DES DUCS- DE TOUILLE ET DE CALABRE. SOI
Outscard, lui succède, par les intrigues de Sikelgaïte , sa mère, dans le duché de Pouille et dé Calabre. Boémond, son frère du premier lit, qui avait assisté comme lui à la mort de Hubert, souffrant impatiemment qu'il iui eût été préféré dans cette succession, fait divers mouvements pour le supplanter. Ayant assemblé des troupes, il s'empara d'Oria , fait lé dégât autour de Tarente et d'Otrante, et s'étant avancé jusqu'à Farnito , dans le Bénéventain , il livre à son frère une bataille qui fut singulière , en ce qu'il n'y eut qu'un seul homme de tué. La victoire se déclara pour Roger, qui fit beaucoup de prisonniers. Le comte de Sicile, oncle des deux princes, s'entremit pour les réconcilier , et y réussit , en persuadant au duc Roger de céder à Boémond les villes de Tarente^ d'Otrante, d'Oria, de Gallipoli, avec d'autres terres. Mu rat on dit que, ftouv prix de ce service, il se fit donner , par le duc Koger , la seigneurie entière de la Calabre , dont il n'avait que la moitié par le traité fait avec Robert Guiscard : mais cette cession fut révoquée, supposé qu'elle ait été faite , puisqu'on voit le successeur du duc Roger en possession de la moitié de la Calabre. Les deux frères eurent d'autres démêlés jusqu'au départ de Boémond pour la Terre- Sainte. I* ville de Canose excitait la convoitise du duc Roger. L'ayant assiégée, il la prend après l'avoir entourée de filets, ( Voy* Boémond I, prince d'Antioche. ) Le duc Roger termine ses jours le 2a février de l'an 1 1 1 1 , laissant de sa femme Adèle ou Adélaïde , fille de Robert le Frison , comte de Flandre , et veuve de saint Canut, roi de Danemarck, Guillaume , qui suit.