‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 36 sur 132 · XV · texte numérisé non relu

XV

fît des efforts poux faire rentrer le saint siège en possession des biens de la comtesse Mathilde. 11 commença par la Marche d'Ancône , dite alors la Marche de Camerino, et la Marche de Fermo, qu'il enleva sans peine à Marquard, que Henri VI/ en avait fait marquis. Voulant ensuite recouvrer la Toscane , il lit une ligue avec Lucques, Florence, Pistoie et les autres villes de cette province, à l'exception de Pise, qui seule resta fidèle à Philippe, ainsi qu'à son successeur et neveu Frédéric II. C'est ici proprement l'origine, selon Muratori, des deux factions des Guelfes et des Gibelins, en Italie. Ceux qui s'attachaient aux papes pour conserver leur liberté et n'être plus vexés par les officiers de l'empire, s'appelaient les Guelfes ou Welpnes ; ceux qui étaient du parti des empereurs, se nommaient les Gibelins ou Ghibelins ; et dans cette faction se rencontraient principalement les marquis , les comtes , les châtelains, et les autres nobles qui jouissaient des fiefs de. l'empire , pour se maintenir contre les villes libres qui cherchaient à les assujettir. Plusieurs villes aussi , que les empereurs traitaient favorablement,, entrèrent dans la faction gioeïine, par le besoin qu'elles avaient de la protection des empereurs pour n'être pas englouties par d'autres villes de leur voisinage, plus puissantes qu'elles , ou plus aguerries. L'ani— raosité de ces deux factions s'augmenta par la rivalité de Philippe de Suabe et d'Otton IV, tous deux compétiteurs pour l'empire. Le premier, descendant de l'ancienne maison de. Ghibling, avait contre lui le pape, qui favorisait Otton , issu de la maison des Guelphes ; et de là vient que Guelphe ou Guelfe, et partisan du pape, signifia la même chose dans Ja suite, comme Gibelins fut le nom des partisans de l'empereur. , , x

Page 1