‹ L'art dentaire en médecine légaleChapitre 12 sur 113 · INCISIVES · texte numérisé non relu

INCISIVES

Les incisives sont au nombre de quatre à chaque mâchoire : incisives supérieures et inférieures respectivement. Dans chaque mâchoire, il y a deux incisives centrales et deux latérales.

Ces dents offrent au début sur leur face labiale deux légères dépressions dans le sens longitudinal, divisant la couronne en trois parties ou lobes : médian, mésial et distal, qui disparaissent peu à peu avec les progrès de l'âge.

Leurs couronnes ont la forme d'un coin, d'un bec de flûte; elles sont aplaties dans le sens antéro-postérieur -, et leur face linguale est légèrement concave dans le sens vertical, tandis que la face labiale est légèrement convexe dans tous les sens.

La racine est unique et va en diminuant du collet vers l'apex.

Le canal radiculaire des incisives supérieures est toujours unique, celui des incisives inférieures se divise en deux qui se réunissent vers l'apex.

Incisives centrales supérieures. — Elles sont d'abord plus larges que les latérales et de forme quairangulaire. L'angle

mésial de la surface tranchante est plus aigu que l'angie distal qui est plutôt arrondi. Leurs racines sont légèrement pyramidales, présentant trois faces et trois bords réunis à angles mousses.

Incisives latérales supérieures. — Elles sont plus petites que les incisives centrales. L'angle mésial est beaucoup plus aigu que l'angle distal, et cette disposition est plus accusée encore que dans les incisives centrales. Leur face linguale présente une petite fossette qui est un siège fréquent de carie dentaire. Leurs racines sont aplaties transversalement.

Incisives centrales inférieures. — Ce sont les dents les plus petites de l'arcade. Leurs caractères généraux les font ressembler aux incisives latérales supérieures. Leur face linguale est lisse. L?s angles de la surface tranchante sont carrés, et peu différents l'un de l'autre. Leur racine est beaucoup plus aplatie que celle des incisives latérales supérieures.

Incisives latérales inférieures. — Elles sont un peu plus grandes que les centrales inférieures. Leur racine est de même plus longue et plus volumineuse. Les autres caractères sont les mêmes.

CAKIKES

Les canines, ou cupides, ou dents de l'œil, sont au nombre de quatre, une d3 chaque côté à la mâchoire supérieure et à l'inférieure. Elles sont situées à l'angle de la bouche, entre les incisives latérales et les premières bicuspides.

Elles sont volumineuses, fortes, implantées solidement par une racine très longue et unique, et aplatie transversalement.

Canines supérieures. — Leur couronne a une forme conique, terminée en pointe. Le bord tranchant mésial est plus court que le distal \ ce qui permet de distinguer la canine droite de la canine gauche.

La surface labiale qui est convexe présente son maximum de convexité dans la partie de la dent la plus rapprochée de la ligne médiane. -

C'est encore ii:i carnctère distinctiC, entre la canine droite et la canine gauche.

La surface ling-uale est parfois sillonnée et présente dans quelques cas un petit tubercule semblable au tubercule ling-ualdc la première petite molaire inférieure. Sa racine est la plus longue de toutes les dents de la bouche, et se dirige d'avant en arrière et de dehors en dedans. Elle est très apparente au-dessous de la muqueuse buccale, pouvant être sentie par le doigt qui explore.

Canincf^ hiféricures. — Elles sont un peu plus petites que celles d'en haut, mais paraissent plus effiléts, à cause de leur longueur un peu plus considérable. L'axe de leur couronne est dirigé vers la ligne médiane.

La face labiale ressemble à celle des canines supérieures. Et ici encore, le maximum de convexité représenté presque par un bord^ correspond à la partie la plus mésiale de la dent.

A la face linguale, les caractères sont moins marqués que pour les canines supérieures. Les bords libres sont semblables à ceux des canines supérieures, le mésial étant plus court que le distal.

La racine est aplatie transversalement, souvent son apex est incliné vers la ligne médiane, de telle sorte que la couronne et la racine réunies décrivent une concavité du côté mésial. Dans ces cas, il fout tenir compte de la convexité de la couronne que nous avons signalée tout à l'heure, pour distinguer la canine droite de la gauche, car ce signe-là est constant.

BICUSPIDES ou PEEMOLAIEBS

Il y a huit bicuspides ou prémolaires, deux de chaque côté à la mâchoire supérieure^ et deux de chaque côté à la mâchoire inférieure.

On les distingue en première et seconde bicuspides, et elles sont situées entre les canines et les premières molaires. Elles forment une paire (quatrième et cinquième dent) de chaque côté de la ligne médiane.

La couronne des bicuspides supérieures est cuboïde, mais la portion buccale est plus large que la portion linguale.

Leur surface triturante a une forme irrégulièrement trapézoïde. Un sillon disto-mésial parcourt cette surface triturante et détermine deux cuspides, dont la buccale est plus longue que la linguale. Ce sillon est un siège fréquent de carie.

Les bords de la cuspide buccale sont aussi plus longs du côté distal que du côté mésial.

Ces caractères permettent. déjà le diagnostic différentiel des prémolaires.

Quant aux racines, elles sont aplaties d'avant en arrière -, ces dents n'ont qu'une racine, excepté les premières petites molaires supérieures qui en ont deux.

Les bicuspides inférieures sont plus petites que les précédentes; elles sont arrondies et inclinées en dedans. Leurs racines ont aussi une forme arrondie et leur axe est incliné du côté distal.

Première bicuspide supérieure.

Sa couronne est en général plus grosse que celle de la deuxième prémolaire, mais sa racine est caractérisée d'une façon constante par l'existence de deux canaux radiculaires. Cette racine est aplatie d'avant en arrière, présentant deux sillons longitudinaux donnant l'aspect de deux racines. Ordinairement la séparation est complète dans le tiers ou les deux tiers de la longueur de la racine. Rarement, cette dent présente troisdivisions de sa racine. Enfin, quand la racine n'est pas bifurquée, il n'y a pas de dentine entre ces deux racines, mais seulement du cément. Dans le cas de bifurcation, la racine est très apparente et peut être sentie par le doigt promené sur la muqueuse. Nous avons observé chez un grand nombre de crânes de nègres au Musée d'anthropologie de Broca la subdivision de la racine buccale de la première bicuspide supérieure. Or c'est là le type normal chez le chimpanzé et le gorille.

Deuxième bicicspide supérieure.

Contrairement à l'opinion des anatomistes qui la croient plus grosse que la précédente, cette dent est plus petite et plus grêle dans tous les sens.

Sa couronne présente la même forme générale^ mais les cuspides sont moins accentuées. Quant à sa racine, elle est un peu plus longue que celle de la première. Fortement aplatie, elle est unique et n'a habituellement qu'un seul canal,

Première bicuspide inférieure.

C'est, de toutes les bicuspides, celle dont le volume est le moins considérable. Sa couronne est inclinée du côté lingual formant avec l'axe de la racine un angle obtus. Le tubercule lingual existe k peine, tandis que le buccal est plus saillant et assez volumineux. Le sillon qui délimite le lobe buccal présente des fossettes qui sont fréquemment le siège de la carie.

Sa racine est arrondie, unique, et son canal radiculaire, cylindrique, se bifurque rarement vers l'apex.

Deuxième bicicspide inférieure.

Un peu plus volumineuse que la première, elle en diffère encore par une inclinaison moins faible en dedans. Sa cuspide linguale, plus considkable que celle delà précédente, est cependant moins volumineuse et moins saillante que sa cuspide buccale.

Sa racine est arrondie et plus volumineuse que celle de Ja pr;:'céden':e. Son canal radiculaire est unique.

LES DESTS MOLAIRES

Les molaires, dont la fonction spéciale est de triturer et de broyer les aliments, diffèrent par la forme et le volume des dents précédentes. Ce sont les plus grosses dents de la bouche, et elles sont situées à la partie postérieure des arcades dentaires. Au nombre de douze, on en compte trois de chaque côté des deux mâchoires. Elles représentent les sixième, septième et huitième dents à partir de la ligne médiane et se désignent sous les noms de première, deuxième et troisième molaires supérieures et inférieures. La dernière prend le nom de dent de sagesse. Sur une coupe transversale de la couronne, ces dents présentent une surface mésiale, sur laquelle aboutissent à angles presque droits les surfaces buccale et linguale, qui à leur tour se réunissent à angles arrondis pour former la surface distale. En résumé, elles sont donc carrées en avant et arrondies en arrière. La raison de ce fait se trouve dans la compression que subissent ces dents dans la bouche. Ainsi la dent de 6 ans, comprimée par la deuxième molaire temporaire, puis par la deuxième prémolaire, s'aplatit sur sa face mésiale, tandis que la distale libre reste arrondie.

Six ans plus tard apparaît la deuxième grosse molaire dont la face mésiale se trouve comprimée par la précédente, plus dure. Su face distale reste arrondie.

Huit ou douze ans après arrive la dent de sagesse, qui aplatit un peu la surface distale de la précédente, en s'aplatissant à son tour du côté mésial. Au contraire, sa surface libre, distale, reste toujours arrondie, complétant l'harmonie d'une arcade dentaire complète. (Fig. 3 et 4.)

MOLAIEES SUPÉEIEUEES

Les molaires supérieures se ressemblent beaucoup, elles présentent seulement quelques différences consistant surtout en un développement moins prononcé des lobes linguo-distal des deux dernières.

Nous décrirons d'abord la première molaire ou dent de G ans, puis nous indiquerons les différences que présentent les deuxième et troisième molaires.

Pour les mettre en position, placer la couronne eu bas, la racine plus arrondie et seule du côté lingual, et des deux racines aplaties, mettre la plus volumineuse du côté mésial.

PREMIÈRE GR0H6E MOl.AIRE SUPÉRIEUHE, OU DEXT DE SIX AXS

Fig. 5.

Face linguale

Fig. 6. Fig. 7.

Face luésiale. Face buccale.

Sillon bucoil.

Tubercule disto-buccal

Crête triangulaire «lislo buccali;

Crète marginale ilislale

Sillon dislal

Crète triangul. disio-linguale-

Tubercule disto-lingual

Sillon linguo-distal

Fig. 8.

Face triturante.

Tulj^i. ui,- i,i,.-»iv-l.a.;Lal.

Crète triangulaire b. m.

Crête marginale mésiale.

Creux central.

Sillon mésial.

Crête triangul. niésio-liiigualc.

Tubercule mësio-lingual.

Sillon mésio-lingual.

âe tubercule (pas constant).

Située après la deuxième prémolaire, cette dent a une couronne cubique, a angles légèrement arrondis.

Nous nous étendrons spécialement sur cette dent, contrairement à notre désir de ne pas abuser des descriptions d'anatomie macroscopique; car l'expert-dentiste aura maintes fois l'occasion d'établir un diagnostic entre elle et la dent de 12 ans, dans le but de déterminer l'âge. C'est aussi pour cela que nous av9ns cru

utile de donner ici des figures représentant les premières grosses molaires inférieures et supérieures.

La surface buccale est irrégulièrement convexe, et sa largeur égale à peu près deux fois celle d'une bicuspide. Son maximum de largeur correspond à la face triturante, et elle va en se rétrécissant vers le collet. Un sillon qui part de la face triturante sépare les deux tubercules buccaux, aborde la face buccale, la parcourt jusqu'à la moitié environ de sa longueur. Dans quelques cas ce sillon dépasse la ligne gingivale et va jusqu'à la bifurcation des racines.

Ce sillon s'arrête près de la ligne gingivale, à une crête -d'émail qu'il ne traverse pas ; c'est là le maximum de la convexité mésio-distale. La partie la plus saillante de cette convexité se trouve sur la moitié mésiale, puis la surface s'incline rapidement ^^ers la distale. C'est là un caractère qui nous permet de distinguer la première molaire droite de la gauche.

La surface linguale nous servira tout particulièrement à distinguer la première de la deuxième molaire. Sa plus grande largeur correspond à son bord triturant, et de là ses bords mésial et distal, convexes, se dirigent en convergeant rapidement vers la racine linguale.

Cette face est divisée par un sillon longitudinal, le sillon lingual, en deux lobes : mésial et distal. Le premier plus large et plus convexe que le second. C'est aussi sur le lobe mésio-lingual que se trouve le « cingule », sorte de cinquième tubercuJe plus ou moins apparent. Un sillon parti du sillon lingual sépare ce tubercule du tubercule mésial. Des deux tubercules qui surmontent le bord triturant, le mésial est aussi d'ordinaire le plus volumineux. La moitié triturante de la face linguale s'incline légèrement vers la surface d'occlusion.

La surface mésiale est plane dans le sens longitudinal et convexe dans le sens bucco-lingual-, ses^bords sont arrondis vers les faces buccale et linguale. Elle marche très obliquement de la surface triturante vers le collet, de telle sorte quej dans une mâchoire complète elle se trouve séparée de la face distale de la deuxième prémolaire par un espace triangulaire à base gingivale. Parfois on trouve, sur cette surface, une dépression, vestige de

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