‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 52 sur 132 · FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC

i444. Fbédébic, fils naturel de Gui-Antoine, succède à Ode-Antoine, son frère, par l'élection du peuple. Il avait mérité cette faveur , malgré le défaut de sa naissance , par des actions de valeur éclatantes. H soutint, dans la suite, la réputation qo'il s'était acquise. François Sforce , l'an ! 445, lui donna le commandement de ses troupes , après la mort de Nicolas Piccinioo , son général. L'an i447 t le 3 septembre , il battit Sigismond Malatesta , seigneur de Kimini , qui était venu assié* ger la place de Fossombrone , que Frédéric avait acquise, et dont il jouissait paisiblement. Au mois de novembre suivant , il marcha avec six cents chevaux et mille hommes de pied , au secours des Florentins , contre Alfonse , roi d'Aragon et de Naples, qui était venu les attaquer. S'étant réconcilié , l'an 14^7, avec ce prince, il fit la guerre pour lui à Sigismond Malatesta , dont Alfonse était mécontent. Le comte Frédéric et Jacques Picckiino prirent , cette année et les deux suivantes , a Malatesta, cinquante-sept châteaux, dont ils brûlèrent trentesept , et l'eussent entièrement dépouillé , si le pape ne se fut entremis pour faire sa paix avec Alfonse. Frédéric, Tan 1460 , s étant déclaré pour Ferdinand , roi de Naples, contre Jean «l'Anjou , son compétiteur , est battu , le 27 juillet ? avec une perte considérable, par ce même Pircinino, qui commandait les troupes du dur d'Anjou. L*anV463, la guerre se renouvelle entre Frédéric et Sigismond Malatesta, son ancien ennemi , et relui du pape Pie 11, Le premier assiège par terre la ville de Fa no , tandis que le cardinal Jacques de Tiano l'at— jacjue aveç une flotte par mer. La place lut ouvre ses portes f

loa CHRONOLOGIE HISTORIQUE

le 26 septembre , et cette prise est suivie de celle de Sinigâglîa et d'autres places ; en sorte tjue Malatesta se trouva réduit à la «eu le ville de Rimini , et a quelques petits châteaux. L'an 1467 (et non 1466) , les Florentins , se voyant menacés par les Pitti et les autres exilés de Florence, qui avaient mis à leur tête Barthelemi Coléone , choisissent Frédéric pour général de leurs troupes. H marche au secours de Pise , assiégée par Coléone; délivre la place, et, s'étant ensuite avancé dans le Rolonez, il est attaqué par Coléone, qui lui livre bataille , le 2S juillet , sur les bords de la rivière de Riccardi. L'action commença vers la fin du jour ; et la nuit étant Venue , on continua de se battre à la lueur des flambeaux , portés par les éeuyers à la suite de leurs maîtres, comme on avait coutume de. faire dans- les tournois. Malgré cet acharnement , la victoire demeura indécise. L'an i4t4* Frédéric est honoré du ttfre de duc par le pape Sixte IV. Il marche , l'an 1478 , avec Alfonse, duc de Calaore , à la tête des troupes du pape et du roi de Naples , contre les Florentins. (Voy. la Toscane.) L'an 1482, il est fait général de la ligue conclue, en faveur du duc de Ferra re , par le roi de Naples , le marquis de Mantoue , les Florentins j etc. , contre le pape et les Vénitiens. {Voy.> Hercule 1 , duc de Fer- Tare. ) Il meurt le 10 septembre de la même année, à l'#ge de soixante ans. Il avait épousé, i°. Gentïle Braogal^kjWE \ 2 0 . l'an 1459, Baptiste Sforce, fille d'Alexandre Sforco (morte l'an 1472) , dont il laissa Gui-Ubald, qui suif, Jeanne * femme de Jean de la Rovère; Elisabeth, mariée à Robert Malatesta, seigneur de Raminir et d'autres fdles. Le duc Frédéric , dit Raphaël Volaterran , fut regardé comme un autre Philippe de Macédoine; et dans le vra'p, ce prince, ajout e-t-il, réunissait en sa personne tant de belles qualités, qu'il ne le cédait à aucun des capitaines de son tems. Magnifique autant que le lui permettaient ses facultés, il fit élever dans Urbin , suivant Léandre Alberti, un superbe palais, qu'il décora d'une bibliothèque fournie d'une infinité de livres précieux , dont les couvertures étaient de soie, et ornées, la plupart, de lames d'or et d argent.

GUI-UBALD I.

1482. Gui-Ubald de Motît^feltro, né le a4 janvier 1472, succède à Frédéric, son père, à l'âge de dix ans. 11 marcha sur ses traces glorieuses, et. se distingua de bonne heure dans le parti des armes. Il servit utilement le pape Innocent VI II dans la guerre qu'il eut avec le roi de Naples. L'an 1497 , le pape Alexandre Vf le mit , avec son fils César Borgia , duc de Candie , à la tête ile ses troupes , pour aller faire le siège de Bracciano , pu**

ses duc* n'uiuMtfj > <o3

tèâè par les Ursins , qu'il avait entrepris de dépouiller. Mais Charles des Ursins, secondé par Rarthelcmi l'Alviano , le» obligea de se retirer, et, les ayant poursuivis dans leur retraite, les attaqua entre Bassano et Soriano , et iit prisonnier le duc d'Urbin. Cet échec, dit Muratori , ralentit l'ardeur guerrière du pape, et le détermina à faire la paix avec les Ursins. L'an l es Vénitieus qui , depuis deux. ans r four-

nissaient du secours aux Pisans contre les Florentins, les voyant serrés de près par leurs ennemis , soudoient les meilleurs «m— dotiieri d'Italie , du nombre desquels fut le duc d'Urbin, pour les délivrer. La paix se fit' le b avril de Tannée suivante , par l'arbitrage du duc de Fer rare, après une guerre longue et ruineuse pour les Florentins. L'an i5oa v César Borgia, qui convoitait le duché d'Urbin, demande à Gui-Ubald ses troupes et son artillerie , sous prétexte de s'en servir pour attaquer l état de Camerino. Les ayant obtenues , parce qu'il était dangereux de les lui refuser, il les emploie pour envahir le duché d'Urbir, La chose fut aisée vis-à-vis d'un prince désarmé. Gui - Ubald s'enfuit , travesti , auprès du duc de Ma n loue , son beau frère ; et Borgia, sans coup férir, se vit maître de quatre bonnes villes et de trois cents châteaux, qui composaient le duché d'Urbin. Telle fut la récompense de l'attachement que Gui- Ubald avait toujours témoigné pour le saint siège. L'an i5o3, après la mort d'Alexandre VI , Gui-Ubald rentre dans son duché, dont le pape Jules 11 lui confirma, l'année suivante, la possession. Cette faveur singulière de Jules, qui ne cherchait qu'à dépouiller ses* voisins, n'était pas sans intérêt. Voyant Gui-Ubald sans enfants et sans espérance d'en avoir, il voulait l'engager par là à choisir pour son fils adoptif , François- Maria de la Bovère, neveu du pontife par son père, et de Gui- Ubald par sa mère , ce qui réussit. Gui - Ubald mourut le 23 avril i5o8. Dès l'âge de vingt ans, il était tellement rongé de la goutte, qu'il ne pouvait se tenir sur ses pieds, en sorle qu'il était obligé de se taire porter en chaise à l'armée. Il avait épousé Isabelle de Gonzague, fille de Frédéric, marquis deMaotoue, laquelle survécut à son époux, et signala sa vie par ses aumônes et ses autres bonnes œuvres. — ~. > ■

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