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DE L'USURE DES DENTS

DE L'USUEE DES DENTvS

Nous avons déjà étudié l'usure comme signe de la détermination de l'âge, sans spécifier les variétés qu'elle peut offrir, variétés tenant soit à des habitudes du sujet, soit à sa profession, soit à des affections générales ou locales.

Xous rangerons toutes ces variétés d'usure sous le nom d'usures anormales.

Respinger (de Bâle) ijoc. cit.) les classe, d'après leur siège anatomique, en :

1° Usures des faces triturantes \

2° Usures des faces proximales ;

3° Usures du collet.

I. — La première est de beaucoup la plus fréquente. Elle est décrite par les auteurs américains sous le nom à' abrasion. Diverses causes peuvent l'amener,

1° Causes d'ordre physique. — Elles sont très variables.

Ce sont avant tout des causes mécaniques : le frottement des dents les unes contre les autres par la mastication. Ce frottement est plus ou moins intense et l'usure alors dépend à la fois de sa durée et de la musculature du sujet.

Les aliments peuvent, dans ce cas, par leur dureté, favoriser l'usure. Enfin, la résistance plus ou moins grande des tissus dentaires doit être envisagée et mise en ligne de compte pour expliquer certaines usures précoces.

En somme, comme le fait remarquer Respinger, la friction dentaire représente une constante du phénomène de l'usure, au point de vue normal comme au point de yne pathologique.

C'est la cause mécanique que nous retrouverons dans les

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usures professionnelles, comme celles des fumeurs de pipes, des joueurs de clarinette, de cornemuse.

2° Causes cVordre chimique. — Quoique moins étudiées, elles ont cependant une g-rande importance.

Elles ont, en effet, pour résultat direct de diminuer la résistance des tissus, et constituent un facteur très important dans le phénomène qui nous occupe.

Ces causes sont d'ordre externe ou d'ordre interne.

Les premières comprennent certains aliments, en particulier ceux qui contiennent des acides (fruits, vinaig're, citron), et agissent en décalcifiant superficiellement la dent.

L'alun, l'acide chlorhydrique et quelques autres médicaments ont aussi une influence nuisible.

Quant aux causes d'origine interne, une des plus importantes, et malheureusement souvent négligée au point de vue pratique, est l'acidité anormale de la salive.

La composition chimique de la dent doit aussi influer sur la marche de l'usure.

Malheureusement, ce côté de la question est encore obscur et appelle des études complémentaires. Certains auteurs accusent le manque de fluor de favoriser l'usure (J. Crichton, Bro^vne); pour d'autres, c'est le manque de carbonates et de phosphates qu'il faut incriminer (Talbot).

3° Causes d'ordre physiologique. — Toute exagération de la mastication favorisera l'usure. Il faut donc entendre par causes d'ordre physiologique, l'exagération des fonctions normales. Une musculature puissante, certains tics (Magitot) pourront ainsi produire l'usure dentaire.

4° Causes d'ordre évolutif et tératologique. — Les arrêts de développement ou les déviations de l'appareil dentaire auront sur l'usure une influence considérable qu'il est nécessaire de bien connaître. Ces vices d'évolution peuvent être classés sous deux chefs principaux : 1° anomalies de position des dents ; 2° insuffisance de résistance des tissus dentaires.

Tous les vices de développement des maxillaires, nanisme.

g-éantisme, etc., que nous avons indiqué au chapitre des anomalies, amèneront des usures anormales.

C'est ainsi que la perte d'une dent à la mâchoire supérieure, rompant T harmonie de l'articulation physiologique en réduisant la parabole de l'arcade dentaire, la ramène a la même grandeur que l'arcade inférieure et les incisives se touchent bout à bout par leur bord libre. Les cuspides à leur tour sont en contact les unes avec les autres.

Or, comme l'a fait remarquer Bonwill, dans ces conditions les cuspides s'usent à la façon des meules de moulin.

Quant à la résistance des dents elles-mêmes, nous en avons déjà parlé, et il est hors de doute que c'est elle qui règ-lera l'intensité de l'usure.

5° Causes d'ordre j^cithologique. — C'est ici qu'il faut placer les vices de composition du sang- invoqués par Scheller, le manque d'assimilation des phosphates et des carbonates (Talbot), certains tics nerveux (Magitot) et musculaires (Maury, Magitot), et enfin l'action de la goutte.

6° Causes d'ordre accidentel. — Sous ce titre, M. Eespinger range les modifications qui interviennent brusquement pour rompre les conditions normales de la mastication. Les fractures du maxillaire inférieur feront apparaître, en changeant les conditions de l'articulation, des surfaces d'usure nouvelles et variables.

IL — Les faces proximales des dents peuvent présenter des surfaces d'usure dont la cause est mécanique ou pathologique. On trouve ces facettes sur les dents anormalement serrées ^ elles ne dépassent d'ailleurs jamais le premier degré.

III. — Enfin, on a signalé des usures du collet dentaire. Elles occupent surtout le groupe incisif et sont d'ordinaire limitées à rémail, mais elles peuvent progressivement s'étendre jusqu'à la dentine. On a invoqué pour les expliquer l'action de la brosse à dents, l'action chimique d'une salive trop acide, et même un vice de nutrition des tissus dentaires.

Cette sorte d'usure est décrite par les auteurs américains et

allemands sous le nom d'érosion. C'est bien en réalité une véritable érosion, mais comme nous avons pris ce dernier mot dans un autre sens, nous conserverons la dénomination d'usure du collet des dents.

Budecker en fait la description dans son Traité cVanatomie et de pathologie dentaire. Mais depuis longtemps déjà, Hunter (1778), Trumann (1884), Kirk (1886), T. Kells (1891), Darby (1892), Perry (1893) avaient décrit cette usure sous le nom à!érosion.

De même ils appellent aOrasio/i l'usure mécanique des dents. Il est bon d'être averti de ces différences dans la terminologie, car un lecteur non averti pourrait être induit en erreur.

Nous résumons les caractères de cette usure (érosion) d'après les auteurs américains.

On la trouve chez les adultes, au niveau du collet de la dent. La surface labiale de l'organe est d'ordinaire seule attaquée, mais cependant on l'a notée quelquefois sur la face linguale. Ce sont Jes canines qui sont le plus souvent atteintes, aussi bien en haut qu'en bas. Bodecker explique cette fréquence dans le siège par ce fait que les canines sont des dents dont le collet est facilement découvert de gencive, et aussi parce que, occupant les positions les plus proéminentes de l'arcade dentaire, elles sont les plus exposées aux irritations par la brosse à dents qui joue probablement un rôle dans le retrait de la gencive.

Les premières et les secondes bicuspides sont, dans l'ordre de fréquence, le plus souvent atteintes après les canines, puis les incisives, et en dernier lieu, mais rarement, les molaires.

L'étiologie de cette usure a donné lieu à de nombreuses discussions. Trois théories sont en présence : pour les uns, l'usage immodéré de la brosse à dents, combiné à l'emploi de dentifrices acides, doit être incriminé 5 pour d'autres, c'est l'acidité locale de la bouche qui produit l'usure (érosion); enfin, d'après une troisième théorie, elle est due à une acidité constitutionnelle de la bouche.

Il n'est pas douteux que des frictions énergiques et répétées de la brosse à dents puissent produire cette lésion, surtout si à cette action mécanique s'ajoute l'usage d'un dentifrice acide.

Mais cette théorie est insuffisante lorsqu'il s'agit d'expliquer les usures du collet (érosions) de la surface linguale des dents. On admet généralement alors l'acidité, ou locale, ou constitutionnelle de la bouche. La salive peut acquérir, en effet, une acidité particulière, bien capable d'expliquer la lésion. Notre ami M. Michaëls, qui a étudié la salive à ce point de vue, a trouvé dans les cas d'usure du collet une forte proportion de sulfo-cyanures. Mais ce sont les usures observées dans la goutte qui jettent un jour tout nouveau sur cette question. Chez les goutteux, en effet, l'organisme est imprégné d'acide urique et on observe sur les dents des usures caractéristiques du collet. Mais, d'autre part, ces lésions ne sont pas constantes, de sorte qu'en définitive l'étiologie de l'usure du collet n'est pas établie d'une manière satisfaisante.

Quant à la forme de l'usure, Magitot en distingue trois sortes : une transversale, une oblique interne, l'autre ohlique externe. Uusure transversale existe chez les sujets qui sous le coup de phénomènes nerveux grincent des dents pendant la nuit. L'usure dans ces • cas est très rapide, et on peut observer, même à la période adulte, des dents entièrement usées jusqu'au collet. Il se produit ainsi une sorte de rumination involontaire à laquelle les dents humaines sont incapables de résister.

Uusure oblique interne s'observe dans la disposition anormale des mâchoires que nous avons signalée plus haut fatrésie du maxillaire inférieur).

Uusure oblique externe, beaucoup plus fréquente, mérite une attention spéciale. Elle a été étudiée par plusieurs auteurs j entre autres Magitot et Broca.

En 1879, Broca présentait à la Société d'anthropologie (séance du 1'=- mai) un crâne de fellah trouvé en Egypte, au pied des Pyramides, par M. Monod, et attirait l'attention sur l'usure des molaires qu'il présentait. Il s'agissait d'une usure oblique externe très prononcée due, d'après M. Broca, à l'alimentation composée presque exclusivement de grains à peine broyés. Ce crâne, c|ui avait appartenu à un homme de 35 ans, présentait des dents aussi usées que celles d'un vieillard de l'époque actuelle. D'après M. Broca, l'usure dépend de deux causes essentielle-

ment diffcTcntes : h» nature des substances soumises à la mastication, et la constitution plus ou moins solide des tissus dentaires. Cette constitution est très variable, suivant les individus et aussi suivant les familles et les races, elle est manifestement héréditaire.

Le degré de l'usure n'est donc pas toujours en rapport avec

I âge. Toutefois, si l'on compare entre eux des crânes humains de même provenance, l'usure peut servir à apprécier l'âge relatif des sujets.

Dans les races modernes, dit ]\I. Broca, deux molaires antagonistes s'usent presque toujours a plat. L'usure oblique externe est exceptionnelle, l'usure oblique interne est encore plus rare et pathologique. A l'époque de la pierre polie, l'usure oblique externe était la plus fréquente et due, selon nous, à la nature de l'alimentation.

Nous avons vu de nombreux exemples de ces usures sur les dents des mâchoires de la collection Broca. M. Michaëls nous a montré une mâchoire provenant d'une momie égyptienne où l'usure était très accentuée.

En 1880, Magitot reprenant la question de l'usure donne sa classification (transversale, oblique interne et oblique externe).

II rappelle la communication de M. Garrigou qui a rencontré l'usure oblique externe sur les dents provenant des sépultures de la pierre polie, puis celle de Broca et de Mantegazza.

D'après lui — et il se rallie en cela à l'avis de Broca — elle constitue sinon un caractère ethnique, du moins l'indice d'un certain mode de nourriture.

Il rapporte une observation qui lui a été communiquée par M. Laveran. Il s'agissait d'un mendiant arabe qui ne se nourrissait que de graines crues, et qui mourut à l'âge de 40 ans, à l'hôpital de Biskra, d'une dysenterie consécutive à ce régime. A l'autopsie, les dents furent trouvées frappées d'une usure telle, que les couronnes avaient entièrement disparu et étaient remplacées par une sorte de moignon arrondi, lisse, poli et d'une extrême dureté.

Au premier examen, M. Laveran fut frappé de l'état des dents; elles étaient toutes, les incisives aussi bien que les

molaires, usées jusqu'cà 2 millimètres à peine du collet, comme si elles avaient été limées. L'aspect de la denture rappelait parfaitement l'état des dents de ruminants.

M. Laveran fit l'extraction de plusieurs dents qui furent présentées à la Société d'anthropologie. Elles étaient au nombre de quatre. Chez toutes l'usure est vraiment extraordinaire et la couronne a entièrement disparu. Sur trois d'entre elles, il est presque impossible de dire si ce sont des incisives, des canines ou des prémolaires, car la racine seule est conservée; la quatrième, qui est une molaire supérieure, ne présente plus qu'un moignon arrondi. Sur les quatre pièces, l'usure est manifestement oblique externe.

Magitot demanda quelques renseignements complémentaires à M. Laveran au sujet de cet Arabe, et voici les réponses de ce dernier :

1° Les questions adressées au malade lors de son entrée à l'hôpital apprirent qu'il n'était sujet antérieurement à aucun tic nerveux, à aucun grincement habituel, pouvant expliquer un tel degré d'usure.

2° Il est très habituel d'observer des Arabes mendiants et arrivés à cet état misérable, que leur seule nourriture se compose de graines ramassées dans les champs ou dans les marchés.

Ce sont dés grains d'orge, de blé, de maïs, et ils les mangent le plus souvent à l'état cru.

Quelques-uns les écrasent avec une pierre-, d'autres, plus délicats, prennent un épi entier d'orge ou de blé et le font griller légèrement avant de le manger.

3° Des renseignements pris auprès des interprètes ordinaires de l'hôpital de Biskra, il résulte de ce fait que l'usure est très ordinaire chez les Arabes pauvres et qu'elle est constamment attribuée à l'alimentation crue.

Nous avons eu nous-même l'occasion d'assister à des fouilles paléontologiques à Cuba, et nous avons pu constater ainsi et l'extrême résistance de ces tissus et l'usure spéciale aux anciennes populations.

En 1887, l'Académie des sciences naturelles et physiques de la Havane avait chargé M. le D"" Montaner, élève de Broca, de

recueillir les ossements qui se trouvaient dans des g-rottcs des montag-nes de Sancti-Spiritus (côte sud de Cuba). Ces ^Tottes servaient de cimetières aux anciens habitants de l'île : lesCaribes. Nous avons eu Thonneur d'accompagner M. Montaner dans sa mission.

On rapporta une vingtaine de crânes dont quelques-uns portaient des stalactites de 50 centimètres de long. D'autres crânes étaient agglomérés par ces productions calcaires.

On recueillit de plus beaucoup de dents qui s'étaient détachées.

Je pus examiner ces dents qui étaient dans un état de conservation parfaite. Même une couronne d'une prémolaire qui était incluse dans le maxillaire, au moment de la mort, était aussi très bien conservée.

Tant ces dents séparées, que celles encore en place dans le maxillaire, avaient la face triturante des molaires profondément usées. Ces constatations nous permirent de conclure, d'une part^ à la résistance des dents après la mort, et, d'autre part, à infirmer l'opinion qu'on avait répandue, à savoir que les anciens habitants de Cuba étaient anthropophag-es. En effet, le régime Carnivore n'est pas capable de produire une usure semblable. Au contraire, ce sont les lésions que Ton trouve chez les peuples qui se nourrissent de végétaux.

Des fouilles pratiquées dans les montagnes de Santiago-de- Cuba confirmèrent ces premières découvertes.

Si nous examinons l'usure, non plus dans sa situation sur l'org-ane, ni dans sa forme, mais dans son degré d'intensité, nous voyons qu'elle est variable.

Broca en distingue quatre degrés :

Premier degré. — Usure superficielle de l'émail.

Beuxihne degré. — Usure profonde de l'émail qui laisse voir la dentine.

Troisième degré. — . L'usure a produit une section complète de tout le fût de la dent.

Quatrième degré. — Toute la couronne est usée jusqu'au collet (cas exceptionnel).

Les surfaces d'usure pathologique n'occupent pas nécessairement toujours la place que nous avons assignée plus haut aux facettes d'usure normales.

Dans des cas, cependant, l'usure pathologique n'est que l'exagération en quelque sorte de l'usure normale. Mais lorsqu'il y a un vice dans l'implantation des dents, ou lorsque des dents ont été extraites ou cariées, l'engrènement normal est modifié et les surfaces d'usure affecteront des formes spéciales.

Enfin, en ce qui concerne le degré de l'usure, on pourrait" s'attendre à ce que la pulpe dénudée soit le point de départ d'accidents assez graves. Il n'en est rien, le plus souvent, car l'usure s'accompagne d'une néoformation de dentinequi crée pour ainsi dire une barrière.

Parmi les usures qui ont un caractère typique nous devons citer des usures par la pipe, des joueurs de clarinette, de cornemuse, des cordonniers. Nous les étudions ailleurs dans le chapitre réservé aux altérations professionnelles des dents.

L'usure une fois constituée se modifie dans sa configuration extérieure par la suite du temps. Tout d'abord sa couleur change, la dentine prend des teintes variables pouvant aller du jaune clair au brun foncé.

Les causes de cette coloration sont multiples et les auteurs qui ont voulu l'expliquer ne sont point encore tombés d'accord.

Un caractère particulier de ces dents atteintes d'usure, est l'augmentation de densité qu'elles présentent. Ce fait est-il dû à une hyperactivité fonctionnelle en rapport avec la lésion, ou bien à une plus grande richesse en sels parle fait de l'âge-, ces deux explications ont quelque valeur sans être absolues.

En résumé, pour clore ces quelques considérations sur l'usure dentaire, nous dirons que son importance médico-légale est variable. S'il s'agit de déterminer l'âge, sa valeur est limitée, comme nous l'avons montré plus haut.

Mais elle peut servir, en outre, à fixer l'identité professionnelle, et dans plusieurs cas, comme nous en rapportons des observations plus loin, elle a été d'une grande utilité.

Le médecin-expert devra s'efforcer d'apporter dans son appré-

dation les plus grands soins afin d'en pouvoir déterminer la cause et remonter au sujet sur lequel on l'a trouvée.

Plus spécialement, l'usure peut nous indiquer des habitudes spéciales au sujet et capables de confirmer son identification. Nous voulons parler de la droiterie et de la gtiucherie.

Fig. 50. — Dents usées par la brosse chez le droitier.

Chez les individus qui se servent d'une brosse à dents dure et qui exercent des frictions énerg-iques^ la forme de l'usure peut nous indiquer s'il est droitier ou gaucher.

Fig. 51. — Dents usées par la brosse chez le gaucher.

Chez les droitiers, les dents du côté gauche sont usées sur la surface labiale, d'une façon remarquable -, les canines et petites molaires du côté droit peuvent présenter des facettes d'usure, mais on n'en trouve jamais sur l'incisive latérale droite. Ces faits sont dus aux changements de position de la main du sujet

faisant passer la brosse du côté droit au côté gauche. Dans ce mouvement, l'incisive latérale droite n'est jamais atteinte. Nous avons remarqué chez tous nos clients qui ne présentaient pas d'usure que cette dent, dans ce cas, était toujours plus ou moins recouverte de tartre et que les gencives étaient tuméfiées entre les incisives latérale et centrale.

Nous avons eu, tout dernièrement, l'occasion d'observer une dame chez laquelle cette congestion gingivale se trouvait du côté gauche, et nous avons surpris beaucoup cette personne quand, par le simple examen de ce fait, nous avons pu deviner ses habitudes de gaucherie.

Chez les gauchers, la congestion et l'usure se produisent entre les incisives latérale et centrale gauche.

Les schémas ci-joints montrent avec une grande netteté la disposition de ces facettes d'usure dans les deux cas. (Fig. 50, 51.)

Enfin, nous avons observé une dame chez laquelle l'usure était au même degré sur les six dents de devant. Ce fait nous surprit beaucoup puisqu'il semblait en contradiction avec nos constatations antérieures, lorsqu'en l'interrogeant elle nous apprit qu'elle se servait de la brosse à dents avec les deux mains -, dans son enfance, en effet, ses parents l'avaient forcée à employer la main droite pour lui faire perdre ses habitudes de gaucherie.

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