‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 46 sur 132 · JEAN-GASTON DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

JEAN-GASTON DE MÉDICIS

1723. Jean-Gaston, fils de Côme III et de Marguerite- Louise de Bourbon- Orléans, né le 26. mai 167 1 , marié, le x juillet 1697, avec Anne-Marie de Saxe-Lawxnbouag, veuve de Philippe-Guillaume de Bavière, électeur palatin , succède k son père dans le grand-duché de Toscane. Comme il n'avait point d'enfants, ainsi que le duc de Parme, son plus proche

Ï>arent, ils virent l'un et l'autre disposer de leurs états pendant eur vie, et long-tems même avant leur mort. L'an 1725, le 3o avril , l'empereur et le roi d'Espagne firent un traité à yienne, par lequel la succession éventuelle du grand-duché de Toscane et des duchés de Parme et de Plaisance, fut assurée à l'infant dqn Carlos , comme étant aux droits d'Elisabeth Farnèse, sa mère , petite-fille, par Odoard , son père, de Ranuce II, duc de Parme.

Nouveau traité conclu, le 3 octobre 1735, entre l'empereur, la France et l'Espagne, portant que François, duc de Lorraine et de Bar, aurait, à la place de don Carlos, la succession éventuelle de la Toscane , en échange de ses duchés, qu'il cédérait 5 Stanislas , roi titulaire de Pologne. Jean Gaston demandait plaisamment si on ne lui donnerait pas un troisième héritier , et quel enfant l'empire et la France voulaient lui faire pour lui succéder. 11 meurt enfin, le 9 juillet de l'an 1737. Celait un prince , dit Muratori , d 'un grand sens , d 'une extrême affabilité , et très— zélé pour le bien de ses sujets. Quoique sa mauvaise santé l'obligeât de garder presque toujours la chambre ou le lit , il eut soin , par le choix qu 'il fit de ministres sages et désintéressés , de faire observer une justice exacte dans ses états , . et de diminuer les fardeaux publics , loin de les augmenter. Ce sont les mêmes couleurs qu'emploie M. Galuzzi dans le portrait de ce prince. « Né, dit-il, avec du génie, Gaston avait su l'éclairer » des lumières de la raison et de la saine philosophie ; ses » grandes connaissances ne faisaient pas moins 1 admiration des » gens simples , que des savants et des philosophes. On ne peut - » désirer, dans un prince, de plus belles qualités morales ; et » tant qu'il lui fut permis de jouir des facultés de son esprit et » des forces de son corps, il s'appliqua sans relâche au bon- » heur de ses peuples; de sorte que les. sept premières années m de son régne , peuvent se compter parmi les plus brillant-os » dont ait joui la Toscane , même dans ses plus glorieuses *> époques. Ses défauts furent exagérés par la haine des dévots;. . » ils lui en prêtèrent encore f traitant de vices les manières

DES GRANDS-DUCS DE TOSCANE. ç>5

» ouvertes , l'affabilité , la modération de ce prince , dont le gouvernement ne flattait pas leur intérêt et leur orgueil. » Mais sa gloire ne put être obscursie; et les larme du peuple , » à sa mort , furent un témoignage assuré de sa vertu. »

Après la mort de Jean Gaston , le prince de Craon se rendit au sénat de Florence , et y fit prêter serment , pour le duc de Lorraine , aux membres de cette compagnie. Le roi de France f fut par-là , déchargé du paiement des quatre millions cinq cent mille livres qu'il s'était obligé de payer au duc de Lorraine , jusqu'à ce qu'il fût en possession de la Toscane.

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