaient pas attendu son arrivée ; ils avaient remis entre les mains des vassaux nobles de la comtesse le cardinal et toute sa chapelle; et Mathilde, dit Donizon , à la prière de Bernard , leur pardonne.
Mathilde, qui s'était brouillée avec Henri V comme avec le père de ce prince, dès qu'il l'avait été lui-même avec le pape, consent enHn aux propositions de paix qu'il lui fait faire après son couronnement impérial. Pour consommer raccommodement, elle se rend de Canosse à Bianello, où elle reçoit, le 6 mai 1 1 1 1 , l'empereur , qui passe trois jours avec elle. Donizon remarque, dans la vie de Mathilde, que , dans les entretiens qu'elle eut avec l'empereur, elle parla toujours allemand. Enchanté des honneurs qu'elle lui fit rendre , Henri l'appelait sa mère ; et pour lui prouver l'estime qu'il faisait de sa rare prudence , il la déclara vice-régente ou vice-reine de Lombard ie :
Cuî Uguris Rtgni rtgimem dédit in rice Régis, Nomine çuam mains verbis claris vociiaçit.
L'an Mathilde se met en devoir de dire rentrer U
ville de Mantoue sous sa domination. Mais, dans le teins qu'elle se préparait à faire le siège de cette ville , étant tombée malade à Mont-Baranzon , dans le Modénois , et le bruit de sa mort ayant couru , les Mautouans , qui se croyaient délivrés de la crainte de ses armes , vont mettre le siège devant son château de Hipalta, qu'ils prennent et livrent aux flammes. La comtesse , étant relevée de sa maladie , donne ses premiers soins è tirer vengeance de l'insolence de» Mautouans. Ils n'attendir
MS DtJCS, MARQUIS, CtC, DE TOSCANE. 63
rent pas V effet de ses menaces, et la ville se rendît sur U fin d'octobre. Mathilde meurt, le a4 juillet m5 (1116 suivant le calcul pisan ) , à Bondeno , dans le diocèse de Reg~ g»o. Sort corps fut inhumé à l'abbaye de Saint -Benoît de Polirooe, dont elle était bienfaitrice insigne , d'où il fut trans* porté, l'an i635 , dans là basilique du Vatican, par lés soins ou pape Urbain VIII, qui lui fit ériger un superbe mausolée; ( Voyez l'empereur Henri IV.)
La succession de cette prmcésst , dit Murai dri , fut une source de nouvelles querelles entre les papes et les empereurs ; et nous la trouvons disputée entre eux pendant un grtthd nombre d années , jusqu a ce au enfin le tems , médecin de beaucoup de maladies politiques y mit fin à leurs contestations. On sut bientôt , en Germanie , ta nouvelle de la mort de cette fameuse princesse ; et l'abbé d'Usperg dit : « Comme personne , dans notre tems , ne fut » plus riche et plus célèbre que cette dame, de même per- » sonne de profession laïque ne fut plus illustre par ses vertus et
* sa religion». L'empereur Henri V fut excité par ses ministres , et même invité, par les lettres de ses parttsants, à venir prendre possession de tous les biens de Mathilde. « On ne voit » pas bien clairement, dit Muratori, à quel titre. Tant qu'il » n'y prétendit que les biens régaliens et féodaux , comme la m Marche de Toscane , Mantoue et d'autres villes , on conçoit » qn'il avait raison : mais il prétendit aussi les biens allodiaux » et patrimoniaux , dont on le verra se mettre en possession. » Probablement les princes d'Kst , de la branche allemande , m c'est-à-dire Welpne V et Henri le Noir, son frère , duc de
* Bavière, rte durent pas , dans cette conjoncture, garder le » silence, puisque, par les conventions matrimoniales de ce a» même Welphe avec Mathilde, il devait hériter de tous les » biens de cette comtesse. Il est certain que , sous j'empire de » Frédéric 1, il leur fut rendu justice sur ce point. Or, l'em- » pereur Henri, très-empressé de recueillir cette riche succes- » sion, se tint prêt à passer en Italie aussitôt que l'état de ses >• afFaires le permettrait «.
Après la mort de Mathilde , la Toscane cessa pour un tems d'avoir des ducs , parce que la ville de Lucqucs , suivant la remarque de M. de Saint-Marc , commença dès-lors à se gouverner par elle-même, et que c'était proprement à cette ville qu'appartenait le titre de comté-duché. Celle de Pise se rendit pareillement indépendante. Durant les dix -huit années qui suivirent la mort de Mathilde, c'est-à-dire pendant le reste du règne de Henri V et une partie de celui de Lothaire II , son successeur, on ne voit que des gouverneurs amovibles de la Toscane , sous les titres de présidents et marquis.
Ratbod est le premier de ces gouverneurs que l'on connaisse: H ne l'était plus en 1119.
Conrad, duc de Ravenne , fut fait président et marquis de Toscane, par l'empereur Henri Y, en 1119- De son tems commencèrent ces fameuses guerres que la rivalité fit naître entre les Pisans et les Génois , et qui se renouvelèrent durant plu-*, sieurs siècles. (Voy. VarU de Gènes.) Conrad mourut pu ctessa de gouverner la Toscane, en 110*1, au plus tard.
RampRETT se montre avec les titres de président et marquis de Toscane, en 1 i3i. Il doit être mort vers la fin de mai 1