AUX LECTEURS DE L’ART DE VIVRE
Pascal, de Newton et de Lavoisier que le voile, jusque-là impénétrable, qui cachait aux savants le mécanisme si peu compliqué auquel obéit tout l’univers, commença à s’entr’ouvrir. Jusque-là, tout était mystère. On avait imaginé des fluides, des forces, des systèmes innombrables, pour expliquer les moindres phénomènes de notre globe terrestre : la pluie, les vents, la chaleur, la lumière, le mouvement, etc. Aujourd’hui, fluides, forces, systèmes, s’évanouissent tour à tour. On sait parfaitement que tout vit et marche, naît et meurt, se produit et se disloque, dans le monde, en vertu de simples mouvements provoqués par l’essence même de la matière et transmis par elle au moyen de ses vibrations intimes. Le son est une vibration de l’air, des gaz, des liquides ou des solides, mis en branle; la chaleur, la lumière, l’électricité, sont absolument dans le même cas. Un choc est provoqué quelque part à quelque chose; ce choc est transmis par contact direct aux choses quelconques du voisinage, qui vibrent à l’unisson de l’objet ou de l’être mis en mouvement ou en branle ; et, selon que ce choc et ces vibrations sont plus ou moins violents et rapides, les mêmes êtres et les mêmes objets produisent le son, la chaleur, la lumière ou l’électricité!
N’est-ce pas d’une simplicité merveilleuse?
Tous les phénomènes de la vie organique relèvent des mêmes causes et obéissent aux mêmes lois que ceux de la vie inorganique. La physiologie et la pathologie humaine, la physiologie et la pathologie des animaux et des plantes tendent à se confondre sous le nom d’une science générale : la biologie, qui étend son empire de plus en plus, chaque jour, sur les faits du règne, dit : inorganique ou minéral, et qui finira par les embrasser dans ses lois universelles.
N’est-ce pas d’une merveilleuse uniformité?
L’homme donc n’invente, ne crée rien; il découvre et il