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ABCÈS
■rougissent et se ramollissent, dans certains cas très vite, dans d’autres cas peu h peu.
Le traitement de ces abcès est très simple. Il faut, en général, éviter d’appliquer des sangsues, ou des cataplasmes, ou des graisses quelconques. Il suffit de recouvrir la tumeur ganglionnaire d’une rondelle d’onguent de la mère Thècle. On laisse cette rondelle en place plusieurs jours. Si elle tombe, on la remplace par une autre rondelle. Dès qu’on s’aperçoit que la tumeur se ramollit, on la fait ouvrir par un chirurgien, qui aura toujours soin, en ce cas, de faire son incision dans la partie la plus déclive de la tumeur, afin qu’elle se vide plus aisément du pus qu’elle renferme et qui continue à se former encore d'ordinaire, petit à petit, pendant plusieurs jours. Cette précaution chirurgicale est indispensable pour toutes les ouvertures d’abcès, froids ou chauds; le pus, comme tous les liquides, étant soumis aux lois de la pesanteur, tend toujours h se porter dans le fond le plus bas des tumeurs. C’est là une des causes des fusées purulentes et des fistules diverses, dont il sera question plus tard.
Si les parties antérieures et latérales du cou sont le siège ordinaire des abcès froids ou chauds chez les jeunes gens, la nuque est l’endroit de prédilection des anthrax dans l’âge adulte.
Tout anthrax (tumeur dure, douloureuse, qui grossit vite ) doit être énergiquement traité d’emblée, surtout à la nuque. On fera de larges applications de sangsues sur le mal. On y mettra des cataplasmes de farine de lin chauds. Et le chirurgien l’ouvrira largement de très bonne heure, avec un bistouri bien affilé.
Le clmi ( furoncle ) est un petit anthrax qui n’exige guère une application de •sangsues. 11 suffit de le recouvrir d’un peu d’onguent de la mère Thècle et de ouate pour y entretenir la chaleur jusqu’à sa maturité.
Règle générale : le clou perce seul, sans douleur, s’il est soigné comme je viens de le dire.
4° A la poitrine, il survient fréquemment aux aisselles (sous les bras) des abcès, tantôt chauds, tantôt froids, auxquels on applique le traitement des abcès chauds (sangsues et cataplasmes), ou des abcès froids (onguent de la mère Thècle, ouate et cataplasmes), selon le plus ou moins d’inflammation locale qui les accompagne.
Chez les femmes, les seins sont souvent le siège de duretés, d’engorgements douloureux, qui donnent lieu à de vastes abcès chauds, dont la durée est quelquefois très longue quand ils sont mal traités ou mal soignés.
Dès que l’engorgement dur, douloureux, se produit dans le sein, il y faut appliquer sans tarder six à huit sangsues et une compresse de ouate. Cette précaution m’a fréquemment permis d’empêcher la formation d’abcès mammaires chez des femmes qui allaitaient. Si, malgré les sangsues mises de bonne heure, l’engorgement douloureux persiste et augmente, le médecin jugera s’il faut faire une seconde application de sangsues. Mais, dans tous les
ABCliS.
cas, au lieu d’appliquer des cataplasmes chauds sur le sein malade, il faut le recouvrir, en tout ou en partie, selon l’étendue de l’engorgement, d’un emplâtre de la mère Thècle, qu’nn laissera en place et qu’on renouvellera au besoin jusqu’à ce que la tumeur soit ramollie et bonne à percer par la lancette au point le plus déclive.
Traités de cette manière, les abcès du sein les plus volumineux' se guérissent quasi sans douleur, si Ton se garde de faire des mouvements avec le bras correspondant au sein malade, le repos absolu de la partie souffrante étant la première condition d’un bon traitement.
C’est une maxime à retenir.
5u Le ventre (abdomen) est très souvent atteint de clous, d’abcès chauds ou froids, d’anthrax même, qui réclament les mêmes soins que sur les autres parties du corps.
Seulement les abcès profonds du ventre et les abcès du périnée (partie inférieure du bassin) exigent une médication expresse.
Tous les abcès qui se présentent aux environs de l’anus et des parties génitales doivent être traités comme il suit : repos absolu du corps, sangsues sur le point douloureux et dur, cataplasmes de farine de lin ou d’amidon. Enfin, aussitôt qu’il y a un peu de ramollissement, incision large avec le bistouri.
Si ce traitement énergique n’est pas appliqué, l’abcès du périnée se fait jour sur divers points, à la peau, ou dans le rectum, etc., et il en résulte souvent des infirmités pénibles, telles que : fistules à l’anus, etc.
Des abcès pj'ofonds peuvent se produire dans l’abdomen et dans la cavité de la poitrine, par suite de coups violents ou de pressions énergiques; d’une altération des os ou d’une inflammation des viscères abdominaux ou thoraciques.
Que faut-il faire quand une tumeur très profonde se manifeste au ventre ou à la poitrine, par le soulèvement ou le bombement de la peau et des tissus qui constituent les parois de ces cavités?
Il faut, au plus vite, amener à maturité les abcès qui se préparent et s’efforcer de faire écouler le pus au dehors pour éviter qu’il n’aille se faire jour dans les intestins, la vessie, la matrice ou le péritoine (enveloppe de ces organes; s’il occupe le ventre, ou bien dans les poumons, les bronches, la plèvre ou le péricarde (enveloppe du cœur) s’il se forme dans la poitrine (thorax).
On doit avoir recours aux sangsues quand la tumeur intérieure se montre au ventre. Mais, dans tous les cas, en attendant que le pus commence à se former,, le médecin emploiera la pâte caustique de Vienne pour attirer de plus en plus les substances en décomposition (pus, sang vicié, etc.) à la surlace de la peau. Ce n’est qu’un peu plus tard, lorsqu’on a la certitude que le pus est formé qu’on ouvre avec précaution d’abord, puis largement, la tumeur pour donner une issue facile aux matières nuisibles.
G,J Les abcès des membres supérieurs ou inférieurs doivent être traités selon
ACCÈS
(ju ils sont chauds ou froids, superficiels ou profonds, petits ou grands, comme ceux dont il vient d’être question.
Trois remarques importantes sont seulement à noter ici : 1° N’omettez jamais d’appliquer des sangsues sur les abcès chauds, le plus tôt possible;
faites-les ouvrir Largement aussitôt que le pus commence h se former; 3° n’appliquez plus de cataplasmes sur les abcès dès qu’ils ont une large .ouverture.
Plus les abcès sont profonds, et plus on doit se bâter de les ouvrir avec le bistouri.
Un mot des abcès des extrémités digitales, qu’on nomme panaris. Les sangsues sont indiquées ici comme dans tous les abcès chauds, de même qu’un coup de lancette superficiel.
Mais il faut se garder surtout de mettre des cataplasmes sur les panaris ouverts. On abuse trop généralement de ces émollients, qui sont utiles avant la formation du pus, mais qui sont nuisibles aussitôt que le pus a trouvé une issue.
— Règle générale, tout abcès ouvert doit être pansé seulement, une ou deux fois par jour, avec des lavages d’eau tiède, un peu de linge propre et une enveloppe d’ouate, ou de laine, ou de soie, pour entretenir une douce chaleur dans la partie malade.
Ne laissez jamais employer dans ces pansements, en aucun cas, ni charpie, ni mèche, ni drain ou sonde à demeure, 7ii graisse d'aucune espèce.
L’eau tiède, la douce chaleur naturelle du corps maintenue par des linges propres; au besoin, des lotions ou des injections avec le genièvre, une fois par jour, suffisent pour la cicatrisation des chairs malades, et la régénération des tissus qui ont formé la poche plus ou moins volumineuse des abcès.
7° Les abcès chauds ou froids, dont il vient d’être question, ne se terminent pas toujours par la cicatrisation. Quand ils proviennent d’un corps étranger, d’une carie d’os, d’un tendon malade ; ou quand ils ont été mal soignés, ils deviennent chroniques et forment des fusées ou des trajets fistuleux, qui minent la santé des sujets. De là, les fistules à l’anus, les fistules costales, lacrymales et autres fistules, simples ou multiples, qui font le tourment de t int de personnes des deux sexes.
Dans tous ces cas, il n’y a pas à hésiter. Il faut aller à la source du mal : enlever le corps étranger et guérir par les caustiques ou les révulsits les os cariés, les tendons, les tissus ou les viscères altérés. Cela fait, si les fistules ne se referment pas d'elles-mêmes, on les fera cicatriser en y injectant, à l’aide d’une petite seringue, du genièvre ordinaire ou de l’alcool camphré ou une solution d’azotate d’agent.
Lorsqu’il s’agit de fistules compliquées à l’anus, c’est une petite opération chirurgicale qui en fera justice.
8' Il faut considérer et traiter comme des abcès indolents toutes les tumeurs anormales, de n’importe quelle partie du corps, qui se sont développées petit ii petit, sans douleur, et qui ne sont pas enfermées dans une poche spé-