A 18 ANS
soudés par le côté longitudinal. Dans cette fusion, certains organes se sont confondus intimement : l’estomac et les intestins, le nez et la bouche par exemple ; d’autres se sont simplement accolés (le cœur droit et le cœur gauche, le cerveau droit et le cerveau gauche sont dans ce cas); d’autres, enfin, sont restés distincts (les bras, les jambes, les oreilles, les yeux, les poumons, les reins, etc.).
Quelques organes ont perdu une partie de leur fonction dans cette union organique : le foie gauche s’est plus ou moins atrophié et a reçu le nom de rate, qui reste comme l'indice ou le souvenir d'un viscère devenu inutile, le foie droit suffisant à lui seul à l’élaboration de la bile pour les deux individus.
On comprend maintenant que l’homme puisse vivre, penser et agir après avoir perdu un côté du cerveau, un poumon, un sein, etc.
Quant aux différences sexuelles qui caractérisent l’homme et la femme, elles se réduisent à un simple arrêt d’évolution. A quelle période de ses évolutions organiques l’homme originellement hermaphrodite est-il arrivé à la séparation des sexes? Il serait impossible de le dire.
Le fait constant et palpable, c’est que la femme et l’homme sont doués absolument des memes organes : seulement, ceux qui portent chez elle les noms de matrice et ovaires, sont devenus, par un degré de conformation plus prononcé chez l’homme, le scrotum et les testicules.
Faites procéder, au dehors, les viscères internes de la femme : voilà que les deux ovaires descendent sur la matrice; celle-ci descend à son tour dans le vagin présentant à l’air sa face interne qui devient la face externe du scrotum, et renfermant dans son intérieur les deux ovaires qui prennent le nom de testicules. Il suffit que le clitoris s’allonge et se développe un peu pour former le pénis.
De la femme à l’homme, au point de vue organique, il n’y a donc d’autre différence qu’un léger degré d’évolution de quelques organes, qui, d’internes chez la femme, deviennent externes chez l'homme.
La fille est plus petite, à la naissance, que le garçon, parce que la fille n’est qu’un garçon dont quelques organes se sont arrêtés à un certain point de développement anatomique.
L’harmonie fonctionnelle et l’attraction organique entre l’homme et la femme sont donc bien plus intimes et plus étroites, qu’on ne le croyait quand on les considérait comme deux êtres, absolument distincts parleur structure et leurs fonctions individuelles.
Suivons maintenant les garçons et les filles dans leur période de croissance et de développement complets.
L’adolescent, qui s’est simplement allongé jusqu’à l’âge de 12 ans, va bientôt se former en tous sens et arriver avec la puberté à cet heureux temps de rêves, d’aspirations, d’épanouissement physique et d’expansion intellectuelle, qui a fait comparer la jeunesse à un bouton de rose ouvrant ses pétales et lançant ses premiers parfums au soleil.
Dans le monde, on distingue souvent la période de la jeunesse en deux temps : la première jeunesse, de 12 à 15 ans; et la jeunesse véritable, de 15 à 18 ans.
Quant à nous, fidèle à notre méthode, nous allons suivre pas à pas les jeunes gens dans le cours de cette riante carrière, depuis la douzième année jusqu’à la dix-huitième révolue.
Douze ans, c’est l’âge qui a été fixé de commun accord au congrès d’hygiène, tenu à Bruxelles, en 1876, pour commencer l’apprentissage, aussi bien en Russie qu’en Espagne, en Allemagne qu’en Angleterre. C’est l’époque où les adolescents se partagent en deux classes bien distinctes : ceux qui se destinent à exercer tout de suite une profession particulière, en débutant par le rôle d’ apprentis ; et ceux qui veulent se livrer à des études approfondies, pour choisir plus tard une profession spéciale.
Les jeunes gens de la première catégorie doivent donc, dès l’âge de 12 ans, à l’instigation et sur les conseils de leur famille, faire choix d’un état, en consultant leurs aptitudes, leurs goûts et en considérant leurs ressources actuelles et leurs projets d’avenir.
Les apprentis ne peuvent pas être astreints à travailler chaque jour aussi longtemps que les ouvriers.
C’est pour cela que, dans la plupart des pays civilisés, leurs occupations sont l’objet de lois particulières et de règlements précis.
Tous les genres de travaux sont accessibles aux garçons.
Les filles ne peuvent jamais être admises en qualité de mili-
taires, de forgerons, d’ardoisiers, de souffleurs de verre, de puddleurs, de houilleurs ; en un mot, dans l’un quelconque de ces métiers difficiles et dangereux, qui exigent à la fois un grand déploiement de force musculaire, une attention soutenue et beaucoup de sang-froid.
Dans le choix d’un état, elles doivent s’inspirer, avant tout, de leur destinée et de leurs fonctions propres.
Toute profession incompatible avec la grossesse, la lactation et les tlueurs menstruelles, doit leur être absolument interdite, de par la loi, dans l’intérêt suprême de la conservation de la race.
En revanche, elles peuvent s’adonner à toutes les professions sédentaires, qui ne réclament pas de grands efforts musculaires, telles que celles de pharmacien, avoué, huissier, avocat, commis, horloger, bijoutier, dessinateur, etc. Quant à certaines autres professions dont la pratique est entourée de dangers ou d’inconvénients sérieux, et dans lesquelles il faut toujours être armé de beaucoup de sang-froid et d’énergie, nous pensons qu’il serait sage d’en détourner les personnes du sexe. Comment veut-on qu’une femme-architecte monte, t'i tout instant, au sommet des édifices? Qu’une femme-médecin assiste à des scènes d’agonie, à des opérations sanglantes, dans le cas où elle serait, par exemple, au début d’une grossesse ou au commencement d’une époque menstruelle?
La femme, de 15 à 50 ans, est sous l’empire d’une fonction délicate et importante dont les perturbations brusques ou réitérées peuvent mettre en jeu son existence ou celle des fruits qu’elle peut porter dans son sein.
C’est le point essentiel que ne devraient jamais perdre de vue les hygiénistes, qui s’attachent à rechercher quelles sont les professions accessibles aux femmes.
On se plaint tous les jours, non sans raison, de ce que l’instruction des femmes n’est pas en rapport avec celle des hommes.
Pourquoi les maisons d’éducation qui leur sont destinées ne copieraient-elles pas leur programme, à quelques variantes près, faciles à déterminer surtout en ce qui concerne les exercices gymnastiques et les cours scientifiques spéciaux, sur celui des collèges?
HYGIÈNE DES ORGANES EXTERNES
Faut-il envoyer les filles en pension? À quel âge?
Il serait à désirer que les filles ne fussent jamais colloquées dans des internats. Jamais une étrangère ne remplacera la mère dans Y éducation familiale des jeunes filles, qui doit marcher toujours de compagnie avec leur éducation sociale. D’ailleurs, n’est-il pas regrettable de devoir les soustraire, pendant la période la plus critiqué et la plus délicate de leur existence, à la surveillance tutélaire de la famille?
Il ne faut donc envoyer les filles en pension que lorsqu’il est absolument impossible de leur donner, d’une autre manière, une instruction solide. Mais, dans tous les cas, jamais avant l’àge de 12 ans.
La puberté se développe sans secousses, chez les jeunes gens qui sont doués d’une bonne constitution. Cependant, la rapidité de la croissance, le développement simultané de plusieurs organes importants, l’apparition de nouvelles fonctions, surtout chez les sujets qui vivent dans des appartements mal aérés ou qui se livrent à des occupations sédentaires, déterminent assez souvent un état de malaise, d’alanguissement général, auquel on donne le nom de chlorose, chez les femmes, et d'anémie, chez les garçons.
La jeunesse est l’âge de la coquetterie. Les jeunes gens cherchent à plaire, à se faire aimer.
C’est donc, ici, que nous placerons les considérations relatives à Vhygiène des organes des sens et des tissus externes, en réservant {'hygiène des fonctions et des organes internes pour le chapitre où il sera question de l’âge viril et de l’âge mûr.
HYGIÈNE DES ORGANES EXTERNES
Cheveux. — Les cheveux doivent être peignés et brossés tous • les jours; lavés, à l'eau froide en été, tiède en hiver, deux fois par semaine.
Les pommades, les huiles et les eaux aromatiques ne valent absolument rien, pour personne.
La chevelure est une tunique protectrice du crâne. Trop courte, comme les hommes la portent aujourd’hui, elle expose la tète aux variations brusques de température, si communes dans nos cl i-
HYGIÈNE DES ORGANES INTERNES
mats tempérés; trop longue, comme on la voit chez nos femmes, elle entretient vers la nuque une congestion sanguine, qui peut occasionner diverses maladies, entre autres une altération lente et progressive de la santé, qui se traduit par de nombreux dérangements de l’estomac et des intestins.
Il résulte de là que les chauves doivent porter perruque, et que ,les femmes, qui ajoutent des tas de faux cheveux à leur chevelure naturelle, courent au-devant des maux de tête, des migraines et des névralgies occipito-temporales, que ces artifices de coiffures, ou plutôt de coiffeurs, traînent à leur suite.
Il résulte de là aussi qu’il ne faut pas laisser aux jeunes filles de 12 à lo ans une trop longue chevelure.
Chez les hommes, la tête peut être recouverte d’un chapeau léger ou d’une mince casquette, hiver comme été, si la chevelure est intacte. Dans le cas contraire, en l’absence de perruque, on doit se servir de couvre-chefs plus chauds, bonnet de soie ou de coton, casquette de laine, chapeaux divers.
La femme, grâce à sa chevelure abondante, a moins besoin de protéger sa tête contre les refroidissements subits. C’est plutôt pour se garer contre les coups de soleil qu’elle doit adopter en été les chapeaux de paille légers, à larges bords.
Yeux. — Les transitions brusques de lumière et d’obscurité, les poussières et les vapeurs de toute espèce doivent être évitées soigneusement par le clignotement ou même la fermeture plus ou moins longue des paupières. Cette précaution est très importante.
Pendant le travail, la lumière doit tomber sur les objets destines à être vus nettement, et non directement sur les yeux.
Ainsi, il faut toujours tourner le côté ou le dos au soleil, au jour, ou à la lumière artificielle, quand on veut porter attentivement ses regards sur des objets quelconques, grands ou petits. Un dessinateur qui omet de prendre cette précaution court risque de devenir aveugle par paralysie de la rétine (amaurose). J’en ai vu plusieurs tristes exemples.
Les personnes qui travaillent habituellement sur de petits objets, les écoliers, les horlogers, les couturières, doivent les éloigner le plus possible des yeux, et porter pendant le travail seu-
HYGIÈNE DES ORGANES INTERNES
lement, des lunettes de myope, s’ils sont obligés de se baisser trop sur leur ouvrage.
Nul ne doit tenir constamment des lunettes devant les yeux, pas même le myope. On ne se sert de ces instruments que pour distinguer convenablement ce qu’on veut voir bien.
En tout autre temps, l’organe visuel doit rester libre, même dans les cas d’ophtalmie. Il vaut mieux, quand l’reil est irrité, se confiner dans une chambre obscure ou porter une bonne visière que de mettre des lunettes bleues ou grises.
A propos de myopes et de lunettes, Francisque Sarcey, instruit par une cruelle expérience, a voulu battre en brèche un préjugé dont il a été victime, mais en érigeant, à côté de ce préjugé vaillamment et victorieusement combattu, une hérésie scientifique contre laquelle nous devons protester.
On lui avait dit : quand on est myope, il faut se servir de lunettes le moins possible pour travailler. Ce qui est absurde. L’œil myope ou presbyte, qui ne distingue pas nettement les objets, le premier à longue, le second à courte distance, et qui s’obstine à les regarder, à chercher à en distinguer les caractères et les contours, se fatigue, s’échauff'e, se surmène et arrive, par suite de ces efforts visuels, à la congestion, à l’irritation des tissus oculaires, dont le retour fréquent amène l’amblyopie, l’amaurose, la cataracte ou d’autres infirmités oculaires.
« Eh bien! dit Francisque Sarcey, c’est une pure bêtise. Je vous assure, je vous jure, que c’est une bêtise, et je ne puis parler de cette bêtise sans une sorte de colère, car j’en ai été la victime. Quand je pense que moi, qui me pique de philosophie, moi moraliste juré, qui me plais à analyser les opinions des hommes pour en discerner le vrai et le faux, je me suis laissé stupidement prendre à un lieu commun, à une phrase toute faite, par la seule raison que cette phrase toute faite m’avait été dite et redite cent fois, mille fois en mon enfance? Quand je pense que je m’exterminais à lire et i\ écrire des jours entiers sans lunettes, alors que j’aurais été si heureux d’en mettre! Quand je pense (jue je me privais de ce plaisir infini devoir pour ne pas fatiguer mes yeux, et que c’était précisément ce travail excessif auquel je les soumettais, qui allait m’en prendre un complètement et
HYGIÈNK DES ORGANES INTERNES
mettre l’autre à deux doigts de sa ruine. Oui, c’est parce que j’ai cru comme un sot à un dicton banal, dans une chose qui, pourtant, m’intéressait si fort, c’est pour cela que j’ai failli devenir aveugle. »
Le chroniqueur parisien concluait avec raison que les myopes, pour lire, écrire et distinguer nettement les objets, doivent porter des lunettes, aussi bien que les presbytes.
Mais Francisque Sarcey eut tort d’ajouter : la myopie est une mauvaise vue.
La myopie résulte d’un état d’accommodation des yeux qui les arrondit ou augmente la densité des humeurs transparentes ou vitrées, mais elle ne constitue pas plus une « vue mauvaise » que la presbytie, au contraire!
Oreilles. — Lavez les oreilles, tous les jours, en dedans et en dehors avec de l’eau fraîche, pour enlever les poussières et le cérumen durci; un cure-oreilles à bords mousses, manié avec précaution, est utile quelquefois.
L’usage de mettre du coton dans les oreilles est aussi absurde que celui de les faire percer pour y appendre des bijoux!
Les bijoutiers prétendent que les boucles d’oreilles évitent des ophtalmies aux enfants. Rien n’est plus faux, MM. Josse!
Que de préjugés contraires à l’hvgiène, l’intérêt ou la cupidité a fait naître!
Nez- — L’inspiration par le nez d'un peu d’eau fraîche tenue dans le creux de la main, est une excellente pratique de propreté qu’il faut recommander à tous les âges.
Nous dirons tout le contraire de la détestable habitude de fumer, de priser, ou de chiquer l’herbe fétide et empoisonnée connue sous le nom de tabac, et dont les moindres effets nuisibles sont : 1" d’irriter les muqueuses du nez et de la gorge et d’affaiblir le sens de l’odorat (tabac à priser et à fumer); 2° de gâter les dents, ramollir les gencives, empoisonner la salive, ulcérer l’estomac et provoquer le cancer des lèvres et du cardia (tabac â fumer et a chiquer); 3° d’engourdir le système nerveux du cerveau et des sens.
La fumée du tabac, qui constitue l’atmosphère des tabagies, des tavernes et des cabarets, contient tout ce qu’il faut pour conduire
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lentement leurs habitués aux maladies suivantes : apoplexie, ramollissement du cerveau, névroses, gastralgies, etc.
Bouche. — II faut se rincer la bouche avec de l’eau, fraîche en été, tiède en hiver; se nettoyer les dents avec un linge de toile, au moins une fois par jour.
Le passage alternatif de substances chaudes et de substances froides sur les dents, à des intervalles très courts, est l’une des causes les plus fréquentes de la carie dentaire.
Evite/ d’employer les dentifrices, quels qu’ils soient.
La brosse à dents est même un outil nuisible.
Rien n’est plus simple, plus commode et plus hygiénique en même temps, pour la denture, que l’eau et un bout de linge de toile, ou un morceau d’éponge.
Il est nécessaire de surveiller la dentition des enfants, pour redresser à temps les dents qui se présentent mal et enlever celles qui chevauchent.
Faites arracher vos dents le moins possible!
Beaucoup de patience, un peu de rhum sur les gencives, une goutte de créosote au besoin, posée par une main très habile, triompheront de bien des maux de dents; et vous garderez vos chicots, qui vous rendront plus de services réels que les plus beaux râteliers.
En général, pour opérer une mastication satisfaisante, les. chicots et les gencives durcies, aidés par les ressources de l’art culinaire et par la fine lame d’un couteau hachant menu, suffisent amplement.
Peau. — Les fonctions de la peau jouent un rôle considérable dans l’économie animale, principalement chez les êtres où celte tunique n’est pas garnie d’appendices protecteurs, coquilles, plumes ou poils; chez l’homme, par conséquent.
La peau doit être entretenue dans un grand état de propreté, depuis les cheveux jusqu’aux orteils.
On se lavera souvent à l’eau froide, en été, à l’eau dégourdie, en hiver.
Les bains tièdes, de courte durée, conviennent â tous les âges.
Les bains chauds sont des remèdes, qui ne peuvent être employés que sur avis des hommes de l’art.
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j’en dirai autant des bains froids, des douches froides et de l'hydrothérapie, dont on abuse trop dans nos climats tempérés, où les névralgies, les rhumatismes, les bronchites et l’asthme naissent si facilement, sous l’action du froid humide qui y règne les trois quarts de l’année.
Pendant l’hiver, à partir de l’âge de 12 ans, on portera sur la peau des gilets légers de flanelle blanche, de plus en plus épais à mesure qu’on approche de la vieillesse.
En été, le gilet de flanelle doit toujours être supprimé et remplacé par le gilet de coton fin ou la chemise ordinaire de coton ou de toile, vers le milieu du mois de juin, au plus tôt. On peut remplacer avec avantage les gilets de flanelle par de légers gilets de soie, lissée d’une manière spéciale, pour la rendre plus souple et plus spongieuse que la soie ordinaire dont on fait les rohes et autres vêtements extérieurs.
Le gilet de soie coûte un peu plus cher que celui de flanelle, mais il dure beaucoup plus longtemps : il constitue donc une véritable économie, même pour la classe ouvrière.
La soie, qui est d’origine animale, comme la laine, est infiniment préférable en hiver, au coton et à la toile, parce qu’elle est de la même nature que les poils et le duvet qui protègent la peau des chiens, des chevaux, des canards, et qui nous protégeraient aussi contre les frimas rigoureux, si nos habitudes, nos vêtements et nos mœurs ne concouraient à les empêcher de pousser.
Durant les froids les plus rigoureux, les ouvriers et les voyageurs devraient porter deux chemises, l’une par-dessus l’autre.
Rien n’est plus chaud que cette double enveloppe, qui tient entre ses parois une mince couche d’air, à la façon des doubles fenêtres que l’on construit en Russie pour empêcher le refroidissement des appartements.
Ces faits s’expliquent aisément par les propriétés de l’air, qui est un mauvais conducteur des vibrations caloriques et électriques, quand il est confiné et tenu immobile.
Ainsi, une mince couche d'air mainlenue entre deux lames de verre, ou de toile, ou de tôle, ne laisse pas passer facilement les vibrations qui propagent le son, la chaleur et l’électricilé. Seules, les vibrations lumineuses la traversent rapidement et la font
HYGIÈNE DES ORGANES INTERNES
vibrer à 1 unisson de leurs cbocs, tant ceux-ci sont infiniment plus courts et plus multipliés que les chocs électriques, caloriques et sonores.
Coucher nu, même durant les grandes chaleurs; laisser les fenêtres largement ouvertes la nuit; séjourner, peu ou mal vêtu, dans des caves humides et froides; travailler dans des citernes, des puits, des souterrains ou dans l’eau, sans avoir soin de se bien vêtir et sans prendre la précaution de se réchauffer en quittant la besogne, c’est s’exposer à contracter des maladies graves, souvent mortelles, des poumons ((luxions de poitrine) ou des reins (albuminurie).
Il est peu de tilles et de femmes du monde qui ne se plaignent d’avoir les jambes froides.
Cela tient à leur toilette anti-hygiénique.
La femme porte des jupes plus ou moins amples, qui protègent mal les membres inférieurs contre les variations atmosphériques. Elle devrait, aussi bien que l’homme, avoir toujours un pantalon de fine cotonnette, de soie, de toile ou de flanelle douce, moitié laine et moitié coton, selon la saison.
Que de flueurs blanches, de catarrhes et d’engorgements de matrice, d’inflammations aiguës ou chroniques des ovaires, de coliques de toute nature, les personnes du sexe s’épargneraient, si elles portaient réellement et continuellement des culottes.
J’ai guéri plus de maladies de cette nature en faisant mettre des pantalons aux filles et aux femmes qu’avec les drogues, les injections et les cautérisations, si recommandées par les médecins d’autrefois.
Membres. — Les membres supérieurs et inférieurs se développent rarement d’une manière uniforme et régulière, parce qu’on néglige de les exercer également.
La main gauche devrait rendre autant de services que la droite.
C’est aux instituteurs et professeurs qu’il appartient d’amener nos populations it se servir aussi bien de l’un que de l’autre de ces organes dans tous les exercices du corps, dans tous les jeux et dans tous les métiers.
On peut porter des gants durant les froids rigoureux pour éviter les engelures et l’onglée aux mains.
HYGIÈNE DES ORGANES INTERNES
Mais on doit supprimer les bas et les remplacer, à toutes les époques de la vie, spécialement de 12 à 50 ans chez les femmes, par de simples chausselteé, afin de supprimer ces jarretières ou ligatures, si pernicieuses, que les bas exigent pour être maintenus sur la jambe.
La jarretière ne prédispose pas seulement aux varices, mais, en enrayant la circulation du sang veineux dans les points les plus éloignés du cœur, elle provoque des congestions, des stases sanguines, qui peuvent être l’origine de diverses maladies de cet organe (hypertrophies du coeur).
Les personnes du sexe qui veulent absolument continuer, malgré nous, à porter des bas, devront les soutenir au moyen de rubans élastiques descendant de la ceinture. Cette nouvelle jarretière commence à se généraliser. Nous connaissons des écoles où les institutrices l’imposent à toutes leurs élèves.
Les bottes sont nécessaires aux chasseurs et aux soldats, en campagne.
Mais, dans toutes les autres catégories sociales, chez les femmes et les hommes, il faut adopter pour chaussures le soulier, sans échancrure ni lacets en avant, garni seulement de deux bandelettes élastiques vis-à-vis des chevilles. C’est le seul moyen de conserver aux articulations du pied toute leur souplesse et toute leur activité, et d’empêcher le développement des cors, des durillons et de l’ongle incarné.
On ne pourrait trop recommander aux fdles et aux femmes d’adopter des semelles larges, parfaitement adaptées à la plante du pied, qui donnent à la marche fermeté, solidité et souplesse, au lieu des talons hauts et étroits qui déforment à la fois le pied, le mollet et la hanche, et qui impriment à la démarche féminine une raideur et un sautillement ridicules.
La meilleure invention qui ait été faite pour la chaussure, au point de vue hygiénique, depuis que l’homme ne marche plus pieds nus, c’est la semelle de paille ou de crin qu’on ajoute, intérieurement, à celle des souliers, pour garantir les pieds contre le refroidissement ou l’humidité. .
On ne pourrait recommander trop vivement l’emploi de ces semelles mobiles , qui, en hiver, prémuniront bien des enfants et
HYGIÈNE UES ORGANES INTERNES
bien des vieillards, et même bien des jeunes gens et des adultes, contre des maladies dangereuses.
Enfin, redisons-le : toutes les femmes et filles, sans exception, doivent porter des pantalons, supprimer les jarretières et les talons étroits.
Poitrine. — Tout corset qui comprime le bas de la poitrine est funeste aux femmes beaucoup plus qu’aux hommes, la femme respirant plus souvent que l’homme par le jeu des côtes, plutôt que par celui du diaphragme.
Cet appareil doit consister simplement en deux pochettes pectorales, réunies par une légère ceinture élastique.
11 ne devrait être porté, d’ailleurs, que par les nourrices et par les femmes dont les seins sont volumineux.
Chez les jeunes filles, le corset entrave la respiration et les prédispose aux maladies de langueur.
J’ai soigné beaucoup de jeunes personnes pour des hémorragies de poitrine, contractées au bal et ailleurs, par suite de la compression du corset.
L’homme doit-il porter des bretelles? Oui et non.
Oui, pendant la marche; non, pendant le repos.
Le pantalon doit donc toujours être fait à deux fins, pour être serré avec une boucle en arrière ou soutenu avec des bretelles, à volonté. *
Pour marcher, on attache scs bretelles et desserre la ceinture.
Pour faire des exercices gymnastiques, on serre la ceinture et on détache les bretelles.
Pour manger, écrire et se livrer à des travaux sédentaires, on relâche plus ou moins le tout, ceinture et bretelles.
Nous proscrivons d’une manière absolue les cravates et les cols de linge droits qui enserrent le cou.
Ce sont des objets de toilette aussi inutiles que les boucles d’oreilles, et plus nuisibles que les bas.
Ils entretiennent à la nuque une chaleur congestive qui rejaillit fâcheusement sur le cervelet et la moelle allongée, et ils compriment les veines sous-cutanées qui descendent de la tête vers la poitrine, au point de gêner la circulation sanguine de la face et même du cerveau.
HYGIENE DES ORGANES EXTERNES
La contraction du cou par les cravates et les cols est encore plus dangereuse que celle de la poitrine par des corsets serrants. Vapeurs, migraines, douleurs de tête continues, maux d’yeux et principalement des paupières, nez rubicons, joues cramoisies, congestions cérébrales, somnolence et lourdeurs frontales, tel est le cortège d’infirmités, les unes légères, les autres graves, qui peuvent être la conséquence de l’usage des cols et des cravates serrés autour du cou.
Pour éviter en partie ces inconvénients, il faudrait, lorsqu’on ne veut pas supprimer ces objets, les enlever momentanément ou du moins les desserrer complètement, pendant le travail et les repas. C’est alors que ces liens — qui rappellent l’ancien attirail de la servitude, alors que les esclaves étaient attachés comme des bêtes de somme aux poteaux, à l’aide des licols ou licous (lie-cous) — causent le plus de mal.
Mais il vaut infiniment mieux les proscrire sans retour de nos usages, ainsi que les grosses écharpes de laine que certaines gens ont pris la mauvaise habitude de porter en hiver.
En résumé, si l’on veut conformer l’art de se vêtir à Y art de vivre, il faut supprimer toutes les ligatures qui se placent autour des jambes (jarretières), autour de la poitrine (corsets compresseurs), autour du cou (cravates et cols).
Le cou doit être complètement nu, en été, et légèrement protégé en hiver, contre le froid excessif, par un mince tissu négligemment jeté par-dessus les épaules.
Abdomen. — La seule constriction ou compression qui doive être recommandée comme mesure hygiénique, est celle de I abdomen par une large ceinture, au moment où l’on veut se livrer à des travaux corporels qui exigent de grands efforts musculaires.
Cette partie du corps doit être l’objet de soins de propreté particuliers, dont l’oubli, par ignorance, insouciance ou pruderie, est la cause première d’une foule de petites infirmités.
Les nouveau-nés et nourrissons qu’on ne nettoie pas i\ temps, contractent des irritations, parfois tenaces, de la peau, des cuisses et du ventre.
11 en est de même des petites filles et des petits garçons aux-
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quels on n’apprend pas à s’essuyer convenablement après certaines déjections.
Beaucoup de démangeaisons ou de crevasses à l’anus et de suintements aux parties génitales sont le fait de la malpropreté.
11 faut laver ou faire laver fréquemment tout l’abdomen des enfants avec de l’eau tiède en hiver, froide en été, en ayant soin d’exiger qu’ils soient essuyés de suite, afin que la peau des régions inférieures du tronc reste bien sèche.
Sous ce rapport, l’usage des bains généraux, de courte durée, doit être vivement recommandé à tout le monde, avec les précautions requises selon les saisons, les temps et les localités.
C’est surtout aux jeunes personnes, vers l’âge de la puberté et après, que les soins de propreté doivent être prescrits. Que de démangeaisons, de prurit, d’irritations, causés par l’absence de ces soins, sont devenus l’occasion de mauvaises habitudes! J’ai vu des plaies et des ulcères des organes génito-urinaires miner la santé de bon nombre de jeunes filles, qui négligeaient de faire les ablutions nécessaires après la cessation du 11 u x cataménial.
Ces ablutions, pour le dire en passant, doivent toujours être •faites à l’eau légèrement tiède, même en été, pour une foule de raisons que je n’ai pas à exposer ici. J’ai guéri beaucoup de catarrhes utérins et de flueurs blanches, chez des femmes de l’âge •de 15 à 50 ans, rien qu’en faisant remplacer par de l’eau tiède l’eau froide qu’elles employaient inconsidérément après l’époque ■menstruelle ou après les couches.
Cette remarque a pour les personnes du sexe une importance capitale. Je ne puis trop les engager à y avoir égard.
Organes génito-urinaires. — Parlons ici de la puberté.
Chez l'homme, elle s’établit sans orage.
Chez la femme, elle est accompagnée de phénomènes si nouveaux, si insolites, pour la jeune tille, que diverses précautions sont à recommander â toutes les personnes du sexe sans exception.
Dès que la conformation extérieure de la poitrine annonce l'approche de la puberté, vers l’âge de 12 â 14 ans chez les sujets précoces, de 14 à 18 ans chez les campagnardes lymphatiques, il
HYGIÈNE DES ORGANES EXTERNES
est bon que la mère, l’institutrice ou une amie de la famille, informe l’intéressée de ce qui va survenir.
La vue d’un écoulement sanguin, non prévu, peut causer de vives et pénibles frayeurs; et l’ignorance des soins requis durant la période menstruelle est fréquemment la cause d’accidents sérieux.
Une jeune tille de 14 ans, surprise inopinément à la campagne par le premier flux, ne trouva rien de plus simple que de s’asseoir dans un pré sur l’herbe fraîche, humide de rosée. Elle y resta longtemps lisant, arrangeant des fleurs. Le soir, elle éprouvait des coliques atroces. Depuis lors, malgré des soins assidus, cette personne a mené une triste existence. Jamais la menstruation ne s’est établie régulièrement. Les ovaires se sont engorgés. Le ventre a pris un développement anormal. À 40 ans, elle paraissait en avoir 60.
Menstruation. — La puberté est, sans contredit, la période la plus critique de la vie, pour les femmes.
En quelques années, tout leur organisme se modifie profondément; et, avec lui, tout se transforme : les goûts, le caractère, les impressions, les besoins et les habitudes.
La chrysalide s’est faite papillon.
Il faut préparer habilement la jeune fille à cette métamorphose, par un régime plus tonique, par l’enseignement, l’éducation et les conseils appropriés aux faits et aux circonstances.
Ainsi, il est urgent de surveiller les fonctions de l’estomac, qui, généralement, s’alanguissent; et de soutenir l’économie, qui s’énerve par suite de la dépense plus considérable de sang et d’inllux nerveux qui se fait dans les tissus et viscères en voie exceptionnelle de développement.
On remédie à l’atonie des voies digestives par une alimentation succulente, bien choisie, par des condiments aromatisés (cannelle, sariette, etc.), par des sirops amers et des boissons légèrement toniques ou stimulantes.
Quant à l’atonie générale de l'organisme, pour la combattre avec efficacité on doitemployer, outre les moyens précédents, le grand air et la gymnastique.
Pour prévenir la phtisie pulmonaire et 'guérir la chlorose ou l’anémie chez les sujets des deux sexes à l’âge de la puberté, j’ai
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toujours eu recours, de préférence à tous les remèdes pharmaceutiques, au régime végéto-animal parfaitement assaisonné, et aux exercices musculaires de la poitrine et des membres en plein air, hiver comme été.
— Quelles sont les recommandations qu’il convient de faire aux jeunes filles dont la puberté est établie ou va s’établir?
A l’époque du flux spécial, qui doit durer en moyenne de trois à quatre jours, les femmes éviteront soigneusement tout écart de régime et tout refroidissement des jambes et du siège.
Ces précautions ne doivent pas aller jusqu’à craindre de se laver, en ce temps-là, les mains et la figure à l’eau froide. Ce serait de la minutie. Mais il est indispensable de ne pas changer de draps de lit ni de chemise durant les trois ou quatre jours de l’époque, si ce n’est en cas de nécessité absolue et en ayant soin de faire sécher et chauffer convenablement les linges nouveaux.
Celte recommandation est de la plus haute importance pour toutes les personnes du sexe indistinctement, pendant les époques menstruelles.
Si la menstruation est peu abondante, on aura recours à des toniques, tels que les sirops dequinquina, decannelle etde safran, la gymnastique, le grand air.
Si elle dure trop longtemps, on emploiera les sirop amers de ratanhia, de chicorée, les vins de Bordeaux et autres astringents; et on gardera un repos assez prolongé pendant les premiers jours de l’écoulement.
Si elle est accompagnée de vives douleurs locales, avec ou sans vomissements, on mettra, sur le bas du ventre, des linges très chauds ou mieux des planchettes de bois fortement chauffées; on fera rester la jeune personne au lit bien chaudement enveloppée, et on lui fera boire des tisanes aromatiques chaudes, de sureau, de menthe ou de safran.
Enfin, dans le cas où les règles prendraient la forme hémorragique, il faudrait se coucher horizontalement dans un lit, boire de l’eau froide fortement citronnée, à petites gorgées, et faire appeler un médecin.
En attendant son arrivée, on irait chercher chez le pharmacien du vin rouge au quinquina ou une solution d extrait de ratanhia.
GYMNASTIQUE PHYSIOLOGIQUE ET THÉRAPEUTIQUE
GYMNASTIQUE PHYSIOLOGIQUE ET THÉRAPEUTIQUE
Ainsi que nous l’avons vu, la gymnastique joue un rôle prépondérant dans l’éducation de l’adolescence.
Il s’agit, en effet, à cet âge de développer tous les organes de l’économie, de les façonner et les dresser à tous les genres d’exercices simples et coordonnés, qu’ils seront appelés à exécuter durant le cours de la vie.
Jusqu’à l’âge de 7 ans, l’instruction n’est que rudimentaire.
De 7 à 12 ans, elle est élémentaire, c’est-à-dire qu’elle se compose des éléments ou des fondements du savoir : la lecture, l’écriture, le dessin, le calcul et les principes généraux des sciences naturelles et historiques.
Dans la jeunesse, la gymnastique, l'instruction scolaire et l'enseignement professionnel constituent les principaux éléments de l’éducation.
En effet, après la douzième année, au sortir des écoles primaires, les jeunes gens se répartissent en deux classes : l’une comprend les sujets qui entrent directement dans les professions industrielles, agricoles, artistiques; l’autre, ceux qui, aspirant à des travaux plus difficiles, doivent entreprendre des études spéciales nouvelles.
■ La gymnastique, désormais, pour les manouvriers et ouvrières de toutes catégories, consistera dans l’exercice et les mouvements propres à la carrière dans laquelle ils s’engagent, sous la direction des patrons et des contremaîtres : nous parlerons plus tard, à propos des professions diverses, de l’hygiène ainsi que de la gymnastique qui leur sont applicables.
Pour les élèves, au contraire, qui passent de l’école primaire à l’école moyenne, la gymnastique physiologique et thérapeutique, dont il a été question au chapitre de l’adolescence, continuera à leur être imposée, chaque jour ou au moins deux fois par semaine, avec les ménagements et les amendements nécessités par les circonstances d’âge, de saison, de temps et d’occupations classiques, propres à chacun d’eux.
ÉDUCATION PROFESSIONNELLE ET SCOLAIRE
Nous n’avons pas à nous appesantir sur ce sujet, qui a été suffisamment développé plus haut. Occupons-nous d’un point plus délicat, 1 éducation scolaire de la jeunesse.
ÉDUCATION PROFESSIONNELLE ET SCOLAIRE
Pour que tous les ouvriers indistinctement puissent profiter des enseignements qu’ils ont reçus à l’école primaire, il est nécessaire de les engager à fréquenter, pendant plusieurs années, des cours spéciaux du soir et du dimanche.
Occupons-nous séparément de V apprenti et de V étudiant.
L Apprenti. — En abordant les carrières professionnelles, le jeune apprenti aura soin de se pénétrer de ces vérités sociales, trop méconnues de nos jours, grâce à certains socialistes qui se sont fait de notre civilisation un idéal insensé, absolument contraire à la réalité des faits économiques et aux intérêts des travailleurs :
1. Tout syndicat composé exclusivement de patrons, qui a pour objet de régler le prix des produits et des salaires, porte à l’abus de pouvoir.
2. Toute corporation formée seulement d’ouvriers, conduit au désordre, à l’anarchie.
3. Le patron étant aussi nécessaire à l’ouvrier que le capital au travail et vice versâ, il faut s’efforcer d’établir entre ces deux éléments de la prospérité publique une parfaite harmonie, en provoquant partout l’institution d’associations mixtes, dans lesquelles les patrons et les ouvriers sont respectivement intéressés à concourir au but commun : le bien-être général.
Ainsi, au lieu de séparer, de diviser en groupes adverses les patrons et les ouvriers, le socialisme pratique, qui ne se berce pas d’illusions et ne s’égare point dans les utopies, vise â les rapprocher et à les rendre solidaires les uns des autres.
C’est ce socialisme-là qu’il faut inculquer dans l’esprit de tous les apprentis.
L’Étudiant. — De même que ['enseignement primaire a pour objet de donner aux garçons et aux filles une instruction élémen-
ÉDUCATION PROFESSIONNELLE ET SCOLAIRE
taire générale, suffisante pour les mettre en élat de pouvoir, par eux seuls, continuer s’instruire et îi se procurer les choses nécessaires à leur entretien, de même Y enseignement moyen doit être un enseignement intégral, propre à former des hommes qui se destinent à occuper dans la société les charges et les positions les plus difficiles, soit qu’ils s’adonnent, dès l’âge de 18 ans, aux professions spéciales du commerce, de l’industrie, des lettres et des arts, soit que, visant encore plus haut, ils se proposent de parcourir les carrières scientifiques les plus élevées, en passant par les écoles supérieures ou universitaires.
Pour les filles, comme pour les garçons, l’enseignement moyen doit comprendre six années, divisées en deux sections : de 12 11 15 ans et de 15 à 18 ans.
Cet enseignement doit être uniforme pour tous les élèves sans exception, à quelque carrière qu’ils se destinent.
11 faut renoncer définitivement à la division des classes des écoles moyennes en classes d’Immanilés et classes des sciences, auxquelles nous devons tant d’hommes incomplets et insuffisants dans les positions sociales les plus éminentes.
Que voyons-nous de notre temps?
Sur 25 avocats : 1 parfait, parce qu’il a étudié les sciences; 4 médiocres et 20 insuffisants, qui n’ont que des notions vagues, incomplètes des sciences positives.
Sur 25 médecins : 5 à peu près bons ; 10 médiocres, parce qu’ils ont négligé d’étudier les sciences physiques et mathématiques; 10 incapables, parce qu’ils ont étudié aussi superficiellement les sciences naturelles que les sciences littéraires.
Sur 25 ingénieurs : la moitié se tirent d’affaire dans les bureaux et les cabinets de travail; et les quatre cinquièmes manquent de confiance et d’aplomb lorsqu’il s’agit de parler ou d’écrire en public pour défendre leurs projets.
Les études littéraires et scientifiques doivent marcher de compagnie dans les écoles moyennes, sous peine d’en voir toujours sortir beaucoup de demi-savants et de demi-écrivains, qui ne parviendront, par la suite, à devenir des praticiens habiles dans leurs professions respectives qu’au prix de nouvelles études et de nouveaux efforts, qu’on aurait pu leur épargner facilement par