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ACCLIMATEMENT

Les personnes qui se transportent, rapidement ou lentement, d’une contrée à une autre, devraient inscrire en grandes lettres, sur la première page de leur portefeuille, ces mots que j’ai déjà cités :

« Vivre partout où l’on séjourne, comme vivent les indigènes. »

Toute la question de l’acclimatement serait ainsi résolue d’une manière générale.

Malgré sa puissante faculté d’accommodation aux temps et aux lieux, l’homme ne peut impunément passer sans précautions du nord au midi, et vice versa. 11 ne peut surtout se prévaloir de ses habitudes acquises, de ses goûts et de ses besoins ordinaires, pour se conduire à l’étranger comme il le faisait chez lui.

L’homme est un produit du sol, pétri par l’eau et l’air de telle ou telle localité, et animé par le soleil qui y règne en souverain dispensateur de la lumière et de la vie. Sa contexture, ses goûts, ses besoins, ses instincts, résultent du milieu qui l’a formé. Il est mangeur de fruits, de dattes, de figues, là; de viandes, d’huile, de graisse, ailleurs; il boit de l’eau, d'un côté; des liqueurs fortes, d’un autre côté.

Malheur à l’étranger qui veut intervertir des usages inhérents à la nature même des choses.

Qu’il se transporte partout où il lui plaira, mais qu’il n’oublie jamais de compter avec les milieux, les eaux, les aliments, l’atmosphère, dont il va devenir tributaire, soit momentanément, soit pour plusieurs années.

Que d’Européens, émigrés momentanément au Brésil, en Afrique et ailleurs, sont revenus mourir dans leurs foyers d’origine en confessant qu’ils avaient voulu vivre plus, mieux et autrement que les habitants des tropiques où ils avaient résidé.

Il n’y a pas à tergiverser : quiconque change de climat doit nécessairement adopter le régime alimentaire, les vêtements, les usages, les mœurs, le genre de vie en un mot, des localités nouvelles qu’il habite.

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