‹ L'art de vivreChapitre 65 sur 168 · AGONIE ET MORT · texte numérisé non relu

AGONIE ET MORT

se recueille et se prépare à supporter le coup dont elle va bientôt être frappée, et le médecin, désarmé, assiste impassible, quoique profondément ému et remué jusqu’au fond des entrailles, à ce douloureux sacrifice qui s’accomplit malgré les efforts qu’il a faits pour le conjurer.

Mais la mort n’est pas toujours précédée de l’agonie. Cette période ultime de la grande lutte que l’économie humaine soutient contre les nombreux éléments qui tendent à la détruire, manque évidemment chaque fois que les forces vitales sont subitement enrayées, diminuées ou abolies par un agent extérieur ou par une cause interne.

D’un autre côté, il est des étals morbides, fréquemment maisnon nécessairement mortels, dans lesquels l’agonie constitue parfois la période principale, parfois la période la plus longue, de l'affection ou de l’accident qui s’est produit, soit au milieu de la santé, soit dans le cours d’une maladie plus ou moins grave.

Ainsi, beaucoup de nouveau-nés présentent un état de mort apparente analogue à celui qu’offrent la plupart des asphyxiés par submersion, éboulements, air vicié, etc.

Les convulsions, le croup, certains empoisonnements, les accidents cl les hémorragies graves, la syncope, l 'asthme, le choléra et d’autres affections, aiguës ou chroniques, présentent parfois aussi, soit d’emblée, soit très rapidement, cet état de mort apparente ou prochaine, dans lequel trop souvent bien des médecins eux-mêmes n’osent plus rien tenter, par la crainte qu’en cas d’insuccès de leurs etforts le public ne les accuse d’avoir hâté la mort du patient ou de l’avoir gratuitement fait souffrir.

« J’estime, a dit le docteur Gallard, qu’il y a véritablement lâcheté de la part du médecin à fuir devant cet ennemi qui s’appelle : La mort, et à lui abandonner son malade, sans oser rester auprès de lui pour le défendre jusqu’au dernier moment, même au prix d’efforts complètement désespérés. »

Je pourrais citer de nombreux faits relatifs à des vieillards et surtout à de jeunes sujets, qui, malgré l’état d'agonie cou [innée dans lequel ils se trouvaient, ont pu être rappelés à la vie par les soins hygiéniques empressés dont ils ont été l’objet.

11 ne faut jamais abandonner les agonisants h leur triste situation aussi longtemps que le dernier soutllc de vie n’est pas éteint.

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