MALADIES COMMUNES
Les maladies communes sont celles qui atteignent indistinctement les personnes de l’un et de l’autre sexe, à partir de l’enfance jusqu’à la vieillesse.
Sous cette rubrique, je traiterai donc des affections et des infirmités qui peuvent se présenter à tous les âges de la vie et dans les deverses conditions sociales. Comme je l’ai dit déjà, tout en suivant l’ordre alphabétique qui a été adopté pour la seconde partie de Y Art de vivre, je réunirai en certains groupes pathologiques les maladies qui ont entre elles une analogie particulière d’origine, de nature ou de siège. Par exemple, à côté de la goutle, je placerai le rhumatisme, en faisant attention, arrivé au mot : rhumatisme, de renvoyer le lecteur au mot : goutte.
En ce qui concerne la division de l'exposé ou de l’histoire de chaque maladie que j’ai adoptée : 1° dénomination ou diagnostic, 2" causes, 3° traitement, 4° régime alimentaire, 5° mesures préventives, je ne la respecterai pas toujours à la lettre; par exemple, dans les articles où plusieurs de ces paragraphes peuvent être confondus ensemble, et dans ceux où cette division serait superflue.
ABCÈS {adénite, anthrax, clous, écrouelles, fistules, furoncles, humeurs froides, panaris, phlegmons). — Tout le monde sait ce qu’on entend par un abcès. Une tumeur plus ou moins dure qui se ramollit rapidement ou lentement, et qui donne lieu à une évacuation de pus ou de matières en décomposition par des ouvertures spontanées ou artificielles ; voilà l’abcès.
L’abcès peut se former dans toutes les parties extérieures ou intérieures du corps.
Causes. — La plupart des abcès sont la conséquence d’une blessure, d’une piqûre ou. d’un coup plus ou moins violent reçu sur l’une ou l’autre partie du corps.
Quelquefois, ils proviennent d’une maladie interne : rougeole, décomposition du sang, altération des tissus, inflammation des viscères ou des os.
ABCÈS
Les abcès qui marchent rapidement a la suppuration avec chaleur et douleur locales, fièvre plus ou moins marquée, etc., sont appelés abcès chauds, .pour les distinguer de ceux qui se produisent peu à peu, quasi sans chaleur, sans douleur et sans fièvre, et qui n’arrivent à la suppuration ou à l’élimination des matières décomposées qu’au bout de plusieurs semaines et même de plusieurs mois, auxquels on a donné le nom d'abcès froids. Selon leur position, leur étendue et leur profondeur, les abcès chauds ou froids prennent différents noms : adénite, anthrax, etc.
Traitement. — Examinons chaque espèce d’abcès.
1° La tête. — Le cuir chevelu est rarement le siège d’un abcès.
Cependant on voit assez souvent des anthrax de la nuque empiéter sur la tête. Il ne s’agit pas de penser aux sangsues dans cette région où la peau est excessivement dure. Il faut appliquer des cataplasmes de farine de lin très humides et chauds; puis faire agir de bonne heure et largement le bistouri, pour donner issue au sang échauffé et faciliter l’écoulement du pus. Après cela, on applique sur le point opéré de simples compresses de linge enduites de cérat.
2° A la face, l 'abcès chaud ou froid réclame des soins spéciaux selon le point qu’il occupe.
S’il se montre au front, aux paupières, au nez, autour ou au-dessous des oreilles , il faut appliquer sur le point douloureux des cataplasmes chauds, faits avec de l’amidon bouilli comme pour empeser le linge. Au bout de quelques jours, dès que la tumeur, petite ou grosse, parait se ramollir, le chirurgien y donnera un coup de lancette. Lorsqu’un peu de pus s’est écoulé, on lave souvent la plaie à l’eau tiède et l’on cesse de mettre des cataplasmes* Une rondelle de taffetas gommé, percée au centre d’un petit trou et renouvelée tous les jours, suffira jusqu’à la guérison.
Si l’abcès, se montre dans l’épaisseur de la joue, il faut tâcher de le faire percer dans la bouche pour éviter des cicatrices désagréables à la figure. Pour cela, on applique tout de suite une ou deux sangsues au dedans île la bouche, sur le point même où la tumeur se montre. On ordonne ensuite de fréquents bains de bouche, en tenant simplement de l’eau ou une tisane tiède dans la bouche, du côté malade. Le chirurgien, alors, saisit le moment opportun pour ouvrir l’abcès dans la cavité buccale à travers la muqueuse.
On agit de la même façon absolument pour les abcès des gencives, des amygdales, du palais, en un mot de toutes les parties de la bouche et du pharynx (gorge).
3° Au cou on l’encontre très souvent, chez les jeunes gens surtout, des abcès, tantôt chauds, tantôt froids, provenant de l’engorgement et du ramollissement des ganglions lymphatiques, parfois au milieu d’une santé parlaite, parfois à la suite de diverses maladies. Ces abcès commencent par des tumeurs au cou qui grossissent plus ou moins lentement et qui s’enflamment,