PROGRAMME DES ÉCOLES MOYENNES
Il faut établir deux sections dans l’enseignement moyen, pour permettre à toute une catégorie de jeunes gens de quitter les cours après leur quinzième année.
Première section [12 à 15 ans). — Dans ces trois années, on enseignerait les principes et les radicaux des langues grecque et latine, d’où le français est dérivé ; les éléments, les sources et les difficultés de la langue française; l’arithmétique et l’algèbre raisonnées, jusqu’aux équations du second degré exclusivement; la géométrie plane, le dessin et l’architecture élémentaires ; les principes généraux des sciences naturelles, y compris l’hygiène, la géographie et l’histoire générales.
Deuxième section (15 à 18 ans). — La première année comprendrait la poésie; la seconde, la rhétorique; la troisième, la philosophie. Toutes les branches de la section précédente seraient, en outre, continuées, détaillées et approfondies.
C’est à la fin de l’enseignement moyen qu’il faut initier tous les jeunes gens, garçons et filles, aux conceptions philosophiques, plus ou moins sensées, qui ont illustré tant de grands esprits, dont la plupart, grâce au développement des sciences exactes, ne ' paraissent plus à nos yeux que de sublimes rêveurs.
Nous ne voudrions pas que ce cours fût réservé aux écoles supérieures, parce que nous considérons celles-ci, ainsi que nous le dirons plus loin, comme des écoles spéciales d’application; et parce que l’histoire du mouvement philosophique de l’humanité nous paraît être le complément de l’enseignement moyen intégral, tel que nous le concevons.
MALADIES DE LA JEUNESSE
MALADIES DE LA JEUNESSE
Règle générale, les maladies de la jeunesse réclament l’intervention active de l’art de guérir.
Tout est vif, impétueux, rapide, dans ces natures vierges, en voie d’évolution. Pour peu qu’on néglige une bronchite, un mal de tête, une indisposition, on peut voir survenir des affections aiguës ou chroniques plus ou moins graves. Au nombre de ces maladies, citons les plus fréquentes : la chlorose et l’anémie, les fièvx’es typhoïdes, l’épilepsie, l’hystérie, la catalepsie, l’extase, le somnambulisme, l’hypnotisme, la phtisie.
Disons un mot, maintenant, des habitudes vicieuses:
Habitudes vicieuses. — Les jeunes gens vifs, impétueux, imprévoyants, avides de plaisirs, à qui tout semble sourire, qui ne voient que dans un lointain vague, indéfini, les limites de la vie, et dont les organes souples et les sens impressionnables s’accommodent si promptement aux milieux dans lesquels ils s’agitent, se passionnent facilement pour tout ce qui leur plaît ou leur goûte, pour tout ce qui leur paraît bon ou agréable.
Malheur à ceux qui s’adonnent aux liqueurs spiritueuses , aux jeux de hasard, aux liaisons funestes, au tabac et aux femmes !
Mais surtout malheur à ceux qui se livrent aux habitudes solitaires! — à cette infâme habitude, la masturbation, qui a fait le sujet de livres spéciaux où les conséquences funestes des actes contraires à la nature, et des excitations provoquées par des manœuvres révoltantes, sont longuement détaillées.
La figure terne, le regard fuyant et honteux, la voie fêlée, le caractère triste, maussade et irritable de ces sujets, les dénonce facilement à tout praticien, et à tout instituteur ou professeur intelligents.
Cette ignoble habitude use prématurément le système nerveux. Elle rend la femme stérile et l’homme impuissant pour une grande partie, sinon pour le reste de leur vie!
C’est elle qui conduit tant de malheureux jeunes gens aux maladies de langueur, à la phtisie pulmonaire et au suicide.
C’est elle encore qui engendre, chez tant de sujets, outre fini-
MALADIES DE LA JEUNESSE
puissance et la stérilité, les névroses, l’épilepsie, l’hystérie, l’hypocondrie, les maladies du cœur et de la moelle épinière, terribles affections, dont ceux qui n’en meurent pas dqjis le cours de l’âge viril, conservent les traces et subissent les infirmités jusqu’à la fin de leur triste existence...
Aux habitudes vicieuses, opposons les bonnes habitudes, lesquelles, malheureusement, ne sont pas toujours exemptes de dangers, si l’on néglige les précautions ordinaires du bon sens et de la prévoyance.
Ainsi tous les jeunes gens doivent savoir nager, monter à cheval, manier une épée, un fusil, grimper aux arbres et au x. échelles de cordes.
Toutes les filles, de leur côté, devraient être familiarisées, au moins, avec les exercices de la natation, de la course, de la danse et de la lutte.
Tous ces exercices font partie de la gymnastique physiologique des jeunes gens.
C’est par eux autant que par l’éducation, l’instruction et la morale, que seront combattus efficacement les penchants vicieux et les excitations perverses, conséquences trop souvent de l’oisiveté, de l’ignorance et des mauvais exemples, ou de la fréquentation des débauchés et des libertins précoces.