‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 40 sur 132 · DES GRANDS-DUCS DE TOSCANE · texte numérisé non relu

DES GRANDS-DUCS DE TOSCANE

lotirent Torrcntin , imprimeur flamand , lui monta une im-

Î>rimerie, avec deux presses et des caractères italiques , ou de 'écriture courante des anciens , et y joignit aussi ues caractère* grecs. Une grosse pension accordée , pour douze ans , à Torrentin , le mit en état de travaillera son aise. Arnaud d'Harlem, ui Pavait accompagné, et s'était fait connaître à Corne par un ictionnairc qu'il lui avait dédié , eut aussi part aux libéralités de ce prince.

Les Siennois , maltraités par la garnison espagnole, qu'ils avaient reçue , se révoltent, le 26 juillet i552 ; et l'ayant contrainte , avec l'aide du comte de Petigliano et des Français , à se retirer, ils se mettent sous la protection de la France. Ce fut le 12 août de cette même année, que Piombino fui rendu au duc , mais pour le tenir en dépôt , et à v condition de le remettre à l'empereur lorsqu'il en aurait besoin.

Côme s'étant concerté , l'an i554 * avec Jacques de Médicis, marquis de Marignan t et général des troupes de l'empereur en Italie, entreprend de se rendre maître de Sienne , occupée par les Français , sous les ordres du maréchal Pierre Strozzi. La nuit du 29 janvier , le duc et le marquis se présentent subitement devant la place, avec une armée qu'ils avaient levée et fait marcher en secret , s'emparent d'un fort que les Français avaient fait construire près de l'une des portes , et répandent la consternation dans la vdle. Mais Strozzi , qui était absent pour lors , étant revenu à la pointe du jour, rassure les Siennois, et oblige les ennemis à se retirer. La guerre est alors déclarée entre le duc et les Français , avec lesquels il avait su jusqu'alors se ménager. Strozzi , le 12 juin suivaut, entre dans la Toscane, où il commet de grands ravages. Mais , le 2 août de la même année , fete de saint Etienne , pape, le duc et le marquis ayant attaqué Strozzi , près de Marciano , le mettent en déroute. Côme , après cette victoire, recouvra facilement les places que les Français lui avaient enlevées : Sienne fut la seule qui lui opposa une vigoureuse résistance. Ce ne fut qu'après un blocus de quatre mois , que le marquis de Marignan vint à bout de la réduire à capituler, le 2 avril 1 555 , malgré la brave défense de Biaise de Montluc , dont les troupes n'évacuèrent la place que le 21 du même mois Cette ville, en vertu de la capitulation , resta libre sous la protection de l'empereur, dont elle reçut garnison, qu'elle devait entretenir à ses frais. Dans le cours de la même année, l'empereur donne l'investiture de Sienne au roi Philippe, son fils ; et, parla, frustre l'espérance du duc de Florence, qui comptait obtenir celte place en dédommagement des grandes sommes qu'il avait avancées à l'empereur pour la conquérir» Enfin , l'an 1 55y , Côme apprenant que

Philippe voulait céder la ville de Sienne aux Caraffes , employa tant de manège, pour avoir la préférence, qu'elle lui fut accordée. Le traité , en vertu duquel il se mit en possession de Sienne, est du 3 de juillet, et contient l'exception de plusieurs places dépendantes de cette ville (ce sont celles que Ton nomme degU presidi), avec diverses obligations du duc envers le roi d'Espagne. ( Sienne s'était gouvernée long-tems en forme de république, et avait tenu téte aux Florentins , qui voulaient la subjuguer. Depuis une grande victoire qu'elle avait gagnée sur eux , le 4 septembre 1260 , et qui pensa entraîner la ruine de Florence , ils n'avaient osé l'attaquer à force ouverte. Sienne , vers la fin du quinzième siècle^ fut tyrannisée par un de ses citoyens, nommé Pandolfe Pétrucci , que Machiavel donne pour le modèle des usurpateurs. Les troubles qui s'élevèrent après sa mort , entre le peuple et la noblesse , favorisèrent les entreprises des puissances étrangères surcetle ville , et lui firent perdre enfin là liberté. )

La nécessité de défendre les côtes de Toscane contre les corsaires , et surtout contre les Turcs, engagea Côme à instituer, l'an i56o , et non i5fo (Sponde), Tordre militaire et religieux de Saint-Etienne i pape , dont il réserva la grancTmaîtrise pour lui et ses successeurs. « On est admis dans cet ordre, » dit M. de la Lande, ou par justice, à raison de la naissance , ou » par grâce spéciale du grand maître, ou enfin par droit de com- » manderie, comme en ayant fondé, ou étant descendant des fon~

* dateurs. 11 y a au moins, ajoute-t-il , quatre cents chevaliers; >* ils ne sont powit obligés au célibat , comme les chevaliers de » Malte ; mais ils font les preuves de noblesse. Tous les cheva- » liers portent sur leur habit une croix à huit pointes , de satin

• rouge, et sur leur poitrine , «ne petite croix dor, attachée » avec un ruban couleur de feu », Depuis Paul IV, qui confirma la chevalerie de Saini-Etienne par sa bulle du 6 juillet i56a, plusieurs papes lui ont accordé divers privilèges. Le chef-lieu de cette chevalerie est à Pise.

La mort ravit à Côme, dans le mois de novembre i56a, deux de ses fils ; Jean , cardinal, âgé de dix-neuf ans , et Gardas, plus jeune de quatre ans.* Le bruit courut que le cadet avait tué l'aîné à la chasse, et que le duc ayant fait venir Garcias dans la chambre où Ton avait transporté le cadavre , le sang de la plaie commença à bouillir en présence du nouveau Caïn ; ce que voyant le père , il arracha, de désespoir, à- Garcias le poignard avec lequel il avait commis son crime, et le lui plongea dans le sein. Si ce récit est un conte ou une vérité \ dit Muratori, c'est ce que j'ignore; ce qui est certain, c'est que la duchesse fcléonore ne survéout que peu de jours à la perte.

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àt ses deox fils ; et sa mort combla la douleur fie* son époux. Elle laissait encore trois autres fils: François-Marte , Ferdinand et Pierre ; avec deux tilles : Lucrèce, femme d'Alfonse II , duc tle Ferrare (que quelques-uns prétendent, sans fondement f avoir été mise à mort par ordre de son époux); et Isabelle , mariée à Jourdain des Ursins , duc de Bracciano. Le pape Pie IV, ami de Come, fit , pour le consoler , Ferdinand , son second fils , cardinal , à l'âge de quatorze ans. ( Eiéonore avait en telle vénération la fameuse Lucrèce à cause de sa chasteté, Qu'elle prit pour emblème cette dame s'enfonçant un poignard dans le sein, et prononçant ces mots : Farnarn seroare mémento.)

L'an i5G4> Corne se trouvant infirme, et voulant former aux affaires le prince Françqis-Marie, son fils aîné , pour lors âgé de vingt-cinq ans , lui résigne le gouvernement de son duché, dans le mois de juin, se réservant toutefois le titre ducal.

Le pape Pie V , héritier des sentiments de son prédécesseur envers Corne, le déclare grand-duc, le i er . septembre 1569 (et non le 27 août 1670, comme le marque Chazot), sans avoir consulté le sacré collège. Les ministres de l'empereur et du roi d'Espagne protestent contre cette entreprise, comme contraire aux droits de leurs maîtres , dont le premier se pré** tendait suzerain de Florence , et l'autre de la seigneurie de Sienne» Le pape, sans égard à ces protestations, fait venir CC>mc. à Rome, l'année suivante , et lui donne solennellement la couronne royale et le sceptre : cérémonie à laquelle aucun des ambassadeurs des princes , excepté celui de Savoie , ne voulut assister. Côme finit ses jours le 21 avril iSj^. (Muratori.) Après la mort de la duchesse Eléonore , il s'était attaché à une pauvre fille nommée Camille Marelli , que le pape Pie V l'obligea d'épouser le.aq mars tSjo. U eut d'elle deux fils, Pierre et Jean, qui se signalèrent dans les armes; avec une fille, Virginie, mariée à César d'Est, duc de Modène. Côme avait les qualités de corps et d'esprit qui font les grands princes.

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