BEC-DE-I-IÈVRE — BLENNORRAGIE
B. 1° Les hernies inguinales et autres sont contenues à l’aide de petits appareils nommés bandages, qu’on a beaucoup simplifiés depuis quelques années. Pour l’homme., le bandage inguinal doit être à bec allongé ( bec de corbin, disent les bandagistes); pour la femme, la pointe du bandage des aines doit être arrondie légèrement.
2° Aux hernies abdominales on applique un bandage spécial formé d’une plaque arrondie et légèrement bombée, en étoffe ou peau de chamois, qui est maintenue par une ceinture ventrale élastique.
3° Pour les chutes ou descentes de l’utérus et pour les prolapsus du vagin ou du rectum, on se sert de bandages bien differents des anciens pessaires ronds, en anneaux, qu’on appliquait autrefois à demeure, c’est-à-dire qu’on laissait en place plusieurs jours ou plusieurs mois sans les retirer. J’ai même été appelé à extraire du vagin d’une dame âgée un pessaire-anneau en caoutchouc qui était resté en place durant neuf années consécutives. Il était devenu plus dur que du silex et l’opération n’a pas été sans douleur et sans certains efforts bien dirigés pour éviter la déchirure du périnée.
Les bandages pour tous ces cas se composent d’une cuvette ou d’un anneau de petite dimension, surmontant une petite tige qui est maintenue à une ceinture ventrale par quatre courroies, deux en avant, deux en arrière.
— On place ces bandages le matin; on les enlève le soir.
BEC-DE-LIÈVRE. — Fente de la lèvre supérieure qu’on peut faire disparaître par une opération consistant à souder ensemble les deux bords de la fente, préalablement avivés par l’instrument tranchant.
BÉGAIEMENT ( bredouillement ). Voir Première partie.
BLENNORRAGIE ( chaude-pisse , urétrite, vaginite). — L’inflammation aigue des organes génitaux externes, chez l’homme comme chez la femme, a reçu divers noms, selon la partie de ces organes qui est spécialement affectée, vulvite, vaginite, balanite, urétrite, etc.
Les causes et le traitement de ces affections sont absolument les mêmes.
Causes. — La malpropreté jointe à des excès alcooliques et sexuels est la cause première de celle maladie. Une fois développée, elle se propage facilement aux muqueuses saines par le contact du pus ou des écoulements .qu’elle engendre. L’ophtalmie des nouveau-nés et l’ophtalmie purulente des adultes n’ont pas souvent d’autres causes que le contact de l’œil avec du pus blennorragique.
Mais, il faut insister sur cette vérité : les classiques ont eu tort de ne pas reconnaître que toutes les variétés de blennorragie peuvent être produites spontanément chez des sujets, sains auparavant, par des causes indépendantes ■de la contagion : la malpropreté et la luxure.
La blennorragie n’est pas sortie de la boite de Pandore; comme la rage,
BLENNORRHÉE.
la syphilis, le typhus, la variole et toutes les maladies avec ou sans virus, elle se crée d’emblée tous les jours.
Traitement. — La blennorragie ne peut jamais donner lieu à l’infection syphilitique. Ses produits purulents peuvent irriter toutes les muqueuses saines, mais ils n’ont aucune analogie avec le virus syphilitique. Aussi le traitement de la blennorragie est-il simple.
Le malade doit rester tranquille le plus possible; prendre des boissons tièdes légères et des potions alcalines de potasse ou de soude; faire des bains focaux ou de fréquentes lotions à l’eau tiède sur les points affectés.
La marche et les fatigues musculaires aggravent le mal et font naître l 'orchite, inflammation très douloureuse du testicule.
Les boissons froides et le refroidissement du corps peuvent engendrer des complications rhumatismales très douloureuses, qu’on devrait appeler : rhumatismes blennorragiques.
Nous avons supprimé complètement de la thérapeutique de cette affection les drogues incendiaires, inefficaces et toujours nuisibles, qu’on conseille banalement encore, telles que le poivre de cubèbe, le copahu, la térébenthine, etc.; ainsi que tous les procédés non moins funestes, d’injections astringentes et autres, qui déterminent des écoulements chroniques, des rétrécissements de l’urètre, des engorgements de la prostate et mille autres complications ou suites déplorables.
— En traitant la blennorragie comme une simple inflammation des muqueuses, par le repos, les moyens doux, la propreté et les alcalins ordinaires, on la guérit à coup sûr et assez rapidement, sans aucunes conséquences fâcheuses.
Régime alimentaire. — Dans le cours de la blennorrhagie, on ne doit pas suivre un régime particulier. Il suffit de manger moins qu’à l’état normal, d’éviter les aliments forts, les boissons excitantes, et l’eau froide, surtout en hiver.
Mesures préventives. — Le sujet, qui se soigne personnellement, ne pourrait prendre trop de précautions pour éviter de porter aux yeux les doigts ou des linges qui auraient été en contact avec le pus blennorragique.
PLEIN N OR RUÉE. — Toute blennorragie passée à l’état chronique prend le nom de blennorrhée, leucorrhée, etc.
Causes. — Le traitement vicieux de la blennorragie aiguë par des injections urétrales ou vaginales est la cause essentielle de la blennorrhée.
Traitement. — Presque toujours chez l’homme, l’existence d’un rétrécissement urétral entretient un écoulement permanent qui porte le nom de goutte militaire , comme l’ophtalmie granuleuse avait reçu celui d 'ophtalmie
BLÉPHARITE — BLESSURES.
militaire, parce que ces deux maladies étaient excessivement frequentes chez les malheureux soldats soumis, autrefois, au traitement disciplinaire, brutal et irrationnel, des cautérisations et des injections irritantes dans des affections aiguës, simples, qui ne réclamaient que des émollients et des soins hygiéniques. >
Il faut donc, avant tout, combattre le rétrécissement à l’aide de bougies en caoutchouc ou de sondes métalliques. Après cela, on soumet le malade à un régime sec, à des préparations alcalines, telles que l’azotate de potasse à petites doses et à des révulsifs légers, vésicatoires volants, teinture d’iode, dans le voisinage du point affecté.
Chez la femme, la leucorrhée sera traitée par des injections vaginales émollientes, des bains et les autres moyens indiqués pour la blennorrhée.
Tous les prétendus modificateurs de la vitalité des membranes muqueuses, qu’on débite sous forme d'injections infaillibles contre les écoulements chroniques de l’homme et de la femme, tannent, désorganisent, ces tuniques et entretiennent l’état morbide des tissus plutôt que de le guérir.
RLKPHAIVITE. — Inflammation aiguë ou chronique des paupières. (Voir Maladies oculaires.)
BLESSURES. — Nous avons indiqué ce qu’il faut faire dans tous les cas de blessures en attendant l’arrivée du chirurgien, quand on juge sa présence nécessaire (Première partie : Accidents ; deuxième partie : Maladies des enfants). Il ne nous reste à parler ici que des pansements applicables h toutes les blessures ou opérations qui sont suivies de suppuration.
Nous ne cesserons de le redire en toute occasion : il faut éliminer des pansements toutes les graisses, tous les onguents, les antiseptiques, la charpie, les mèches, les drains, tous les ingrédients qui irritent les parties vivantes et y entretiennent une suppuration inutile, pour s’en tenir aux linges secs et propres, aux lavages à l’eau simple, aux lotions et aux injections avec le genièvre ou l’alcool dilué, camphré ou non.
Les docteurs Raspail recommandent en ce cas particulièrement l’alcool eamphré, qui peut remplacer le genièvre. A part ce petit détail, je suis parfaitement d’accord avec cette famille de savants praticiens en ce qui concerne les pansements en général. Ils protestent, comme je l’ai toujours fait, contre l’usage des préparations phéniquées, etc., qui auraient pour but de soustraire les plaies suppurantes au contact des microbes atmosphériques. Loin d’être nuisible aux plaies, l’air hâte leur cicatrisation, à tel point que les pansements secs, avec de simples lavages de propreté et des lotions au genièvre ou à l’alcool camphré, pour favoriser la cicatrisation, l’adhérence et la cutisation des parties lésées, sont adoptés aujourd’hui par les médecins les plus expérimentés de tous les pays.
On est revenu depuis longtemps de la peur du contact de l’air dans les plaies internes ou externes, qui a fait commettre tant de bévues aux chirur-