‹ L'art dentaire en médecine légaleChapitre 23 sur 113 · SG · texte numérisé non relu

SG

« Les dents de la première dentition, dit-il, sont plus petites^ plus lisses, plus polies, plus blanches que celles de la seconde ^ leur couleur, au lieu d'être d'un blanc d'ivoire ou d'un jaune clair est d'un blanc bleuâtre. La couronne est plus courte comparativement à leur larp^eur que celle des dents permanentes-, autrement dit, leur couronne est plus ronde et plus renflée, surtout en dehors, que celle des dents adultes. La partie de la couronne qui surmonte en dehors le collet fait une saillie légère, qui leur donne une apparence ventrue toute particulière. »

kSaunders avait, en 1837, publié dans le London Lancef une très intéressante étude sur la valeur do l'examen de la dentition au point de vue de la détermination de l'âge.

Dans ce travail, où l'auteur avait pour but d'indiquer d'une manière précise l'état de la dentition chez les enfants, pour établir leur âge et leur permettre l'accès des fobriques ou les en écarter, nous trouvons d'intéressantes considérations sur les caractères qui distinguent les deux dentitions. D'après Saunders, les dents caduques diffèrent des dents permanentes par trois points principaux : 1° par le volume ^ 2" par la forme; 3° par l'usure.

Enfin, plus récemment, Magitot a donné, dans son article du Dictionnaire EncydojjécUque, les caractères différentiels qui nous occupent.

Nous les résumerons d'après lui.

Les dents temporaires, au nombre de vingt, soit dix à chaque mâchoire, forment deux arcades paraboliques, l'inférieure plus courte inscrite dans la supérieure.

D'une façon générale, ces dents offrent un volume beaucoup plus faible que les permanentes, et elles sont avec celles-ci dans un rapport approximatif d'un tiers.

Les proportions sont en outre notablement différentes-, les couronnes sont moins hautes, a peu près égales à la largeur pour les incisives, les canines et la première molaire.

La seconde molaire seule a une hauteur environ moitié moindre que la largeur.

Saunders, qui donne les mêmes caractères, indique pourtant que dans certains cas la différence de volume n'est pas aussi

nette surtout lorsqu'il y a une abondante accumulation détartre.

Toutes ces couronnes sont en quelque sorte renflées et comme ventrues, leur couleur présente toutes les variations qu'offrent les dents permanentes elles-mêmes et a la même signification au point de vue de la constitution des tissus et des prédispositions morbides qu'elle entraîne.

L'une des distinctions les plus frappantes, dit Saunders, est la terminaison brusque de l'émail sur le collet de la dent caduque, ce qui lui donne un aspect ventru. Sur les dents permanentes, au contraire, l'émail s'amincissant graduellement, se termine par une ligne imperceptible.

En ce qui regarde leur nombre, les incisives et les canines sont en nombre égal dans les deux dentitions : la différence numérique porte donc sur les molaires; celles-ci chez l'enfant sont au nombre de huit, soit quatre à chaque mâchoire, et on ne peut, à l'égard de leur forme, les distinguer comme chez l'adulte, en petites et grosses molaires, bien que cependant elles soient d'un volume différent. Elles ont en effet la même forme extérieure : elles sont les unes et les autres multicuspidées, la plus petite n'offrant point les deux tubercules caractéristiques de la prémolaire de l'adulte.

Quant aux racines, elles affectent, au volume près, les mêmes formes que celles des dents permanentes : uniques pour les incisives et les canines, et sans jamais présenter de bifidité accidentelle. Elles sont multiples pour les molaires, c'est-à-dire au nombre de deux transversales et parallèles pour les molaires inférieures, et de trois pour les supérieures-, pour ces dernières, deux sont externes et parallèles, une, interne oblique en dedans. Ces racines présentent en outre, dans leur ensemble, la légère courbure postérieure qui se remarque aux permanentes. Les pièces de la dentition temporaire éprouvent pendant leur séjour dans l'organisme, d'une part, la même augmentation de densité progressive qui est la loi physiologique commune à toutes les dents, et, d'autre part, l'usure graduelle qui en amène rapidement la réduction en hauteur. C'est ainsi que les dents caduques, a l'époque voisine de leur chute, sont souvent mutilées par l'usure et deviennent de véritables tronçons informes. Saunders (Jioc. cit.)

a noté aussi cette différence caractéristique. Nous n'insistons pas ici, nous réservant d'en parler à propos de l'usure normale des dents. On peut donc dire que la dentition temporaire présente dans son évolution totale, et malgré les différences considérables de durée, les mêmes phénomènes généraux qui s'observent aux dents permanentes. Ajoutons enfin que les diverses lésions pathologiques sont de tout point identiques et susceptibles des mêmes applications thérapeutiques. La distinction d'une dent temporaire déterminée isolément de son homologue permanente se fera donc au moyen des caractères de volume, de forme, de densité, d'usure. Cette dernière particularité sera même de nature à contribuer dans une certaine mesure à la détermination de l'âge de l'enfant, de même que nous la verrons s'appliquer au même résultat pour les dents de l'adulte.

Si nous insistons sur le diagnostic, c'est qu'il existe des cas ou une dent permanente a été extraite a la place d'une dent temporaire et nous en rapportons plus loin un exemple; mais les caractères indiqués sont si connus des dentistes que l'erreur est presque impossible.

Page 1