HUE DE LA MADELEINE
AVERTISSEMENT
En écrivant I’Art de vivre, Traité complet d’hygiène et de médecine à l’usage de toutes les familles, qui sera le vade-mecum de quiconque s’intéresse au maintien de son existence ou de celle de ses proches, j’ai voulu montrer que, pour tout homme intelligent, grâce aux progrès de la biologie, aujourd’hui Y hygiène est une science positive et la médecine une science rationnelle.
De telle sorte que, dans toutes les conditions sociales et tous les cas pathologiques possibles, il sera permis aux gens du monde, â l’aide du guide que je livre au public, de déterminer, sans hésitation et sans incertitude, ce qu’ils doivent faire, ou de comprendre ce que leur médecin veut faire, soit pour diriger et sauvegarder leur santé, soit pour la recouvrer quand elle est altérée et compromise par n’importe quelles causes.
On demandera, sans doute, dans quel esprit ce guide universel, nécessaire aux familles, utile aux hommes de l’art, a été conçu et écrit?
AVERTISSEMENT
Je me suis toujours attaché, dans toute ma carrière, à l’observation scrupuleuse des faits et à l’étude consciencieuse des lois de la nature; suivant, en cela, les traditions et l’exemple des plus grands maîtres dans l’Art de vivre.
L Art de vivre, aussi bien dans sa partie hygiénique que dans sa partie médicale, sera donc exempt de toute conception philosophique, de toute théorie doctrinale, de toute hypothèse et de toute méthode préconçues.
Je me suis inspiré uniquement, dans cet écrit, ainsi, que dans tous mes écrits antérieurs, des principes de la seule École médicale — dont je me réclame comme un disciple dévoué et l’un des plus fervents apôtres — qui a eu pour représentant, dans l’antiquité, Hippocrate, dans le moyen âge, Sydenham, et qui, de nos jours, s’est incarnée dans trois hommes que j’ai toujours considérés et que je considère encore comme les plus remarquables cliniciens de mon époque : le professeur Lombard, de Liège, le professeur Cranincx, de Louvain, et le professeur Peter, de Paris.
En quoi se distingue, demandera-t-on aussi, l’École hippocratique des autres Écoles médicales contemporaines ? En ceci : l’École hippocratique favorise, facilite ou tempère par tous les moyens et les agents dont la science dispose, les manifestations et les modifications que l’organisme, suivant les lois de la nature, tend à produire pour revenir de l’état morbide à l’état sain; les autres Écoles médicales, au contraire, partant d’idées systématiques, s'efforcent d’enrayer, d’empêcher ou de juguler ces manifestations et ces modifications naturelles, nécessaires, inévitables, espérant ainsi parvenir à supprimer la maladie... ou le malade.
Mais l’École hippocratique ne se borne point à combattre les effets produits par les agents pathogènes de toute espèce, externes ou internes, qui peuvent assaillir L’économie humaine et la faire dévier de'son état physiologique, elle remonte aux causes mêmes,
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si diverses et si multiples, qui ont permis à ces agents d’exercer leur influence morbide. Et c’est par la connaissance exacte de ces causes, qu’elle arrive à déterminer positivement le mode de traitemenl qui convient à chaque malade en particulier, et les mesures préventives à l’aide desquelles celui-ci aurait pu ou pourra désormais éviter les atteintes de la maladie.
Il suffira de lire quelques articles de mon Dictionnaire de Médecine (seconde partie de ce livre) pour saisir la différence qui existe, au point de vue thérapeutique, entre l’École hippocratique, à laquelle j’appartiens, et les autres Écoles médicales de notre temps.
Raismes (France), 1er janvier.
Docteur HUBERT BOËNS.
APERÇU GÉNÉRAL
L’Art de vivre c’est, pour chacun de nous, l’art de conserver sa santé, ce qui fait l’objet de Y hygiène ; et l’art de la rétablir, quand elle a été affectée par une cause morbide quelconque, ce qui est l’objet de la médecine.
U Art de vivre comprend donc à la fois Y hygiène et la médecine.