‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 39 sur 132 · DES GRANDS-DUCS DE TOSCANE · texte numérisé non relu

DES GRANDS-DUCS DE TOSCANE

bornait par un décret le pouvoir illimité , dont avait joui le duc Alexandre , en donnant à Côme un conseil , et en Hxant U somme que le trésor public devait lui fournir pour son rang avec dignité. Le peuple agréa le nouveau prince , et la ville retentit d'acclamations. ( Galuzzi. )

Les Florentins qu'on avait exilés après l'assassinat d'Alexandre, ne demeuraient pas cependant oisiis. Tout occupés du projet de rendre la liberté à leur pairie , ils ramassaient des troupes pour chasser de Florence les Médicis. Etant venus à bout de former une armée , ils entrèrent dans la Toscane , sous le commandement de Philippe Strozzi. Côme, de son côlé, ne négligea rien pour se préparer à une vigoureuse défense. Déjà une partie des ennemis étaient campés à Mont Murlot , qui est à trois milles de Prato , lorsque le duc prit la résolution de les attaquer avant que toutes leurs forces fussent réunies. Ses troupes étant sorties, par son ordre, de Florence pendant la nuit, arrivent, à la pointe du jour, au camp des ennemis, les surprennent, en font un grand carnage , et amènent le reste prisonnier à Ho— rence. Cet événement est du 2 août i53 7 . ( Galuzzi.) Philippe Strozzi, du nombre de ceux qu'on retenait dans les fers, sedonna la mort en iS38 (i ) , tandis qu'on instruisait son procès, après avoir écrit sur le mur de sa prison ce fameux vers de

Lxunarc utiyuts nostris ex ossiuus ultor .

Charles-Quint , a la nouvelle de cette mort , dit en souriant : « Puissent ainsi périr tous mes ennemis ! » Plusieurs des autres prionniers avaient déjà été exécutés, ceux-ci en secret, ceux-là en public. Côme pardonna au plus grand nombre des moins, coupables. Il pensait alors à se marier. Après avoir manqué la main d'une fille naturelle de l'empereur , u épousa , par contrat du 29 mars i53q , Eléonore , fille àe don Pierre de Tolède , vice-roi de N aptes. (Galuzzi.) Apprenant en i543, <jue l'empereur s'était embarqué à Barcelonne pour l'Italie , il se rend à Gênes , le 6 mai , pour le saluer , et l'accompagne de là jusqu'à Milan,, où il prend congé de lui pour retournera Florence, après avoir retiré de lui , moyennant cent cinquante mille écus «1 or , les citadelles de Florence et de Livourne , que ce prûice retenait depuis i53o.

(1) Un moderne prétend que ce fut après avoir subi une très-rude qnestion , et dans la crainte d'en subir une autre encore plus cruelle , que Strozzi se donna*ia môrt. Mais nous ne trouvons point, ces circonstances dans les auteurs contemporain*.

Depuis le passage de Charles VIII , roi de France , et la dernière révolte de Pise , l'université de cette ville était dispersée , et la republique de Florence , après avoir réduit Pise a l'obéissance, avoit été trop distraite par ses troubles internes , pour songer au rétablissement de cette école. La gloire en était réservée à Làme. En i54* , il chargea Philippe del Magiioré de parcourir les villes de Lombardie , pour rassembler les hommes* célèbres de cette contrée. Il forma, sous la direction de Campana , son secrétaire , les statuts relatifs à Tordre et la régie de l'université, dont l'ouverture publique se fit le i er . novembre i543. 11 y eut un nombreux concours d'étudiants. Pour donner* plus de lustre et de renommée à celte école, il y fonda une chaire de botanique; mais ce qui nous étonnerait aujourd'hui, il y établit une chaire d'astrologie , dont il donna l'exercice à un carme , nommé Julien Ristori de Prato , qui s'était acquis une certaine réputation , pour avoir prédit la mort violente du duc Alexandre , et découvert quelques embûches qu'on tendait a Côme. Il fonda quarante bourses pour de jeunes toscans à qui leurs facultés n'auraient pas permis de suivre leur inclination pour les lettres. On peut voir , dans l'histoire de Toscane , par M. Galuzzi , le dénombrement des professeurs qui se distinguèrent dans cette école.

Corne, l'an 1 S4Ô , fait, du port de Livourne, un port franc, après l'avoir construit tout à neuf, et y attire beaucoup d'étrangers , par les privilèges qu'il accorde a ceux qui viendront s établir en cette ville. Le 22 juin de la même année , par ordre de l'empereur , il est mis en possession, par don* Diegue de Metidoza , de la ville de Piombino, de ses forteresses et de ses dépendances , malgré la réclamation delà mère et rutrrce de Jacques VI Appiano, à qui ce fief appartenait ; mais , le 24 juillet suivant , il est obligé de remettre le tout à Ferrante de Gonzague. (Galuzzi.) Ce fut cette même année que Côme le Grand fit ouvrir au public la riche bibliothèque f formée par Côme le Vieux. Soigneux de l'augmenter, il n'épargna point la dépense pour y faire entrer ce qu'il y avait de [dus rare en manuscrits grecs et latins. C'est dans ce dépôt , confié au chapitre de Saint-Laurent , qu'il plaça le célèbre manuscrit de Virgile , regardé comme le plus ancien de ] 'Europe.

Le même amour des lettres le porta , l'an 1 549 , & rétablir l'université de Florence , où il appela d'habiles professeurs , pour y enseigner les lettres grecques et latines , la philosophie et d'autres sciences. L'émulation qui s'éleva entre ces savants , , enfanta une multitude de traductions des ailleurs grecs. Pour faciliter l'édition de leurs ouvrages , il fit venir à Florence

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