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INFLAMMATION ET KYSTE DES OVAIRES

Causes. — 1° Toutes les difficultés de menstruation provoquent une congestion passagère des ovaires ;

2° L’absence des précautions hygiéniques les plus élémentaires durant les règles (par exemple : s’asseoir assez longtemps sur des pierres froides, dans des prairies humides, se promener sur la glace) peut occasionner aussi un empâtement sanguin des ovaires, quelquefois une péritonite ovarique;

3° Enfin, les mêmes accidents résultent également quelquefois de coups, de chocs ou de chutes sur le ventre.

Traitement. — 1° Nous avons dit comment il faut traiter toutes les anomalies de la menstruation; inutile d’y revenir ici.

et 3° Dans les cas où la région ovarique devient douloureuse par suite d’imprudences individuelles ou d’accidents, il faut se hâter de placer la malade dans un lit bien chauffé, d’appliquer sur le point douloureux, immédiatement, de 6 à 10 sangsues et des cataplasmes suffisamment renouvelés.

Ce traitement appliqué avec méthode enlèvera certainement le mal naissant et préviendra toute suite fâcheuse dans l’avenir.

Qu’on évite surtout, dans ces circonstances, d’employer les onguents mercuriels, le calomel et autres drogues violentes, qui ne jouissent d’aucune efficacité spéciale et qui détériorent sûrement toute la constitution, à commencer par les dents, les cheveux, les ongles, etc.

Lorsque, faute de soins opportuns ou malgré tous les soins, la tumeur de l’ovaire a pris des proportions plus ou moins considérables au bout de quelques années, il n’y a plus d’autre traitement rationnel et radical possible que l 'opération habilement pratiquée.

Cependant, il arrive quelquefois qu’une tumeur de l’ovaire, h la suite d’un accident ou d’une maladie quelconque, s’enflamme et devient le siège d’un abcès profond du ventre. C'est Voyante aiguë ( péritonite ovarique).

J’ai vu plusieurs cas de ce genre.

Dès qu’on s’aperçoit de l’existence de ce travail inflammatoire, qui provoque toujours beaucoup de douleurs abdominales, il faut se hâter d’appliquer quelques sangsues, une ou plusieurs fois, sur le point malade, ainsi que des cataplasmes et des emplastiques anodins divers. Il sera même parfois urgent d’avoir recours au caustique de Vienne, comme dans certains abcès profonds (voir Abcès, Troisième section).

Déprime alimentaire. — Dans les cas d’ovarite aiguë, on soutient la malade comme on peut et non comme on veut, avec des bouillons, des potages, de l’eau additionnée de vin, etc., l’appétit n’étant jamais très prononcé en pareil cas.

Mesures préventives. — Ne négligez aucune indisposition provenant d'une menstruation pénible ou irrégulière. Observez les précautions hygiéniques nécessaires en ce temps-là. Soignez immédiatement toutes les inflam-

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mations, congestions, engorgements, qui peuvent survenir dans la région des ovaires par accidents ou autrement. Telle est la prophylaxie rationnelle de cette affection.

MALADIES INEItVEUSES (catalepsie, chorée, éclampsie, épilepsie, extase, hypnotisme, hypocondrie, hystérie, léthargie, névralgie, nymphomanie, somnambulismes — La puberté est l’âge des névroses. L’évolution rapide qui s’accomplit dans les organes dont la vitalité va dominer pendant trente à quarante ans l’existence de la femme, détermine des congestions sanguines et des vibrations nerveuses, physiologiques, sans doute, mais que le moindre incident peut faire passer à l’état morbide. Qu’on ne l’oublie pas, le véritable âge critique des personnes du sexe, ce n’est pas l’âge de retour, mais l’époque de la puberté.

De là, tant de névroses qui se manifestent de l’âge de 10 à 20 ans dans les deux sexes, mais principalement chez les filles. Cette particularité m’engage à traiter, ici, le chapitre des maladies nerveuses féminines proprement dites.

1° Catalepsie, extase, hypnotisme, léthargie, somnambulisme. — Ces cinq maladies ont la même forme symptomatique consistant dans un état de torpeur cérébrale, complète dans la catalepsie, l’extase et la léthargie, partielle dans l’hypnotisme et le somnambulisme.

La cataleptique est immobile et insensible, comme un cadavre vivant. L’extatique semble n’avoir plus de vie réelle ([lie dans la face cl le regard, absolument lixes mais exprimant une grande profondeur de pensée ou de réflexion apparente. L'hypnotique est dans un état de somnambulisme artificiellement provoqué par des passes ou par des inipressions visuelles : objets brillants, regards dominateurs, qui engourdissent incomplètement ou partiellement le cerveau. La léthargique est une cataleptique momentanée. La somnambule est dans un état de rêve actif.

Causes. — La catalepsie, l’extase et la léthargie sont causées généralement par de violentes émotions morales ou par de longues et vives préoccupations intellectuelles chez des sujets, filles ou garçons, mais plüs souvent. chez les filles que chez les garçons, qui sont prédisposés, par leur constitution nerveuse ou débile, à ressentir fortement ces impressions.

L’hypnotisme ou magnétisme animal est un somnambulisme artificiel absolument semblable, en fait, au somnambulisme naturel, avec cette seule différence que la cause de ce dernier est indépendante du bon vouloir du sujet.

Dans les accès de catalepsie, d’extase ou de léthargie, on peut \i\re assez longtemps sans manger ni boire. Mais on a beaucoup exagéré la dm ce de ces abstinences pathologiques dans les récits qu’en ont fait les historiens et certains médecins trop complaisants ou trop crédules. Un membre de 1 Académie de médecine de Belgique nous a donné un bel exemple, jadis, de cette légèreté et de cette crédulité facile ou complaisante, dans l’affaire de la

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célèbre christomane Louise Lateau, de Bois-d’Haine, dont j ai écrit sommairement l’histoire dans le Grand dictionnaire de P. Larousse.

L’hypnotisme (magnétisme artificiel par suggestions morales ou par pratiques physiques) et le somnambulisme naturel ont donné lieu, depuis quelques années, à des travaux et à des expériences remarquables, mais qui malheureusement ont plus servi à dévoiler les trucs des charlatans qu a faire progresser la biologie.

Dans ces deux états nerveux, il y a tension et congestion de la pulpe cérébrale; d’où résulte un engourdissement général, semblable à celui qui caractérise la première phase du sommeil. La volonté, la conscience, le sens intime sont en partie annihilés. Ces organes des sens ne sont pas complètement paralysés. La vue est vague, obscure, mais l’ouïe est très fine. On se trouve comme transporté dans un monde idéal, l’esprit perdu, absorbé dans des souvenirs prochains ou éloignés vers lesquels on peut habilement diriger la volonté inerte, par des impressions sensorielles diverses.

Le somnambule naturel comme le magnétisé sont des automates mus par des impressions inconscientes dans une espèce de rêvasserie, qui obéissent facilement aux injonctions et aux suggestions du dehors.

Il nous est arrivé bien des fois d’aborder un malade pendant son sommeil, et de tenir avec lui une conversation suivie sur un sujet quelconque, dont il n'avait nul souvenir au moment du réveil.

Les faits de double conscience et de dédoublement du moi, comme on les appelle en biologie et en philosophie, se rapportent au même groupe de névroses.

Une jeune demoiselle de C. fut, pendant toute la première moitié d’une longue fièvre typhoïde, sous l’influence d’un état de dédoublement du moi que j’avais involontairement provoqué par suggestions. Ses parents avaient été atteints de typhus. Comme elle avait très peur de cette affection (tout en soignant admirablement ses chers malades', je l’avais persuadée qu’elle ne ferait jamais cette maladie si elle se nourrissait bien. Quelques mois après la guérison de ses parents, elle devint malade et je dus lui donner de nouveau l’assurance qu’elle n’aurait pas le typhus. Elle me crut. Et, durant la plus grande partie de cette affection, qu’elle subit à un degré très prononcé, elle ne perdit jamais cette croyance. Elle était bien éveillée, elle parlait de tout avec suite, exposant ce qu’elle éprouvait et ce qu’elle voulait, mais elle rapportait tous les symptômes de sa maladie à une personne imaginaire, qu’elle croyait couchée près d’elle. Si elle avait une colique : « Tiens, disaitelle, voilà encore celle-là qui a mal au ventre; quant à moi, je ne souffre jamais, je me porte bien. » Et, au même instant, elle causait avec sens et avec tact de tout autre sujet.

J’ai rencontré et publié beaucoup de cas semblables, même chez des hommes maladifs ou très nerveux, à la suite de blessures, d’émotions vives ou de maladies diverses.

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, Avant de quitter ce point, conseillons vivement aux jeunes gens de ne pas se prêter bénévolement aux expériences d’hypnotisme qu’on voudrait exercer sur eux. On ne joue pas impunément avec le cerveau et les nerfs. Toute contention vive, profonde, du viscère intellectuel peut devenir cause d’une perturbation plus ou moins accentuée de ses fonctions et, par suite, d’une modification insolite de ses cellules constituantes. Il suffit d’un atome de sang engagé dans un globule nerveux ou extravasé d’une gaine nerveuse pour détériorer ces éléments si délicats.

Donc, ne jouons pas h l’hypnotisme ni au somnambulisme artificiel, et soignons par l’hygiène, par des exercices physiques variés et par le régime, les somnambules spontanés , ces hypnotiques naturels, qui sont de véritables malades.

Traitement. — Tous les sujets dont il vient d’être question sont très nerveux et souvent d’une constitution délicate; les jeunes filles prédisposées à ces états cataleptiques, extatiques, etc., sont mal réglées, souffreteuses, d’une imagination souvent désordonnée par suite de lectures ou de leçons trop suivies ou au-dessus de la portée de leur intelligence, par des rêves romanesques ou des hallucinations religieuses. Il est facile de déduire de là le traitement rationnel, mathématique, précis, qui doit être institué dans chaque cas.

Supprimez d’abord la cause du mal aussitôt que vous l’avez reconnue. Corrigez la constitution et réprimez les écarts fonctionnels par un régime, hygiénique reconstituant qui fortifie le sang, les chairs et les os, en laissant reposer le plus possible le cerveau et les principaux organes des sens. La vie calme, tonique, de la campagne, la société des gens sérieux et sages achèveront alors de ramener l’équilibre dans l’organisme, en vertu de cet adage hippocratique éternellement vrai : Sanyuis moderator nervorum : « le bon sang frais, plastique, est le calmant par excellence du système nerveux. »

C’est le traitement que j’avais conseillé pour Louise Lateau, mais qu’on n’a pas suivi.

Régime alimentaire et mesures préventives. — Le régime alimentaire est indiqué par la nature même des sujets malades. Les aliments succulents du règne végétal et du règne animal; les préparations légères de fer, de ratanhia; les petits voyages et la vie de famille triompheront facilement de ces maladies, pour la plupart plus étranges que dangereuses, quand on sait les comprendre et les soigner selon les règles de la médecine hygiénique , autrement dit : de la médecine hippocratique, la seule qui soit conforme aux lois de la nature et aux principes de la biologie.

Quant aux mesures préventives, elles consistent à supprimer les causes qui peuvent, par leur durée ou leur répétition, faire naître l’une quelconque de ces maladies.

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2° Chorée (voir Maladies des enfants, convulsions).

3ü Éclampsie (voir Maladies de la grossesse).

4° Épilepsie. — Convulsions saccadées, violentes,. dont la cause organique est une congestion momentanée du cerveau plus ou moins modifié dans sa structure. L’abus des plaisirs et surtout l’onanisme provoquent fréquemment cette maladie.

Traitement. — Le traitement de l’épilepsie est h la fois hygiénique et médical. Il est évident qu’on doit éviter tout ce qui peut porter rapidement le sang h la tète. Mais pour obtenir la cure radicale ou au moins une amélioration notable de cette affection, il faut entretenir pendant assez longtemps une révulsion constante vers les extrémités supérieures ou inférieures du corps.

Un intelligent pharmacien de Bruxelles, H. Bonnewyn, qui avait été atteint d’épilepsie par hérédité, ayant eu le malheur d’être cruellement brûlé û une jambe, a vu disparaître complètement ses accès convulsifs. Il en a conclu, avec raison, qu’une brûlure profonde , entretenue , plusieurs mois , en suppuration aux membres intérieurs des épileptiques, pourrait les délivrer à jamais de cette maladie.

Pour le traitement de l’accès, voir Hystérie.

5° Hypocondrie. — Les sujets faibles ou affaiblis par des maladies ou des excès de toute nature deviennent facilement hypocondres ou mélancoliques. La vie leur semble à charge. Beaucoup de ces malheureux se suicident.

C’est le spleen des Anglais dont le sang est devenu malade, soit par une alimentation insuffisante, soit par une alimentation trop riche en substances animales. Il s’agit donc, pour guérir les hypocondres, de guérir la maladie du sang et de supprimer la cause qui a fait naître cet état nerveux, insupportable et pour le patient et pour son entourage.

6° Hystérie. — Convulsions générales sans saccades, mais avec de grands mouvements musculaires des bras et du corps, qui se montrent exclusivement chez les femmes d’un tempérament nerveux à l’occasion d’une menstruation laborieuse ou d’émotions morales vives, déterminant un état congestif passager de la matrice et des ovaires.

Le traitement général de l’hystérie consiste à combattre le tempérament nerveux et à faciliter les fonctions utérines.

En ce qui concerne les accès, il faut savoir s’abstenir de toute intervention active. Ici, comme dans l 'accès épileptique, on se bornera à délacer les vêtements de la malade et il l’empêcher de se faire du mal ; mais on ne cherchera nullement û enrayer les mouvements du corps ni des membres. Cependant, lorsqu’on peut se procurer un cataplasme très chaud, son application sur l’estomac chez les épileptiques, sur l’abdomen chez les hystériques, abrège souvent la durée des accès.

VAGINISME.

Toutes les drogues et tous les moyens autres que ceux qui ont été signalés dans ce chapitre, qu’on a conseillés contre l’épilepsie et l’hystérie, n’ont jamais eu qu’un résultat certain, celui d’emplir la poche des praticiens qui les exploitaient.

Comme il y a de petits accès épileptiques, il y a des accès hystériques insignifiants. Par exemple, on a donné h certains spasmes de la gorge chez les femmes et meme chez l'homme, le nom de boule hystérique.

Jadis, on croyait que cette boule était constituée, par la matrice qui se transportait au cou ! Cette sottise n’a plus cours aujourd’hui que chez les ignorants.

7° Névralgies. — Tous les nerfs irrités directement ou indirectement deviennent douloureux. On appelle cette douleur névralgie , et l’on ajoute à ce mot comme qualificatif le nom de l’organe, du viscère ou du tissu qui est le siège du mal. De là, névralgie dentaire ou odontalgie, céphalalgie ( névralgie de la tôle), gastralgie, entéralgie, otalgie, etc.

La plupart des névralgies sont d'origine rhumatismale, c’est-à-dire qu’elles proviennent généralement de l’action du froid humide sur nos organes et nos tissus. Aussi, le principal remède contre les névralgies est-il absolument semblable à celui qu’on emploie contre le rhumatisme : une chaleur douce et persistante, entretenue autour du point alïecté de névralgie et autour du corps en même temps.

J’ai guéri plus de névralgies faciales avec des bonnets de coton jour et nuit, plus de sciatiques (névralgie sciatique) avec des caleçons de flanelle, plus d’odontalgies avec le repos au lit, qu’avec tous les antinévralgiques de nos formulaires classiques, tels que la quinine, le valérianate de zinc, la cocaïne, l’opium et tous les topiques aujourd’hui connus.

8° Nymphomanie. — La nymphomanie n'est qu’une variété de l’hystérie, quand elle n’est pas la triste et fatale conséquence de l’onanisme. On la combat, comme ce dernier, par la raison, par la persuasion, en signalant aux coupables les conséquences sinistres de ces mauvaises habitudes : l'épi- ’lepsie, la folie ou la phtisie pulmonaire.

VAGINISME. — Certaines jeunes filles et jeunes femmes éprouvent quelquefois des douleurs névralgiques si vives au moindre attouchement sur les parties génitales, qu’elles redoutent tout rapport conjugal. Cette excitabilité excessive peut être calmée par des bains de siège chauds, par des onctions huileuses sur les points sensibles, ou par l’intervention d’un chirurgien qui recherchera s’il n’existe pas de petites crevasses, qu’une cautérisation légère ferait disparaître facilement.

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