‹ L'art de vivreChapitre 22 sur 168 · RÔLE DE LA MÉNAGÈRE · texte numérisé non relu

RÔLE DE LA MÉNAGÈRE

(le connaissances variées, que de zèle, de tact et de cœur la ménagère doit posséder pour le remplir convenablement!

Une bonne ménagère est un trésor.

A quoi sert cette éducation raffinée si mondaine qu’on donne trop souvent aux jeunes filles dans la plupart des pensionnats et des écoles de toute catégorie? Elles acquièrent l’amour de la toilette plutôt que le goût de la propreté; elles savent poser devant le monde, tapoter du piano, moduler des romances, parler superficiellement de littérature et d’art, de modes et de théâtres; elles deviennent quelquefois habiles pour les ouvrages au crochet ou â l’aiguille. Mais elles n’ont ni l’esprit d’ordre et d’économie, ni la science pratique et théorique nécessaires à la ménagère. Tous les détails du ménage sont alors laissés à des sujets, généralement ignorants et incapables.

Recherchez les causes des mauvais ménages dans les classes ouvrières et chez les gens aisés, et vous trouverez qu’elles résident souvent dans l’insuffisance, l’ineptie des ménagères.

Comment l’ouvrier qui s’est échiné une grande partie de la journée pour gagner le salaire destiné à l’entretien de la famille, serait-il content et heureux en rentrant chez lui, si la maison est sale, la femme et les enfants mal lavés, le potage mal cuit et les meubles en désordre. Notez que le goût de la propreté et de l’ordre inspirent â la ménagère l’esprit d’économie; et que l’économie jointe à l’ordre et à la propreté, dans les ménages, constitue le meilleur moyen de prévenir les maladies.

Ne sont-ce pas, en effet, les jeunes filles qui ont été employées en qualité de servantes dans les maisons bien tenues et bien dirigées, qui deviennent les meilleures ménagères, dans nos classes laborieuses?

D’un autre côté, combien ne voyons-nous pas de familles, aisées ou riches autrefois, contracter des dettes et tomber dans la misère par suite de l’incurie d’une mère de famille, femme du monde plutôt que femme de ménage, qui a gaspillé l’argent en achetant, sans méthode et sans circonspection, a tort et à travers, aussi bien des bibelots et brimborions inutiles que les comestibles, les vêtements et les meubles indispensables !

Les écoles ménagères viennent donc combler une grande lacune

dans l’éducation des femmes.

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