SCROFULES
SCROFULES. — La scrofulose et la tuberculose ont donné lieu à de nombreuses dissertations scientifiques, que je ne veux pas juger ici. Il suffira de dire que les scrofules sont des infiltrations ou des dépôts de lymphe plastique, plus ou moins altérée, siégeant le long des vaisseaux ou dans les ganglions lymphatiques et jusque dans les tissus divers, cellulaires, fibreux et osseux. Les partisans de la microbie exclusive voient dans ces infiltrations plastiques des êtres spéciaux (microbes, cela va sans dire). En réalité, ce sont de simples concrétions anormales albumino-fibrineuses d’un sang malade qui, à un degré plus avancé de la maladie dont ils sont un des effets, prennent le nom, non plus de scrofules, mais de tubercules.
La scrofulose est une tuberculose en gestation.
Causes. — Tout ce qui altère la constitution humaine peut devenir cause de la scrofulose. Mais la vaccine, la syphilis et la misère en sont les principaux générateurs. (Voir Comptes rendus des Congrès des Antivaccinateurs, à Paris, Berne, Cologne, etc., de 1880 à 1889.)
Traitement. — Rétablir la santé et la constitution des scrofuleux par la suppression des causes morbides qui les ont altérées, et par l’application de tous les moyens hygiéniques dont ces sujets peuvent disposer, telle doit être la base du traitement.
Le traitement anti-scrofuleux comprend donc l’air pur, une alimentation saine, la gymnastique, des médicaments purgatifs et salins à petites doses, et les ferrugineux rationnellement répartis et continués avec persévérance.
Mesures préventives. — Si l’on pouvait prendre au sérieux les inconcevables blagues de l’école chimiatrique de Pasteur, qui a si longtemps fourvoyé la médecine française, on lui demanderait non pas seulement de guérir radicalement les tuberculeux et les scrofuleux en tuant les microbes qui, selon elle, seraient le germe initial et la cause réelle des scrofules et des tubercules, mais d’empêcher les microbes de pénétrer dans l’économie humaine.
Or, aller tuer par des caustiques (des microbicides) les microbes épars dans les profondeurs de l’organisme, sans lui causer préjudice, et rendre cet organisme réfractaire aux atteintes de ces microbes en les y insinuant peuà-peu, ce sont de beaux rêves, mais il faut être halluciné pour les concevoir et pour chercher à les réaliser
Voila deux affections cruelles, très communes, qui ont pour agents générateurs entre autres : la misère et ses complices, la saleté, l’insuffisance alimentaire, etc.; ces agents générateurs, h eux seuls, chaque jour, dans tous les pays, produisentles mêmes affections : la scrofulose et la tuberculose; et devant ces faits palpables, connus de tout le monde, on irait chercher la petite bête, le microbe : 1° pour expliquer l’origine de ces maladies, 2° pour les guérir, 3° pour empêcher leur développement.