SUBURBAINE
dus à Pajou et à J.-J. Cafficri et des sculptures antiques donnent un intérêt tout particulier à cette demeure, dont l'accès nous a été facilité par l'obligeance de M. C. Sellier, architecte, auteur de nombreuses recherches historiques sur Montmartre.
Les quartiers de la Chapelle-Saint-Denis, de la Villette et des Buttes- Chaumont, nouvellement réunis à Paris, ne présentent rien qui puisse intéresser les amateurs. La grande rotonde du bassin de la Villette, reconstruite en partie après l'incendie de 1871, est l'un des derniers subsistants de ces édifices que Ledoux avait construits pour l'enceinte de Louis XVI, et dont d'autres spécimens mieux conservés existent à la barrière du Trône et à la barrière d'Enfer. On a peine à retrouver les quelques traces encore existantes de la maison de campagne du Père Lachaise, dans la foule des monuments funéraires du cimetière de l'Est. Nous ajouterons que les travaux de dégagement de l'église Saint-Ambroise ont fait découvrir diverses sculptures provenant du couvent des Annonciades de la rue Popincourt; elles ont été déposées à l'Hôtel Carnavalet.
Nous ne quitterons pas la partie orientale de Paris sans parler d'une importante boiserie sculptée, de style Louis XVI, qui provient d'un petit hôtel de la rue de la Eolie-Méricourt, ayant appartenu au duc de Fronsac, et où fut établi plus tard un petit théâtre. Cette décoration, charmante de composition et d'un excellent travail, a été acquise par un amateur, M. Doisteau, qui l'a fait remonter dans sa demeure, à Pantin. Son beau-père M. Delizy a racheté à la vente de la maison de campagne de la Guimard, à Pantin, un salon décoré de panneaux peints par Peyrotte pour les faire rétablir chez lui, de même qu'un balcon régnant autour de ce salon et démoli lors de la réfection de la mairie de ce canton.
L'Ile d'Amour, àBelleville, après avoir servi de mairie au XXe arrondissement est devenue une guinguette sans caractère. M. de Goncourt en possédait deux dessins : un Pavillon en treillage et des Danseurs en bonnet rouge dans un cabaret, signés : Beuchet, 1793. Un autre pavillon de la rue de Belleville, n° 188, a été converti en refuge-ouvroir pour les enfants par Mmc Koppe. C'est une ancienne petite maison qui a appartenu aux Roquelaure et qui possède des boiseries, des plaques de cheminée et un parc, témoignages de sa destination première. Plus loin est une petite maison qui porte le titre du lac Saint-Fargeau qui, déchue de son usage de propriété d'agrément est devenue un restaurant pour des noces et des repas de corps. Une maison de la rue du Chemin- Vert est attribuée à Mme de Genlis. On en a tiré quatre panneaux représentant les Saisons, Ch. a
qui ont été rachetés par un des cohéritiers de l'immeuble (*). Nous pensons que de ce quartier provient également une suite de tableaux mythologiques dus à l'un des Coypel et qui était en vente il y a trois ans chez M. Millet, bronzier, 50, rue Saint-Sabin.
Nous avons vu chez M. Soubrier, ébéniste, 14, rue de Reuilly, un salon composé de quatre portes et de boiseries de style Louis XV, provenant d'une ancienne maison de plaisance de la même rue. M. Séwilz, possède également un grand plafond à guirlandes et à arabesques sur fond d'or dans la manière d'Audran qui était autrefois dans un couvent de la rue Picpus. Ce couvent renfermait un appartement réservé spécialement aux ambassadeurs entrant à Paris, où ils recevaient les compliments des princes et y montaient en voiture.
Le château de Bercy dont nous avons parlé bien moins longtemps que nous ne l'eussions voulu dans la description de l'Elysée national, était si vaste qu'on avait pu en détacher au xvme siècle un grand terrain sur lequel, Pàris-Montmartel, le fermier général, avait fait construire une rotonde colossale désignée habituellement sous le nom de Pàté-Pàris. Elle ne fut démolie que lors des travaux d'agrandissement du nouvel entrepôt de Bercy. Il restait à ce moment dans cette propriété un petit pavillon décoré d'arabesques peintes sur plâtre que leur peu d'intérêt artistique et leur état de vétusté empêchèrent l'Administration municipale de faire déposer, bien qu'elles eussent été réservées dans le cahier d'adjudication des matériaux. Elles furent sans doute abandonnées à la pioche des ouvriers.
Quoique situés en dehors du périmètre des fortifications-, le château et le bois de Vincennes ne sauraient être considérés comme étrangers à une ville dont les habitants se pressent dans ses allées. Les charmes du bois nuisent à l'admiration du château dans lequel d'ailleurs l'entrée est difficile et qui est le spécimen le plus complet et le mieux conservé de l'architecture militaire du xive siècle. Il ne lui manque que d'être éloigné de Paris et plus abordable pour être populaire. Tout le monde connaît de vue, le donjon intact avec ses tourelles, sa grande porte d'entrée, son mur d'enceinte percé de portes bastionnées et enfin la Sainte-Chapelle. Ce qui l'est moins, c'est l'intérieur du donjon avec ses salles superposées qui sont restées telles que Charles V les avait laissées et qui servent de magasins à des selles et à des équipements militaires; les voûtes de ses portes, ses casemates, ses poternes et enfin sa Sainte-Chapelle qui, commencée au xive siècle, ne
(1) Renseignements communiqués par M. Bossy.