L'ANCIENNE ZONE SUBURBAINE
fut achevée que sous Henri II, auquel on doit les magnifiques vitraux du chœur signés par Jean Cousin. C'est la plus intéressante visite à faire pour un archéologue et pour un artiste. Auprès de la forteresse des Valois, Loais XIII et Anne d'Autriche avaient fait élever par Leveau un vaste chàleau plus agréahle à habiter que les murs épais de la demeure féodale devenue prison d'Etat. Le château se divisait en deux vastes corps de logis qui subsistent encore. Dans l'un était l'appartement du Roi et dans l'autre celui de la Reine. Les descriptions de Paris énumèrent toutes les œuvres d'art qui y étaient exécutées, parmi lesquelles les plus remarquables étaient dues à Philippe de Champaigne et à son neveu Jean-Raptiste. Ces bâtiments ont été moins favorisés par le temps que le vieux château. Toutes les peintures en sont disparues à l'exception de quelques fresques à demi effacées. Nous avons vu que Louis-Philippe en avait fait enlever quelques plafonds qui ont été placés dans les salles des souverains au Louvre; d'autres avaient été détachés et remontés dans le palais des Tuileries, puis enfin le génie militaire a terminé cette œuvre néfaste en établissant des faux planchers et en grattant les ornements des salons delà Reine. Aussi fallut-il lorsqu'on y fit disposer les appartements du duc de Montpensier dans les dernières années de Louis-Philippe, emprunter un certain nombre de tableaux aux magasins du Louvre pour les décorer. D'autres y avaient été joints, mais réclamés en 1848, et plus tard en 1871, en raison de leur valeur artistique, ils revinrent au Musée. Ceux qui y sont restés ne présentent aucun intérêt.
Lorsque nous avons entrepris cette revue des œuvres que nous ont léguées les mains habiles de nos anciens artistes décorateurs, nous ne pensions pas qu'elle dût avoir l'étendue qu'elle a fini par atteindre. Mais le sujet était si vaste et les détails en étaient si abondants que nous avons été entraînés au delà de nos prévisions. Que de fois cependant nous avons dû, sous peine de ne jamais terminer cette étude, passer sous silence des événements historiques qui eussent mis en lumière les monuments que nous décrivions, en obligeant malgré nous le lecteur à compléter lui-même une narration trop écourtée. Nous avons reçu également, depuis que nous avions commencé cette description dans la Gazette des Beaux-Arts, de nombreux renseignements qui ont parfois redressé des erreurs que nous avions commises et nous avons vu surgir en même temps des œuvres très importantes qui nous étaient inconnues, pour lesquelles nous ne pouvions malheureusement recommencer notre voyage parisien. D'autres curieux continueront peut-être cette tâche inachevée et feront mieux ressortir cette disposition innée
pour la décoration qui est l'un des apanages de l'art français. Nous nous bornerons en terminant à souhaiter qu'à la fin du xx° siècle, les belles décorations dont nous venons de parler soient encore assez nombreuses pour mériter d'être décrites, comme elles l'ont été à cent années de dislance, la première fois sous Louis XVI, par Thiery dans le Guide de l'Amateur, et la seconde dans les pages que nous leur consacrons.