SECRET PROFESSIONNEL — SPÉCIALISTE
Oui, sinistres plaisants, cherchez le microbe de la misère ! Supprimez ce microbe, qui engendre tant de misérables sans pain, sans feu, sans vêtements protecteurs, et vous n’aurez plus besoin, alors, de fonder des instituts splendides avec l’argent des riches imbéciles pour faire des rentes à un tas de faux savants, sous prétexte de chercher la pierre philosophale contre toutes nos maladies, si bien connues et si faciles à traiter aujourd’hui !
SECRET PROFESSION IX KL. — Le secret professionnel est-il absolu? Nullement. Jamais l’homme de l’art ne doit divulguer des secrets médicaux qui lui ont été confiés dans l’exercice de sa profession. Jamais il ne doit divulguer non plus les propositions médicales qui lui ont été adressées dans l’exercice de sa mission. Mais il n’est pas tenu au secret pour les faits, les paroles et les écrits parvenus à sa connaissance, n’importe de quelle manière, concernant des actes quelconques prévus par la loi commune et absolument étrangers à l’exercice de son mandat.
Exemples : un accoucheur est appelé pour délivrer une femme. 11 ne peut révéler ce qui s’est passé dans l’accomplissement de ses fonctions; mais il est tenu de dénoncer à la société la naissance d’un nouvel être, si personne autre que lui ne le faisait. — Un médecin arrive auprès d’un malade mourant empoisonné; il doit déclarer que la mort est due à un empoisonnement. — Enfin, un praticien accepte un service sanitaire relevant d’un règlement public connu de tous les intéressés, ouvriers et patrons, actionnaires et administrateurs; il doit s’v conformer.
Le secret professionnel n’est donc pas absolu. J’ai entendu parfois des magistrats, des avocats et des journalistes soutenir le contraire. Mais il y a des pauvres d’esprit dans toutes les catégories sociales, chez les magistrats et les avocats aussi bien que chez les journalistes.
SEPTICÉMIE. — Infection putride.
SOMNAMBULISME. Voir Maladies des femmes et Maladies nerveuses.
SPÉCIALISTE, SPÉCI VLITÉ. — En médecine, le mot spécialité, a deux significations. Il s’applique aux praticiens qui exercent spécialement une ou plusieurs branches de l’art de guérir à l’exclusion de toutes les autres : dentistes, oculistes, syphiliographes , larvngistes, etc. D’autre part, il désigne les médicaments spéciaux, qui se débitent dans le commerce tout préparés, sans l’intervention propre du pharmacien ou du droguiste qui les vend.
Les spécialités médico-chirurgicales prennent aussi le nom de spécialistes. On ne peut disconvenir que les spécialistes s’occupant continuellement d’une même espèce de maladies ou d’opérations chirurgicales, n’acquièrent des connaissances et une aptitude approfondies dans leur genre. Ce sont, en général, des praticiens recommandables en qualité de consultants, dans les cas spéciaux qui les concernent. Mais trop souvent, sous le spécialiste on
SPERMATORRHÉE — SQUAMES.
trouve un charlatan habitué h exploiter toujours la même corde professionnelle et, par suite, enclin h voir chez tous les malades qui paient, 1 affection spéciale qu’il cultive.
Le spécialiste qui ne traite que les syphilitiques est toujours porté à reconnaître la syphilis, ou des tâches de syphilis, chez tous les sujets qui le consultent — fût-ce même, par exemple, pour des cors aux pieds.
En réalité, les spécialistes sont absolument inutiles en médecine. Mais ils peuvent rendre des services dans les cas de chirurgie et d’accouchement.
— Les spécialités pharmaceutiques ont pris une extension excessive dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il est peu de ces médicaments , fabriqués en gros et en masse dans les usines ou les grands laboratoires industriels, qui soient dignes de confiance. Aucun d’eux n’est nécessaire ; quelques-uns sont utiles, comme les perles d’Éther; la plupart ne méritent aucune estime.
Les médecins et les pharmaciens instruits dédaignent ces drogues de pacotille, qui sont aux médicaments frais, récemment préparés, ce que l’extrait Liebig et le lard ranci sont au bouillon de ménage.
SPERMATORRHÉE. Voir Pertes séminales.
SPHACÈLE. Voir Gangrène.
SPIN A BIFIDA. — Monstruosité consistant dans un arrêt de développement de la colonne vertébrale chez le fœtus.
SPLEEN. — Mélancolie propre aux sujets bilieux, atrabilaires, désœuvrés et gourmands. (Voir Hypoco}idrie.)
SPLÉNITE. — Inflammation de la rate. Souvent la splénite s’arrête à l’état congestif, et se dissipe vite par le repos et la chaleur.
Ainsi, quand on marche vite immédiatement après un repas copieux, il survient un point de rate ou point de côté, qui est une splénite au début.
La rate, il est bon de le savoir et de le rappeler, est un organe inutile dans le corps humain. C’est le vestige ou le reste d’un foie avorté. L’homme étant un composé de deux êtres vermiformes, soudés ensemble longitudinalement à l'origine des temps, le foie droit a pris une prédominance absolue sur le foie gauche, qui est devenu inerte et qui finira par disparaitre complètement du corps humain dans un certain nombre de siècles.
SQUAMES (maladies squameuses). — Un assez grand nombre de maladies cutanées sont caractérisées par une éruption plus ou moins sèche, écailleuse, squameuse ; citons l’eczéma, le lichen, l’icthyose, l’impétigo, le psoriasis, ètc.
Toutes ces affections reconnaissent pour causes : 1° une altération du sang, héréditaire ou acquise; 2° la misère et la malpropreté; 3° la vaccination ou la syphilis constitutionnelle.
Traitement. — Les soins de propreté ordinaires h la peau et les bains
SQUIRRHE — SUDAMINA.
émollients suffisent pour combattre efficacement les maladies de peau .squameuses, quand elles ne reconnaissent d’autre cause déterminante que la malpropreté. Si la misère a contribué à leur développement, il est évident qu’un régime alimentaire convenable doit être prescrit en même temps.
Dans les cas où ces affections sont la conséquence d’une altération du sang, soit héréditaire, soit acquise {syphilis, vaccinalion, gale invétérée, etc.), on devra recourir, en outre, aux remèdes dépuratifs, purgatifs et reconstituants, que nous avons indiqués à propos de chacune de ces dernières affections.
SQEIRRIIE. Voir Cancer.
STAPI1YLOME. Voir Maladies des yeux.
STÉATOSE. — Dégénérescence graisseuse du foie, du cœur, etc., chez les personnes grasses, et spécialement chez les alcooliques ou les grands buveurs de bière.
La stéatose est une des causes de la cirrhose du foie et des morts subites par cessation des battements du cœur, qu’on attribue trop légèrement dans le monde à de prétendus anévrismes du cœur.
STERAAEGIE (voir Angine de poitrine). — Il y a des douleurs du sternum qui sont loin d’avoir la gravité de l’angine de poitrine. Ainsi, dans certaines bronchites, au début, -il existe parfois des douleurs sternalgiques très vives et très pénibles qu’on parvient à calmer facilement avec de bons cataplasmes de farine de lin très chauds.
STIGMATES. — Stigmates, en médecine, signifie : petites cicatrices ou marques provenant de la vaccination ou d’une blessure insignifiante, ou de la variole; on appelle aussi stigmates les plaies saignantes que les extatiques, que j’ai désignées dans mes mémoires académiques sur Louise Lateau, la stigmatisée de Bois-d’IIaine, sous le nom de Chnslomanes, présentent sur diverses parties du corps.
Pour les détails historiques et scientifiques relatifs aux stigmates, je renvoie au Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle par Pierre Larousse, tome quatorzième, page 1105, art. Stigmate, que j’ai écrit à la demande de l’auteur de cette magnifique Encyclopédie.
STOMATITE. — Inflammation de la bouche par suite de maux de dents, de la présence de fausses dents ou d’un râtelier; souvent aussi par suite de l’usage de pommades mercurielles. (Voir Gingivite, page 451.)
STRABISME. — boucherie, berlue. (Voir Maladies des yeux.)
STROPIIL) LE S. — Éruption localisée de petits boutons sur la peau chez les scrofuleux vaccinés.
SEDAMIN A. — Petites vésicules qui s’élèvent sur la peau après certaines