‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 70 sur 132 · DES DCCS DE POWLLE ET DE CALABRE. I · texte numérisé non relu

DES DCCS DE POWLLE ET DE CALABRE. I

Lorraine. D'autres milices Tétant venu joindre, il marche aux Normands dans le dessein de les combattre. La bataille se

par Humphred e^ Robert Guiscard , son frère. Léon est obligé de se remettre entre les mains des vainqueurs, qui se jettent à ses pieds, les baisent et lui demandent l'absolu; ion de leurs pèches. On le conduit', comme il le souhaitait, à Benévent , ou il arrive le 2.3 juin ; et il y reste comme prisonnier sur sa parole. L'année suivante, au mois de mais, il fait la paix avec les Normands , eur rend ses bonnes grâces, les reconnaît pour feudataires de 'église, et leur accorde en fief, relevant du saint siège, toutes es conquêtes qu'ils ont faites et feront en Calabre et dans la Sicile ; se faisaut ainsi des vassaux sur le fonds d'aulrui , et s'etablissant suzerain de ce qui appartenait à l'empire d'Orient. (Gaufr. Malaterra, llisl. liv. 1.)

Humphred , jaloux des progrès de Robert , son frère, en Calabre, le fait arrêter, l'an io54, le met en prison, le délivre ensuite, et lui accorde en propriété tout ce qu'il avait conquis en ce pays. L'an 1007, liumplueil termine ses jours, laissant Un fils nommé Abaillard ou Abagilard.

ROflERT, dit GUISCAJVD ou WISÇARD.

Robert, surnommé Guiscard ou Wiscard , qui signifie en langage normand adroit et rusé, fils de Tancrède de Hauteville et de Frédésine, sa seconde femme, se met en possession des états de Humphred, son frère, et chasse Abaillard, son neveu, qui voulait lui résister. S'étant rendu maître de Reggio

normands, et y ajoute la Sicile, qui était à conquérir. (Saint- Marc, tom. UI, p. iq3, col 1.) C'est à ce sujet que le poète Guillaume de la Pouille dit :

Robertum donat Nicolaus honore ducali.

Rober^ alors s'empare d'une autorité que ses frères n'avaient point exercée. L'an 1001 , Roger, frère de Robert, forme, de

les en avaient chassés environ l'an 44°)- Roger passe dans cette

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île avec cent soixante cavaliers pour reconnaître le pays. La garnison de Messine l'ayant aperçu fait une sortie sur lui. H la met en déroute et revient en Calabre avec un but in consitlérable. Au mois de mai de la même année, Robert et Koger font une descente en Sicile, chacun de son côté: Roger s'empare de Messine avec cent cinquante cavaliers. Les deux frères s'etant rejoints , défont l'année des Sarrasins , pénètrent jusqu'à Gîrgenti , ravagent divers cantons , mettent en quartiers d'hiver une partie de leurs troupes et repassent la mer. Robert et Roger se brouillent , en io<>2 , au sujet «le la Calabre , dont le premier refusa M au second la moîlié qu'il lui avait promise. Robert assiège Melito, la seule place dont Roger était en possession. Pendant ce siège , qui fut long , Roger va s'emparer de Giéroca, dont les habitants étaient d'intelli ence avec lui. Robert accourt pour reprendre la place ; s'y étant introduit secrètement , il est reconnu et fait prisonnier par les habitants, qui veulent le. tuer. Roger lui fait rendre la liberté, et a pour sa récompense la moitié de la Calabre. Roger passe ensuite en Sicile , où il fait de nouveaux progrès.

L'an xofH, avec cent trente. six normands, tant eavaliers que fantassins , suivant Geoffroi Malaterra, il bat l'armée des Sarrasins, dont il lue quinze mille hommes, met le reste en déroule, les poursuit le lendemain, et de vingt mille qu'ils étaient en massacre encore un grand nombre. L'année suivante , Robert et Roger attaquent la ville de Païenne, et se retirent après trois mois de siège. Roger continue ses expéditions en Sicile avec de nouveaux succès, et fait bâtir, en lotir», la forteresse de Pcrrélia, qui lui fut d'un grand s> cours pour la conqu le de l'île. Robert, de son côté, marche de conquêtes en conquêtes dans les terres d'Italie appartenantes aux Grecs. Roger, dans les courses qu'il fait aux environs de Palermc , se Irouve enveloppé, l'an 1068, par l'armée des Sarrasins. Il se défend avec sa petite troupe, de manière qu'il ne reste pas un des ennemis en vie pour aller porter la nouvelle de cette action à Palermc. Robert, de retour en terre ferme, entreprend le siège de Bari , qui l'occupe l'espace de près de quatre ans. Roijer, son frère, vient à son secours, l'an 1071 , avec une flotte. 11 attaque celle des Grecs, prend la capitane , fait prisonnier le général Goulin , met en fuite le reste des vaisseaux ennemis, et par là ob'.ige la place à ce rendre ; Robert y (ait son entrée te 1 > avril. Après cette expédition, Roger repasse en Sicile. Il as.iege < atane, qui fait une vigoureuse résistance. Robert ayant amené du secours à son frère sur la lin de juillet , ils prennent la place, et vont faire le siège , par terre et par mer, de Palermc, qu'ils emportent le 10 janvier 1072, après

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Une bataille navale gagnée sur les Infidèles. C'est proprement à cette époque que Roger devient réellement comte de Sicile, quoique son frère lui en eût donné le titre dès l'an lob'i. Mais en lui abandonnant celte portion de leur conquête , Robert se réserva Palerme, la moitié de la ville de Messine et la souveraineté sur toute l'île. ( Matalerra , liv. 3 , c. i6.)

Le pape Grégoire VU étant venu, Tan jo;3, dans la Pouille, entame, avec Robert et son frère, une négociation dont on ignore l'objet. Elle échoue par le refus q*ue Fait le pape d'accorder aux princes normands ce qu'ils lui demandaient. Grégoire, l'an 1074, excommunie, dans le concile qu'il tient à Rome la première semaine de Carême , Robert Guiscard , parce qu'il refusait de lui faire hommage. L'an 1077, Robert, à la sollicitation des Amalfitains, mécontents de Gisulfe, prince de Salerne, leur souverain , beau-frère de Robert , et avec le secours de Richard, prince de Capoue, vient faire le siège de Salerne par mer et par terre. Pressés par la famine, les assiégés ouvrent leurs portes aux Normands. Gisulfe se relire dans la forteresse, et le manque de provisions l'oblige bientôt à capituler. 11 se- réfugie auprès du pape, son ami, qui lui donne le gouvernement de la Campanie ou campagne de Rome. ( Voy. tes princes de Salerne:)' Robert s'assure la prise de Salerne, par un fort imprenable qu'il fait bâtir dans fa plaine. Après cette conquête , Robert va continuer la çuerre dans la Campanie , sur les terres du saint siège. Grégoire se prépare à marcher contre lui à la té*te de ses troupes , et Aobert se retire à Capoue. Le u] décembre suivant , il se présente devant Rénévent , dont il fait le siège, tandis que Richard, prince de Capoue, avec lequel il s'était concerté, va faire celui de Naples-. L'an 107^, le .5 mars , Grégoire, à la fin du concile qu'il célébrait à Rome, excommunie tous les Normands , pour les usurpations qu'ils 0:1 1 faites et se disposent à faire sur l'église romaine. Cet anathème nVmpêcha pas Robert de continuer le siège de Bénévent : mais Richard, prince de Capoue, étant mort à celui de Maplfs, le i3 avril suivant, et Jourdain, son fil» et son successeur, s'étant déclaré pour le pape, le duc de 'la Pouille abandonne son entreprise. Plusieurs vassaux de Robert et plusieurs villes de sa dépendance se révoltent à Va persuasion de Jourdain. Le plus obstiné des conjurés fut Abaillard, fils d'Humphred et neveu de Robert , qui l'avait dépouillé de son héritage. Après divers sièges et bien des combat* , dont les succès furent variés, Robert pris le parti de s'accommoder avec Jourdain. ( Mnratori , Annah\ tom. VI, pag. 257.) La paix qu'ils tirent fut la ruine des affaires d'Abaillard. N'ayant plus de ressources dans le pays, il prend la iuite et se relire à Conslautiiiople où il finit ses

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jours. Van 1080 (et non 1077, comme le marque Pagi), pape Grégoire VU , pressé par l'empereur Henri IV, pense k regagner le duc Robert* pour l'opposer à, çe prince. Sollicité par les émissaires du pontife, Kobert lui écrivit une Leitrq respectueuse par laquelle il le prie 4e venir en Fouille au plu-r tôt pour recevoir les marques de sa. soumission. Grégoire s'j| étant rendu apeès la Pentecôte, Robert, le 29 juin, lui fait hommage de ses terres, et en reçoit de lui l'investiture par l'étendard, dans la vflle d'Aquino, ou k Rénévenl, suivant le poê'te Guillaume delà Pouille. On prétend, et c'était le bruit commun, dit ce dernier qui est un écrivain du tenos , que , pour mieux engager Robert dans ses intérêts , Grégoire lut promit le royaume d'Italie.

Romani regni sibi promisisse toron am Papa fcrebatur. (Guillelm. Appui., 1.3.)

Robert , la même année , prend le parti d'un imposteur, qui , «'étant rendu auprès de lui , se donnait pour l'empereur Michel Parapinace, beau-frère de Robert, que Nicéphore Botoniate avait supplanté. Robert s'étanl embarqué, l'an 1081, avec son fils Boémond et le faux empereur Michel , va faire le siège de Corfou , dont il se rend maître. H s'empare ensuite de But route et de la Vallone, après quoi il assiège Durazzu. Alexis Comnène, nouvel empereur nés Grecs, vient au secours de la place avec une armée formidable. Robert, quoiqu'inférieur en forces, lui livre bataille et remporte la victoire le 18 octobre. Le faux empereur Michel reste mort sur le champ de babaille. Loup Protospate met cet événement en 108a, parce qu'il commence l'année avec les Grecs au premier septembre, liobert, victorieux, reprend le siège de Durazzo, qui l'occupe tout l'hiver, fcnfin U 8 février 1082, par la trahison d'un citoyen, il escalade la

Ïdace , où il fait prisonnier le Gis de Dominique 3ilWo , doge le Venise , avec plusieurs vénitiens qui étaient venus au secours des Grecs. Après cette conquête, sur le bruit vrai ou faux, que l'empereur Henri IV se disposait à porter la guerre en Pouille , Robert retourné en Italie , laissant en Albanie son fil* , Boémond , avec une armée , et va débarquer à Otrantc.

L'an 1084, le pape Grégoire VJI se trouyant assiégé par l'empereur dans le château Saint-Ange, presse Robert, par ses envoyés et par ses lettres , de venir le délivrer. Robert se met aussitôt en marche; et l'empereur, prévenu par lui-même île son arrivée , sort de Rome trois jours avant qu'il y entre , c'està-dire au commencement de mai. Robert délivre le pape et le conduit au palais de Latran , après avoir saccagé Rome. Pendant quelques jouis qu'il reste à Rouie, il force les Romains de

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se raccommoder avec le pape et d'abandonner le parti de l'empereur; mais ce ne fut qu'après en avoir puni les plus coupables, en les réduisant à l esclavage et à beaucoup d'autres peines. Robert quitte ensuite Rome, emmenant avec lui Grégoire , qui ue devait pas s'exposer au ressentiment des Romains irrités du traitement rigoureux qu'ils venaient dVssuyer. Le duc ie conduit d abord au Mont-Cassin. ensuite à >alerne, ou, jusqu'à sa mort, Grégoire reçoit de l'abbé Didier, l'un de ses plus grands partisans, tout ce qui était nécessaire pour l'entretenir avec sa suite. Ce lut pendant ce séjour qne Grégoire, à la prière de Robert, (it la dédicace d'une magnifique église que ce prince avait bâtie à Salerne. Son lils lineinond revient aUn» d'Albanie lui demander des secours d'hommes et d'argent , parce que son armée, faute de paiement, menaçait de se révolter, et que l'empereur grec Alexis travaillait sourdement à la débaucher. « Robert, dont tous les préparatifs étaient faits, m sVmbarqua pour l'Albanie au commencement de l'automne >* ( 1084), menant avec lui sa femme et son fils le duc Roger. » Au mois de novembre, il combat les Hottes unies des Grecs et » des Vénitiens, leur coule à fond deux vaisseaux avec toute * leur charge , leur en prend plusieurs autres , leur tue quel- » ques milliers d'hommes et fait deux mille prisonniers. La » suite de cette victoire est la levée du siège de Corfou , rom- >» mencé par les Grecs avec le secours dfs Vénitiens. » (Murât.)

L'an 10N.S, Robert ayant séjourné durant I hiver en Albanie, passe dans l'île de Céphalouie pour en faire la conquête. Il y meurt le 17 juillet , pust multomm, dit Berthold de < .mis» an» <• , pauperum et divitum oppressionem , eu jus aoariirœ ner, Ùici/ia ntc Cahibria sufferit. Onleric Vital, Guillaume de Malmesburi , Albéric et d'autres chroniqueurs, français ou anglais, attribuent sa mort au poison que sa femme, selon eux, lui fit prendre à la sollicitation de l'empereur Alexis, qui lui avait promis, ajoutent-ils, de l'épouser pour récompense de son crime. Mais ils sont démentis par le silence de Guillaume de la Pouille et de Romuald de Salerne, deux auteurs contemporains et nationaax dont les récits ne laissent rien apercevoir d'extraordinaire dans Il mort de Robert Guiscard. Apres cet événement, la duchesse, sa veuve, se hâte de repasser en Italie, pour disposer tes peuples de Pouille et de Calabre à .reconnaître Roger, son fils, qui l'accompagnait» pour son successeur. Mais à peine Roger est-il parti , que saisie d'une terreur panique, comme si le monde entier, dit Muratori, était tombé avec Robert Guiscard, son armée abandonne armes et bagages, court aux vaisseaux, où elle s'embarque comme elle peut, et fait voile vers Otraale. La plupart de ces bâtiments furent submergés;

celui qui portait le corps de Robert eut le n péchfi ce cadavre avec peine, et on l'enter»^ à Venose. llurazzo et les autres conquêtes que Robert avait faites au-delà de la mer ne tardent pas à retourner sous la puissance des Grecs. Robert avait éppuse , i°. Alberadk, laquelle, ayant été répudiée sons prétexte de parenté, Tan io5tf, se retira à Venise, où elle mourut , au plutôt, Tan ina; SiKhLGAÏTE , fille de Gaimar IV, prince de Salcrne (deçedée en ukjo, et enterrée au Mont-Cassin ). Du premier lit il eut lîoéinond , qu'il (il prince de Tarcnte, et qui, s'étant ensuite signale dans la première croisade , devint prince d'Antioche; et Gui , qui , ayant accompagné Jîoémond, son frère, dans son expédition contre, les Grecs, mourut au retour, l'an 1107. Un ancien auteur ( apnd Diu hesne, Uïst. .F/. , tome IV, page o,5 ) , raconte que 1 .ni , étant à l'article de la mort, pria son frère de lui pardonner ce qu'il avait fait contre ses intérêts : sur quoi Roemond lui ayant demandé de s'expliquer, il lui avoua qu'il avait promis à l'empereur Alexis d'épouser sa iule à condition qu'elle lui apporterait Du razzo pour sa dot ; qu'en conséquence il avait animé secrètement les bourgeois de la place à soutenir vigoureusement le siège qu'il en faisait avec son frère , et que c'était la raison qui les avait empêches de se rendre. I.. 'anonyme ajout e que lioéînond lut tellement irrité de cet aveu, qu'il quitta son frère en le chargeant de malédictions. Du second lit de itoberi sortirent Roger, qui suit ; deux autres fils qu'on ne connaît point , et cinq filles, dont l'aînée, fiancée, en 107 G, au jeune Constantin Ducas , fut envoyée à Constautinople , où les Grecs lui donnèrent le nom d'Hélène; la seconde fut mariée, en »«77, à Hugues, fils d'Albert Azzon 11, marqu s d'hier ; la hoisième., nommée Mat hilde ou Almaïde, épousa, 1 an 107^, Raymond 11, comte de Barcelone, puis Amauri II, vicomte de Narbonne; la quatrième, nommée Sibylle, fut mar.ee a t'.bles U,, comte de Rouci; la cinquième, appelée M.ilhiide et surnommée Coin le- Louve , épousa, suivant Oui. rie Vital, Guillaume de Granlemenil, seigneur normand. Le duc Kobert, de l'aveu de la princesse Aune Comnèue , dans la vie de l'empereur Alexis, son père, était parfait de corps et d'esprit, et ses plus mortels ennemis lurent obliges de convenir qu'il possédait dans le plus éminenl degré toutes les qualités qui font les grands conquérants. Ce prince , à la tète de ses diplômes, mettait : E%u Holeitus , gralia Dei el S. Pétri , Appuiiœ , Calubriœ cl Siuliœ Dux %

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