VERTIGE — VOMISSEMENT
VERTIGE. — Éblouissement ou étourdissement passager, généralement, sans importance. Symptôme de l’ivresse, de l’anémie, de la chlorose, etc.
VÉSANIE. — Les anciens médecins donnaient le nom de vésanie à la plupart des maladies mentales. Aujourd’hui, on réserve cette expression aux affections du cerveau qui portent principalement sur les facultés affectives, sur les sentiments, telles que la mélancolie, le dégoût de la vie, les aberrations de l’amour maternel.
J’ai connu une dame qui, à chacune de ses maladies aiguës ou chroniques, était prise d’une désaffection complète pour ses enfants, qu’elle chérissait pourtant et dont elle était adorée. Cette vésanie durait quelquefois deux mois encore après la convalescence.
J’en ai connu une autre très riche, très affectueuse, qui se crut la plus malheureuse des femmes durant les dernières années de sa vie, parce que, disait-elle, son gendre, qui avait pour elle les attentions les plus délicates, lui avait ravi l’affection de sa fille !
VESSIE. — Les maladies de la vessie, à part les calculs vésicaux dont il a été question à l’article Calcul, sont identiques à celles de tous les viscères du corps humain et réclament le même traitement.
VIEILLESSE. Voir Première partie et Longévité.
VIRUS. — Germe morbide transmissible par inoculation directe. Le moL microbe a failli supplanter celui de virus, qui est plus général.
V1TILIGO. — Le vitiligo consiste en taches blanches sur la peau dues à une simple altération de la matière pigmentaire de ce tissu. Ces taches sont, indélébiles. Elles se présentent chez les noirs comme chez les blancs, sans maladie ni cause connues.
VOLVULUS. — Coliques de miséréré. Invagination des intestins.
VOMITIF. — Le vomitif (sirop et poudre d'ipécacuana pour les enfants, émétique pour les adultes) est un agent thérapeutique précieux au début des maladies aiguës chez les jeunes sujets. Mais il ne faut l’employer qu’une fois par jour, même dans les cas de croup ou de bronchite.
Chez les adultes, le vomitif n’est guère recommandable que dans les cas d’empoisonnement par les moules ou par d’autres substances toxiques.
Dans toutes les autres circonstances, les purgatifs sont infiniment préférables aux vomitifs.
VOMISSEMENT. — C’est un symptôme tantôt d’une indisposition légère, tantôt d’une affection aiguë naissante, tantôt d’une maladie chronique grave.
ün remarque souvent chez les personnes âgées, qui abusent des boissons aqueuses, fermentées ou non, bière, tisane, etc , des vomissements qui se reproduisent tous les matins et qui ont reçu en médecine, par suite de leur
VULVITE — ZONA.
cause déterminante, le nom peu délicat de vomissements crapuleux. Les houilleurs, grands buveurs de petit café et d’eau, sont très fréquemment atteints de cette incommodité.
Il suffit de prescrire un régime sec, légèrement tonique, pour voir disparaître, au bout de quelques semaines, ces vomissements matinaux.
VUL> ITR. — Inflammation de la vulve, accompagnant souvent l'inflammation du vagin.
Le traitement émollient et antiphlogistique consistant dans le repos du corps, les bains de siège et les cataplasmes chauds, des sangsues même, triomphe facilement de cette affection. Cependant il peut seproduire un abcès des grandes lèvres qu’il faut ouvrir avec la lancette, dans les cas où l’inflammation est très violante, surtout si l’on a tardé à prendre, dès le début, le repos et les soins nécessaires.
X1ÎROSIS. — Maladie oculaire incurable, dans laquelle la cornée se dessèche et se flétrit, soit par la paralysie des nerfs qui entretiennent sa vitalité, soit par obstruction des vaisseaux qui la nourrissent.
YAWS (pian, frambœsia'. — Maladie de la peau propre à la race nègre et à certaines peuplades de l’Amérique, qui est caractérisée par des éruptions tuberculeuses saignant facilement, d’aspect assez semblables aux framboises.
i Causes. — La syphilis et la gale, autrement dit : la luxure et la malpropreté engendrent facilement le vaws chez les sujets malingres, scrofuleux, mal nourris.
T rai terne ni. — Des soins de propreté à la peau et des lotions avec le genièvre ou le vinaigre, d’une part; de l’autre, une alimentation saine en rapport avec le climat, et des médicaments dépuratifs, tels que les alcalins, le soufre, associés à des toniques astringents, aux extraits de quinquina et de ratanhia. Tels sont les moyens que les nègres opposent avec succès à cette maladie.
Mesures préventives. — On prévient le développement de la frambœsia, comme celui de l’éléphantiasis, de la lèpre, du lichen et de la plupart des affections de la peau, en observant les règles de l’hygiène, de la biologie et de la morale, qui s’accordent toujours facilement entre elles.
YEUX. — Maladies des yeux. (Voir Maladies oculaires.)
ZONA (voir llerpès). — Le zona (herpès en ceinture) ressemble à l’érysipèle. Il se montre fréquemment à la poitrine, quelquefois aux cuisses, aux jambes, etc. Il est l’indice ou d’une altération passagère du sang connue
ZONA.
l'urticaire, ou d’une irritation locale de la peau, à la suite d’un refroidissement prolongé ou par le contact d’une substance plus ou moins caustique.
Les émollients, cataplasmes d’amidon, tisanes sudorifiques, et le repos au lit; au besoin, quelques purgatifs doux, tels sont les remèdes indiqués contre ce mal, plus douloureux que grave.
.Nous avons dit souvent que beaucoup de maladies de la peau sont le résultat d’une mauvaise constitution plus encore que de la malpropreté. Les bouilleurs nous fournissent de fréquents exemples de la justesse de cette remarque. En général, les houilleurs sont propres autour d’eux Par profession, étant couverts souvent de poussière de charbon, ils sont obligés de se laver tous les jours des pieds h la tête. Mais ces malheureux, presque toujours mal nourris et privés la plupart du temps d’air et de soleil, deviennent malingres et scrofuleux. Aussi les affections cutanées se montrent-elles chez eux fréquentes et variées. C’est là un des tristes privilèges de ce rude métier. Dans le Traité des maladies, des accidents et des difformités des houilleurs, que j’ai publié en iun vol. in-8°, chez Fischer à Bruxelles), j’ai fait ressortir cette vérité qu’il n’existe pas de maladies proprement dites professionnelles chez les bouilleurs, pas plus que dans les autres professions, mais que certaines maladies communes s’y montrent particulièrement tenaces. De ce nombre, sont le zona, la teigne et la mentagre ( sycose ).
Le zona, chez les houilleurs, prend facilement un caractère de chronicité remarquable. Je l’ai vu durer de trois à quatre semaines. Mais chez eux comme, chez tous les autres sujets, il faut s’abstenir d’appliquer sur les points malades des topiques irritants, tels que la teinture d’iode, les eaux phéniquées, sulfureuses, etc. C’est aux bains, aux émollients, aux boissons laxatives ou rafraîchissantes, qu’on doit accorder la préférence. Parfois pour calmer les douleurs et le prurit insupportable qui suit l’apparition des vésicules du zona dans les cas où la maladie dure quelque temps, il est bon de recouvrir l’éruption d’un emplâtre de poix blanche.
On doit s’attacher aussi, dès que la maladie est entrée dans sa période de dessiccation et de retour, de modifier autant que possible la constitution des houilleurs par une bonne hygiène, par un régime tonique mais frugal où les végétaux dominent et par les préparations amères et aromatiques, qui sont indiquées, avec les doux dépuratifs, contre toutes les nuances et toutes les variétés de la scrofulose et de l’anémie.
Ij Art de vivre est terminé. Dans sa partie hygiénique comme dans sa partie médicale, je me suis attaché à exposer les notions et les procédés que la science nous révèle, tant pour conserver notre santé que pour nous prémunir contre les maladies, et pour triompher de leurs atteintes quand elles nous surprennent ou quand il ne nous a pas été possible de nous soustraire à leurs coups.
Partout j’ai employé un langage simple, précis et clair, de manière â être compris des gens du monde, tout en donnant sur chaque sujet des renseignements et des explications propres à éclairer les esprits et à les convaincre de la justesse de mes conseils. Un dictionnaire, par sa forme alphabétique, n’est, au fond, qu’un recueil de documents isolés, bons à consulter au besoin; cependant, je me suis efforcé de rendre attrayante et instructive en même temps, la lecture de celui qui constitue la Seconde partie de ce livre.
Je disais en commençant que, grâce à l’inouï développement des connaissances humaines dans le cours du XIXe siècle, aujourd'hui Y hygiène est une science positive et la médecine une science rationnelle. J’ai dit aussi que « Y Art de vivre, aussi bien dans sa partie hygiénique que dans sa partie médicale, serait exempt de toute conception philosophique, de toute théorie doctrinale, de< toute hypothèse et de toute méthode préconçue ».
Je crois avoir tenu parole.
AUX LECTEURS DE l’aRT DE VIVRE.
L’école hippocratique, ou l’école de la nature, est la seule dont je relève et dont je me suis inspiré dans tous mes écrits. C’est, d’ailleurs, la seule école hygiénique et médicale qui survivra à toutes celles qui lui ont succédé et qui sera professée et pratiquée dans l’avenir.
On s’extasie souvent, avec raison, devant les admirables découvertes et les ingénieuses inventions des savants de notre époque, et l’on est enclin à en conclure et à croire que le progrès des sciences est indéfini. En ceci on a tort. La nature, dans ses principes et dans ses lois, est d’une extrême simplicité. L’homme n’invente ni ne crée rien; il découvre et il explique, et chacune de ses découvertes ou de ses explications ne fait que confirmer la simplicité, l’uniformité des moyens par lesquels sont accomplis tous les phénomènes si multiples et si variés qui se passent dans l’univers. De telle sorte qu’on peut dire que plus l’intelligence humaine s’éclaire et s’enrichit en parcourant le cycle des sciences physiques, et plus elle reconnaît l’identité des causes et la similitude des procédés qui régissent les manifestations et les propriétés, le mouvement et la vie de tous les êtres.
Fidèle et scrupuleux observateur des principes des sciences exactes et des lois de la nature, j’ai parcouru ma studieuse carrière à travers tous les systèmes scolastiques et toutes les méthodes fantaisistes que j’ai vus naître ou vus reproduire dans le domaine de l'Art de vivre, en me conformant aux sages préceptes de notre premier maître à tous, Hippocrate, qui s’abstint toujours de substituer à la réalité des choses les rêves de l’imagination.
A leur aurore, les sciences d’observation sont parties de l’étude des faits ou des effets, qu’elles constataient simplement sans y rien comprendre. Chaque jour apportait des découvertes nouvelles; et le désir de les comprendre et de les expliquer fit naître mille théories diverses. Mais ce fut seulement à partir de Galilée, de