FRANÇOIS - MARIE
i5o8. François -Marie de la Rovèré , fils de Jean de la îtovère,duc deSoraet comte d'IUigubio, et de Jeanne deMontéfeltro , né le &4 mars *49 l i préfet de Rome , succède au duc Gui-Ubald, son oncle maternel, dans le duché d'Urbin, et à ton père, dans celui de Sora et le comté d'Eugubio. L'aQ,i5pg*
I04 CHRONOLOGIE HISÎORÎQUÊ
]<• pape Jules II, son oncle, le déclare général des troupes éê l église. François- Marie lit paraître beaucoup de valeur et d'habileté dans la guerre du pape contre les Vénitiens, et dans celle qui suivit contre le duc de Ferrare. L'an 1 5 1 1 , le cardinal Kiaire, légat de l'armée ecclésiastique à Bologne , le noircit dans l'esprit du pape , en l'accusant d'intelligence avec le rot de France, à la cour duquel il avait été élevé. Irrité de cette accusation , qui était fausse , quoiqu'il blâmât la conduite de son oncle envers ce monarque , il poignarde le cardinal de sa propre main. La politique, ou l'amour de la justice, ne permit pas à Jules 11 de laisser ce crime impuni. Il nt procéder contre le meurtrier, et le déclara déchu de toute dignité ; mais, au bout de cinq mois , il le réhabilita et lui rendit ses bonnes grâces. L'an i5ib\ Léon X, successeur de Jules , fait revivre le procès du ducd'Urbin, le déclare déchu de son duché; et, s'en étant emparé par la voie des armes, avec le secours des Florentins, il en investit, le 5 mai iSiG , Laurent de Médicis, son neveu (i), après la mort duquel, arrivée le 4 mat de l'an i5ig, Léon fit administrer cet état par le légat de la Komagne. (Galuzzi. ) François-Marie fit de vains efforts, tarit que ce pape vécut, pour recouvrer son état. Mais, l'an iSaa* sous le pontificat d'Adrien VI, s'étant ligué avec Malatesta et Horace Baglione , il le reconquit en quatre jours les armes à ta main. L'an i5s6, il eut le commandement des troupes de la ligue, conclue, le 2a mai de cette année, à Cognac* entre le pape , les rois de France et d'Angleterre , les Vénitiens et les Florentins, pour rétablir François-Marie Sforce , dur. Je Milan, et chasser d'Italie les Impériaux. 11 acquit peu de gloire dans cette guerre, qui tourna toujours au désavantage des alliés.
- tV*^ -*A » ii« >>J . Wt ^Vi. • ''*♦*•;'.« "L* 1 ■. Ml U't* 1ti*Htimvtk » 1 ■ . 1 ■ . 1 ■ . 1 m m . ' . ' " >
. (1) Le duché d'Urbin avait été donné, par Léon , à Laurent de Médicis, pour passer après lui à ses (ils, descendants, successeurs et héritiers. Laurent, de son mariage avec Madeleine de la Tour, fille de Jean de la Tour , comte de Boulogne, ne laissa qu'une fille , Catherine de , qui dev int reine de France. Les conjonctures n'eyant pas permis à Clément VU de la remettre en possession de ce duché* , ce pontife fut très-atténtif à lui conserver les droits qu'elle y avait, la regardant toujours comme duchesse d'Urbin , et la désignant comme telle dans les actes publics. En effet , elle fut rappelée , sous ce titre , dans
Son contrat de mariage de i533, et ces droits ne furent pas compris ans la renonciation générale qu elle fit au pape Clément V H , de tout ses autres biens et droits paternels. Catherine, par son testament, céda, ses droits sur le duché d'Urbin , à Christine, sa nièce , fille de Charles III , du.c de Lorraine , qui les porta à Ferdinand I , grand -duc de" Fhirence , en répoji6ant.(Galu*ii ) • • *
Drs dvcs n^uRcm. io5
Sa première opéra! ion fut de inarcher au secours du due de Milan , assiégé dans le château de sa capitale , par les Impériaux. Mais, quoiqu'à la tête de vingt mille vénitiens , d'un corps considérable des troupes de l'église et de cinq mille ses, il laissâ prendre la place à sa vue , le 24 juillet , par le connétable de Bourbon, infiniment inoin6 fort que lui , mais plus hardi et plus vigilant. Il est vrai qu'il réussit à prendre Cré- ' mone, le ;>3 août suivant ; mais ce succès devint funeste aux affaires de la ligue. Le tems qu'il emplova à cette conquête, laissa au connétable celui de recevoir d'Allemagne les renforts dont il avait besoin ; ce qui le mit en état d aller escalader Borne l'année suivante. Forcé de se mettre en marche pour aller délivrer le pane, bloqué dans le château Saint \nge, après le sac de Rome , le duc d'Ui bin sft contenta de se montrer sur des hauteurs aux Romains, disparut ensuite, et mit par là le comble a la honte dont il s'était couvert devant Milan. L'an l535 , François-Marie joignit à son duché d'Urbin , celui de Camerino, par le mariage de son fils avec Julie Varane , qui en était héritière. Ce prince mourut le at octobre i538, laissant d'ELEONORE Hippolyte de Gonzague , son épouse , fille de
IÔ38. Gui-UBALD Il DE LA ROVRRE, né le 2 aVfîl succède au duc François-Marie, soii père. L'an t53p,, le pape Paul 111 , passionné pour l'élévation de sa famille , M'oblige' à lui abandonner Camerino , qu'il prétendait être dévolu au sàinf siège, faute d'hoirs mâles, et le donne à son petit-fils Octave Farnèse. Gui-Ubald fut capitaine-général des Vénitiens, et ensuite de l'église , sous le pontificat de Jules III. Le roi Philippe Il lui donna aussi le commandement de ses armées en Italie , et l'honora du collier de la Toison-d'Or. Il mourut à Pésaro , le 29 septembre" i5y4 ( e t non 1678, comme le marque Chazot , peu regretté de ses sujets, qui s'étaient révoltés contre lui l'année précédente à l'occasion des impôts dont il les avait chargés. (Muratori.) 11 avait épousé , i°. Julie, fille et héritière de Jean- Marie Varane, duc de Camerino; a°. Victoire tfarnèse, fille de Pierre Louis, premier duc de Parme., dont il 'laissa trois fils et quatre filles.