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LA CRÉMATION

Même dans les cas où la mort prochaine est inévitable quoi qu’on fasse, on aura toujours la consolation d’avoir adouci, par des attentions affectueuses et par des exhortations encourageantes, ces heures de crise suprême dans lesquelles, semblable au foyer qui s’éteint en jetant ses dernières étincelles, lumineuses et vives encore parfois, le cerveau dégage avec ses vibrations finales une foule d’idées, tantôt diffuses et incohérentes, tantôt successives et bien coordonnées. Comme si ce qu’on a nommé Y âme humaine, qui n’est qu’une fonction ou une propriété passagère inhérente à un organe, exhalait le reste de ses impressions passées avant de s’abîmer dans le néant d’un être qui va se décomposer et se désagréger, pour rentrer dans le mouvement général de la matière.

Consummatum est. Tout est fini. La dissociation des éléments organiques va commencer. De nouvelles existences, de nouveaux produits inanimés et animés, vont surgir de ces débris qui furent un être humain.

Respectons le culte des morts. Il faut honorer ceux qui ont bien vécu; en garder un bon, un éternel souvenir; se remémorer leurs qualités et leurs traits, et les proposer comme exemples et modèles aux enfants, aux générations naissantes.

Mais que faire des cadavres?

Faut-il les laisser pourrir en terre? Faut-il les incinérer, dès que les premiers signes de décomposition putride apparaissent?

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