FISSURES — FISTULES
Voilà le traitement rationnel de la fièvre typhoïde et du typhus.
S’il se présente des complications, l’homme de l’art s’attachera à les combattre. Mais, règle générale, tout tvphoïdé traité convenablement comme il est dit plus haut, est exempt de complications, de rechutes et de reliquats.
19» Fièvre traumatique. — Après de grandes secousses physiques, une fièvre inflammatoire, avec ou sans complications organiques, se déclare souvent. On la nomme : fièvre traumatique, et on la traite comme une fièvre inflammatoire, en ne négligeant pas d’appliquer des sangsues, au besoin, sur les points affectés, menacés ou blessés, et même de pratiquer une saignée.
20° Fièvre vermineuse. — Les vers intestinaux agacent quelquefois les enfants et les adultes au point de leur donner une fièvi-e lente.
Ainsi, il est bon, quand les toniques légers indiqués contre cette dernière maladie ne produisent pas assez vite, chez les enfants, les bons effets attendus, de leur administrer des vermifuges.
Nous avons parlé des oxyures, petits vers de l’anus, à propos des maladies des enfants.
Les ascarides lombricoïdcs, espèce de vers de terre ronds et allongés, sont expulsés par la santonine, principe amer extrait du semen-contra.
Quant au ténia (ver solitaire), il n’est guère expulsible que par des doses répétées de poudre ou de décoction d’écorce de racine de grenadier ou de kousso ou de semence de concombre.
Notons ici que le ténia se développe surtout chez les enfants et les adultes qui ont la pernicieuse habitude de manger de la viande crue.
La trichine occasionne surtout une fièvre vermineuse intense et sérieuse. Le traitement de la trichine consiste en purgatifs salins, en aliments végétaux et en boissons toniques, café, bières et vins.
On sait que la viande crue des porcs trichines, c’est-à-dire entretenus malproprement dans des bouges infects, est la cause unique de la trichinose, si commune en Allemagne.
Les dragonneaux ou les flaires, vers très fins, peu connus ailleurs que dans les marécages des pays chauds, occasionnent aussi des fièvres vermineuses en s’insinuant non seulement dans les voies digestives, mais dans l’épaisseur de la peau des individus, généralement malpropres, qui vivent dans ces parages.
La propreté du corps et l’enlèvement de ces vers déliés à l’aide d une aiguille, s’ils sont incrustés dans la peau, ou d’un purgatif amer, s ils sont logés dans les intestins, sont les seuls moyens de s’en débarrasser.
FISSURES ( crevasses ). — 11 se produit parfois des fissures osseuses dans certaines fractures.
FISTULES. — Trajet anormal résultant d’une blessure ou d’un abcès négligés.
FLUEURS BLANCHES — FRACTURES.
Les fissures elles fistules, h l’anus ou ailleurs, doivent être traitées par des caustiques liquides légers et par des soins de propreté. Les fistules qui ne guérissent pas par ce moyen seront opérées par une large incision ou par des contre-ouvertures particulières.
FLUEURS BLANCHES. Voir Maladies des femmes.
FLUXION. — Congestion.
FOIE ( maladies du). — Le foie peut être atteint de diverses maladies : cirrhose ou dégénérescence, inflammation (hépatite), jaunisse, calculs biliaires, etc.
Nous avons vu la cirrhose.
L'hépatite se traite comme toutes les inflammations des viscères par la saignée ou les sangsues, les vésicatoires sur la peau et les émollients à l’intérieur.
Quant à la jaunisse et aux calculs biliaires, leur traitement est exclusivement mécanique et chimique.
Contre la jaunisse simple, provenant d’une secousse physique ou morale, ou d’une maladie abdominale, on emploie des boissons aqueuses en abondance sous toutes les formes, des jus de fruits, des eaux minérales légères.
Contre les calculs biliaires, les sels de soude et les perles d’éther sont des moyens sûrs, parce qu’ils dissolvent les corps gras qui constituent ces calculs, pour en faire des composés solubles. (Voir Calculs.)
FOLIE. Voir Maladies nerveuses.
FONGUS. — Excroissances mollasses qui s’élèvent autour des plaies de mauvaise nature et qu’on réprime avec des caustiques légers.
F O F L U IV E. Voir Entorse.
FOURBU IVE. — Inflammation aiguë ou chronique des pieds survenant à la suite de grandes fatigues et de longues marches. Les facteurs de postes comme les chevaux peuvent être atteints de fourbure.
Traitement. — Il faut employer, contre la fourbure, les sangsues et les ventouses, les lotions froides et le repos quasi absolu des membres inférieurs pendant au moins quelques semaines.
FR ACTURES. — Dans tous les cas de. fracture, il faut appliquer le bandage ouaté et amidonné, soit avec bandes roulées, soit avec bandelettes détachées a la façon de Scultet, h l’exclusion de tous les autres.
On doit toujours se garder de comprimer le membre trop fortement. Aussi, si l’on veut éviter la gangrène, il faut ouvrir souvent son bandage et vérifier de la main et de l’œil l’état des parties blessées.
Le bandage plâtré ne vaut absolument rien.
CRÊNÉSIE — GANGRÈNE.
INul chirurgien ne tient plus aucun de scs blessés ni de ses opérés k la diète, aujourd’hui.
FRÉNÉSIE. — Folie furieuse.
FURONCLES. — Clous (voir Abcès).
FUSEES ruitUELN I I.S. — Quand le pus vient de n’importe quelle partie du corps, il faut sonder la plaie pour aller à la source du mal et détruire la cause qui l’entretient, que ce soit une carie osseuse, un corps étranger, un fragment de tendons ou une altération propre des tissus ou des viscères profonds.
.le suis allé bien des fois chercher de cette manière des aiguilles, entières ou brisées, des objets divers, entre autres un morceau d’oreille de chien qu’une balle de revolver avait poussé devant elle dans le sein d’une femme, qui, au moment où son amant tira sur elle, tenait un chien sur les bras.
GALACTORRHEE. — Flux laiteux. La grande abondance de lait résulte souvent d’une alimentation trop aqueuse, ou de l’abus des tisanes et des féculents peu farineux, tels que les pommes de terre.
On obvie à cette infirmité en adoptant un régime alimentaire plus sec et plus tonique.
G VL AC TOCÉLES. — Tumeurs laiteuses ou engorgement partiel du sein par obstruction des canaux (galactophores) qui conduisent le lait au mamelon.
Le froid et les corsets serrants sont les causes principales de ces engorgements.
Donc il faut appliquer sur ces tumeurs, généralement indolores, de la ouate, des cataplasmes chauds ou des emplâtres anodins, et soutenir le sein avec un bon corsage, qui ne comprime nullement les glandes mammaires.
G V LE. Voir Maladies des enfants.
GLANDE. — Nom qu’on donne à certains viscères du corps : glande thyroïde, mammaire, etc. ; ou à certaines tumeurs lymphatiques du cou, des aisselles, etc.
GANGRÈNE. — Destruction ou mortification accidentelle des tissus par suite de blessures, de brûlures, de congélation, de pansements irritants, de bandages trop serrés, d'absorption de poisons lents, tels que l’ergot de seigle, les cantharides, le mercure, le cuivre, le plomb, etc.
La gangrène peut survenir spontanément aussi par suite d’une embolie, d'une artérite, de l’ossification des artères.
Il est bon de rappeler à ce sujet que l’usage du sel d’Angleterre (sulfate de
GASTRALGIE — GINGIVITE.
magnésie) peut déterminer la gangrène spontanée, parce qu’il est une des causes de l’ossification des artères aussi bien que des calculs de la vessie ou des reins, vu l’insolubilité de la magnésie à l’état de phosphate ou de carbonate.
Or, on sait que le sulfate de magnésie (sel anglais) en contact avec les phosphates et les carbonates alcalins contenus dans les aliments, se transforme rapidement en phosphate et carbonate de magnésie.
Cette remarque est très importante.
GASTRALGIE. — Névralgie de l’estomac qu’on calme en appliquant sur la peau de celte région des linges très chauds, un rigolot ou des vésicatoires volants. iOn entend par vésicatoires volants, de petits vésicatoires qu’on laisse en place cinq ou six heures, et qu’on n’entretient pas).
G ISTRITE. — Inflammation de l’estomac par des causes diverses, des poisons irritants ou des aliments trop chauds, trop épicés, malsains, etc.
On a bâti jadis tout un système médical sur la gastrite. Broussais et ses disciples ne voyaient que gastrite dans toutes les maladies; de là est venu l’usage et l’abus des applications de sangsues et de cataplasmes, etc., sur la région de l’estomac, ainsi que des diètes sévères et prolongées. De là aussi, comme conséquence, ces populations entières de gastralgiques, d’anémiques et de chlorotiques que les médecins de la génération suivante ont eu à raccommoder après Broussais, au moyen des préparations de fer et des aliments toniques. J’ai connu des villages entiers (Courcelles et Souvret, par exemple) dont tous les habitants étaient devenus anémiques et gastralgiques par l’emploi fréquent des sangsues à l’estomac.
La médecine pratique a toujours été ballottée ainsi de système à système, au plus excentriques, en dépit du sens commun et de la raison qui sont aux sciences d’observation ce que le droit naturel est aux sciences juridiques.
G VSIRORR AGIT. — Hémorragie venant de l’estomac. Ce symptôme est souvent l’indice d’une altération grave de ce viscère. Quelquefois, il provient d’efforts ou de contusions. Les boissons froides, acidulées, astringentes, les potions de ratanhia et de perchlorure de fer sont indiquées dans tous les cas possibles de gastrorragie.
GÂTEUX. — État de certains idiots, crétins, ramollis ou apoplectiques, qui n’ont plus conscience de leurs besoins.
GERÇURES. — Crevasses, fissures.
GINGIVITE. — Inflammation des gencives dans le cours de la dentition, du muguet, chez les enfants; ou par suite d’accidents ou de maladies diverses, chez les adultes.
S il existe des dents cariées, il faut les soigner avec des lavages au rhum ou de petits tampons de ouate, imbibés de rhum, qu'on applique sur la carie
GLOSSITE — GOUTTE.
pendant 15 à 20 minutes. Après cela, les bains de bouche h l’aide de tisanes émollientes produiront d’excellents effets dans les gingivites dentaires et autres. Au bout de quelques jours, aux bains de bouche on substitue les gargarismes astringents.
GLOSSITE. — Inflammation de la langue. Mêmes soins que pour la gingivite.
GOlTItE. — Grosse gorge par le fait du développement de la glande thyroïde ou de l’hypertrophie des tissus celluleux et des ganglions lymphatiques du cou.
Causes. — Les grands efforts de la voix et des muscles thoraciques aussi bien que l’habitude des boissons glacées, le séjour dans des localités humides et froides et une alimentation malsaine ou insuffisante, peuvent donner lieu au goitre.
Traitement. — Régime tonique. Méthode purgative dans les cas rebelles, surtout lorsqu’il s’agit du goitre exophtalmique, qui est dû généralement à un lymphatisme excessif, à un amas exagéré de fibrine et d’albumine dans le sang et les tissus.
GOAOUUIIÉE. Voir Blennorragie.
GOUIUIE. — Tumeurs lymphathiques, qu’on doit traiter comme tous les engorgements .gahglionnaires par un régime convenable, les eaux minérales alcalines (dépuratives), des frictions aromatiques générales, le grand air et la gymnastique.
GOUTTE. — La goutte est moins héréditaire qu’on ne le croit. (Jn tempérament bilieux et l'usage trop régulier de la viande sont les seules causes de la goutte. L’hérédité, les boissons alcooliques, la vie sédentaire ont peu de rapport avec l'étiologie de la goutte. Un bilieux, grand mangeur de viande, a toute chance de devenir goutteux ; personne autre.
Y a-t-il quelque analogie entre la goutte et le rhumatisme?
Le rhumatisme a pour cause essentielle : le froid humide. Mais le froid humide produit d’autant plus facilement le rhumatisme que les sujets sont plus imprégnés de sucs fibrineux, de jus de viande, par suite d’une alimentation trop azotée.
Voilà la seule analogie qui existe entre ces deux catégories de malades : goutteux et rhumatisés.
La goutte se montre généralement par accès, à la suite d’une fatigue musculaire, d’une indigestion ou d’un refroidissement prononcé.
Traitement. — Repos absolu, chaleur autour du corps, transpiration cutanée au moyen de tisanes sudorifiques, cataplasmes chauds, laudanisés sur les articulations attaquées; si la douleur intense persiste malgré ces pre-
GRAVELLE — I1ÉMATIDR0SE.
miers soins, faire une application de huit ou dix sangsues sur le mal luimême, surtout si le mal apparaissait à la nuque ou à la poitrine.
Au bout de quelques jours de diète, de boissons aqueuses tièdes et de soins calorifiques, on ordonne des boissons alcalines, des purgatifs salins de soude ou de potasse, et une alimentation végétale.
Mesures préventives. — Tout goutteux qui devient végétarien se guérit.
Le goutteux, qui aime trop la viande pour l’abandonner au profit de sa santé, doit : 1° boire fréquemment des eaux minérales de Contrexéville, de Vichy, de Pougues, etc.; 2° éviter les grandes fatigues, les bons dîners et les refroidissements à la chasse ou en voyage.
GRAVELLE. — La gravelle — légère — se produit souvent h la fin des maladies aiguës longues; c’est alors un signe de retour à la santé.
La gravelle — grave — se manifeste chez les sujets qui ont un régime alimentaire trop tonique ou trop échauffant. Elle accompagne, alors, volontiers la goutte et le rhumatisme aigu; et elle réclame des soins médicaux et hygiéniques analogues à ceux des goutteux dans l’intervalle de leurs accès : eaux minérales alcalines, boissons rafraîchissantes, alimentation végétale.
La gravelle négligée peut donner naissance aux calculs de la vessie.
GRENOUILLETTE. — Petite tumeur visqueuse sous la langue.
On la fend avec un bistouri et on injecte du genièvre ou une solution de teinture d’iode dans la cavité.
GRIPPE. Voir Bronchite.
GROSSESSE. Voir Première partie et Maladies des femmes.
HALEIÎN E FETIDE. — Si la mauvaise haleine provient des dents, faites les nettoyer et soigner avec des dentifrices alcooliques; si elle est due aux amygdales engorgées ou à des ulcérations nasales ( coryza chronique, ozène), traitez ces infirmités comme il a été dit aux articles amygdalite et coryza.
Les mangeurs de viande ont généralement ['haleine fétide.
HALLUCINATION. — Trouble mental qui tient de l'extase, de l’hypnotisme, du somnambulisme; et qui peut se produire dans l’ivresse, le sommeil et les grandes contentions d’esprit.
HELMIN rilIASE. — État des sujets qui ont des vers intestinaux, avec ou sans fièvre vermineuse. Voir Fièvres.
HEMATEMESE. — Hémorragie stomacale.
HEM A fl PROSE. — Sueurs de sang. (Voir Purpura hemorragica.)
IIÉMATOCÈLE — HÉMORROÏDES.
HEMATOCÈLE. — Tumeur sanguine, suite de contusions souvent.
HÉMATURIE. — Pissement de sang, suite de blessures au ventre, ou bien symptôme d’une blennorragie aiguë, d’un calcul dans la vessie, etc.
IIEMÉR ALOP IE. — l' aiblesse de la vue. La puissance visuelle diminue rapidement et disparait même â mesure que le jour baisse.
Symptôme initial de la cataracte et de l’amaurose.
IIÉMICRAIVIE. — Névralgie d’une moitié du crâne, provenant d’un froid, ou de la migraine, ou d’une fièvre intermittente larvée.
HEMIPLEGIE. — Paralysie d’une moitié du corps, consécutive à une attaque d’apoplexie ou h des convulsions violentes. Avec de sages mesures hygiéniques, la gymnastique et le temps aidant, les hémiplégiques peuvent quelquefois espérer un retour relatif des mouvements musculaires dans les membres affectés; mais ils ne doivent rien attendre d’efficace de l’électricité, du galvanisme, ni des drogues violentes (strychnine).
HEMOPTYSIE. — Hémorragie pulmonaire.
HEMORRAGIE. — On peut ranger toutes les hémorragies en deux classes : les hémorragies externes par causes violentes, et les hémorragies internes par suite de maladies diverses ou d’accidents.
Avec des bandages, des tampons de linges, des astringents, et, s’il le faut, des opérations (ligatures d’artères, etc.), on arrête les hémorragies externes.
Contre les hémorragies internes on emploie des moyens multiples : repos, eau froide, injections astringentes, potions astringentes, principalement l’excellente potion antihémorragique au ratanhia. (Voir Maladies des femmes.)
HÉMORROÏDES. — Varices à l’anus.
Causes. — La constipation habituelle, la grossesse, l’accouchement, des efforts violents de défécation, un pessaire vaginal, un régime échauffant, la vicieuse manie des enfants et des femmes de se retenir quand le besoin des évacuations alvines se fait sentir, sont les causes des varices hémorroïdales.
Traitement. — Tenir régulièrement la liberté du ventre par tous les moyens connus, c’est le meilleur moyen de faire disparaître peu à peu les hémorroïdes.
Quand les hémorroïdes deviennent fluentes (saignantes) que faut-il faire?
Il faut se garder de supprimer brusquement le flux sanguin par des astringents énergiques, par des caustiques ou autres opérations chirurgicales. On lave les hémorroïdes à l’eau froide, ou légèrement dégourdie par un peu d’eau tiède; on enduit la tumeur hémorroïdale d’huile d’olive ou de colza, et on veille à rendre, chaque jour, les selles faciles, par des clystères huileux.
Mesures préventives. — Il suffit de voir l’énumération des causes des hémorroïdes pour comprendre comment on peut prévenir cette infirmité.