SAINTE-CHAPELLE DU PALAIS A PARIS
(Dalle tumulalre de PHtHppe de Reuiily. XV siècle).
désirer que ce tableau si intéressant pour l'histoire du vieux Paris, trouvât place au Musée du Louvre où il serait placé dans de meilleures conditions de conservation et où on pourrait l'étudier plus facilement.
Les salles de l'ancien Parlement renfermaient des peintures restées en place jusqu'à l'incendie de 1871. Dans la troisième salle de la Cour des enquêtes se voyait un plafond plat dont les caissons étaient occupés par des figures allégoriques dues à Simon Vouet et à son école. Il n'en reste que le souvenir, de même que du plafond de la Chambre des requêtes, ouvrage de Bon Boullongne, où il avait peint, dans une tonalité légère, le Triomphe de la Justice encourageant les Arts. Prévoyant la destruction de cette composition par suite des travaux d'agrandissement du Palais de Justice, la Préfecture de la Seine avait décidé son enlèvement, auquel les événements n'ont pas permis de donner suite. Lors de la reconstruction du palais par les architectes Antoine et Desmaisons, après l'incendie de 1776, on avait disposé une chapelle pour la Cour des Aides (dite la chapelle des Procureurs), qui servait jusqu'à ce jour de vestibule aux salles d'audience. Celte pièce avait conservé une partie de sa décoration simulant une ordonnance ionique en grisaille, au milieu de laquelle étaient des niches contenant des statues d'évangélisles et de vertus chrétiennes peintes par Brenet et Benou. La voûte, ornée de caissons à rosaces, et toute la partie architecturale, était l'ouvrage de Sarrasin et de Barat (*). Tout cet ensemble d'une exécution très médiocre vient d'être démoli par suite des travaux nouveaux. La rampe de l'escalier en fer forgé avec médaillon de bronze qui y conduisait était récemment à vendre chez le marchand Sewitz.
Le sculpteur Thibaut Poissant, connu par les figures et les basreliefs qui font partie du mausolée du duc de Montmorency à Moulins, avait obtenu, par l'intermédiaire de M. Goret de Saint-Martin, la commande de deux figures représentant la Justice et la Force, pour la grande salle de la Cour des comptes. Ces deux bas-reliefs, en bois doré, sont actuellement mis en place dans l'une des salles de la Cour d'appel. Ils ont été prêtés à plusieurs expositions rétrospectives sous le nom de Germain Pilon, bien qu'ils soient d'une époque postérieure. Nous retrouverons des œuvres de Poissant, dans l'ancien hôtel de M. de Saint-Martin, situé dans le quartier de l'Université. Germain Pilon avait été chargé, en 1585, de décorer le cadran de l'horloge du Palais qui remonte au roi Charles V; il y avait représenté les armes de France et de Pologne avec deux statues allégoriques accostant un cartouche con-
(1) Thiery, Guide des amateurs à Paris.
L'Jlrt 'Décoratif dans le Vieux Taris.
'Vanneau peint de la Salle du Livre d'Or, au Palais du Luxembourg. (Provenant antérieurement du Palais du Louvre)
(Époque de Louis XIV)
tenant une inscription commémoralive. Cette charmante décoration dont la Ville de Paris avait acquis le dessin original, malheureusement détruit dans l'incendie de 1871, a été rétablie, il y a plusieurs années, par le sculpteur Toussaint.