‹ L'art des accouchemens (volume 2)Chapitre 30 sur 45 · TT PT NP PE CET SEAT 8 RER PAR TOR EL PE TOO AR · texte numérisé non relu

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n'en rend à la matrice, elle en est toujours tellement gorgée, qu'elle se détache au moindre effort: ce qui fait que la femme éprouve souvent des pertes irrégulières pendant le temps qu’elle porte ce corps Ctranger.

23/5. Cessortes de môles ontune cavité tapissée de membranes, qui contient plus ou moins d’eau. Sil'on ne trouve pas toujours ce fluide au moment de leur sortie, est qu'il s’en est écoulé avant, soit par une espece de transsudation ou autrement. Dans le premier cas, tantôt il est coloré par le sang quel'action de la matrice exprime des cellules de la môle qui se sont déchirées,ettantôtilestlimpide. Quand ce fluide s'écoule plusieurssemaines, et même plusieurs mois avant l'expulsion de la môle , celle-ci se pelotonne en quelque sorte sur elle-même sans se détacher de la matrice ,.et continue néanmoins de s’accroître : sa cavité, peu spacieuse à l'instant où les eaux s’évacuent, s’oblitère ou se rétrécit, au paint qu'on ne la retrouve presque plus après l'expulsion de ce corps , qui paroît alors solide, si on ne l’examine pas attentivement : elle est au contraire très apparente lorsque les eaux ne se vident pas avant la sortie de la môle, ou le font peu de temps auparavant.

23/6. Les môles se présentent encore sous deux aspects différens aux moment où la nature s’en délivre; quelquefois elles sont humides et très sanguines ; d’autres fois, conime desséchées, leur parenchyme paroïissant plus secet plus serré. Dans le premier cas, elles sont beaucoup plus grosses, et leur sortie suit de près l'apparition du sang qui les précède toujours. Dans le second cas, l'hé-

| qui ont rende de ces mûles quinze jours, mois, et méme sx semsaines aprés la cessation

rouge, Ces masses oient 4lors = 083f , qu auroit été diffscile d'en exprimer

ets 1) SECTIONS PREMIERE. É | De égues qu current es lvses gone. ’ 1 À 2348. Aucun signe ne peutfaire cmnoitre d'une Teasgs is

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au cinquitee mois, À la promesse est VF3IE fume gs

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ou fausse, parce qu’elles offrent Les mêmes symptômes, les mêmes signes; que l'enfant qui caractérise l’une ne se manifeste clairement qu'à cette époque; et encore ne se découvre-t-il pas chez

Signes com- touttes des femmes. Les règles se suppriment égamuns à la lement dans l’un et l’autre cas, ou si elles paroisce ne sent quelquefois, ce n’est qu'en très petite quansesse, tité, etelles ne font pourainsi dire que s'annoncer.

Les nausées, les dégoûts, Le ptyalisme, le gonflement du sein, etc., accompagnent la fausse grossesse comme la grossesse la plus ordinaire; le ventre s’augmente insensiblement; et selon quelques auteurs, il le fait bien plus dans les premiers mois de la fausse grossesse que dans la bonne ;ce qui n'est pas assez constant pour que nous puissionsen tirer laplus foibleinduction. Les mamelles filtrent quelquefois une sorte d'humeur laiteuse qui vient à l'appui des autres symptômes; et des mouvemens intérieurs que les femmes, même qui ont le plus d'expérience, prennent pour les mouvemens de l'enfant, achèvent de les confirmer dans l’idée qu’elles sont véritablement grosses. Tous ces symptômes peuvent se manifester également, quoiqu'il n'existe aucune espèce de grossesse réelle, comme on le voit au $ 2340.

Moyeñ de 2349. Le toucher, dans tous ces cas, est le seul distinguer la MOyen qui puisse nous faire connoitre l'état de Ja fausse gros femme ; mais il ne doit pas se borner à la simple nd application des mains sur le ventre, qui pourroit

encore induire en erreur. Nous avons connu des femmes qu'on avoit jugées grosses , en palpant le ventre, qu'on avoit traitées comme telles, et qui ne l’étoienten aucune maniere; d’autres à qui l'on

DYLAN

DES ACCOUCHEMENS. 543 avoit assuré le contraire, et qui sont accouchées quelque temps aprés. L'une des premières, confiée aux soins d’un accoucheur des plus célebres, quiavoitcru commeelle.,] jusqu’au dernier re à l'existence d’unebonne grossesse, n ’avoitqu'une sorte de tympanite intestinale, qui se dissipa dixhuit ou vingt- + MEME à heures après que jeus annoncé qu'elle n’étoit pas enceinte, et parut céder alors au torrent de larmes que répandit cette femme. Le ventre s’étoit augmenté graduellement depuis environ neuf mois ; les règles ne faisoient que s’annoncer à chaque époque , etc., et depuis celle du quatrième mois, des mouvemens qu’on avoit pris pour ceux de l'enfant, se faisoient sentir intérieurement , et étoient quelquefois assez apparens à l'extérieur pour ne laisser aucun doute et à la femme et à l’accoucheur.

2350. Il faut pratiquer le toucher selon les regles prescrites ailleurs, pour s'assurer du volume de la matrice, car c’est l’état de ce viscère qui nous instruit Le plus. Quand il est assez volumineux pour faire présumer une grossesse du terme de quatre à cinq mois, on «doit l'agiter un peu pour exciter le ballottement de l'enfant. L'absence de celui-ci, surtout au terme où il ne peut être méconnu de personne, et le volume de la matrice, caractérisent la fausse grossesse, quand on. est assuré d’ailleurs que ce viscére n'est affecté d'aucune maladie. Mais de quelle nature est cette fausse grossesse? C'est ce qu'il y a de plus difficile à déterminer, et peut-être de moins important à savoir, comme on le verra dans la suite:

041 L'ART Signes carac- 2951. Quand la fausse grossesse est formée par "à de l'eau , la matrice est pesante, et l'on distingue unes de es à travers son tissu une fluctuation plus ou moins espèces de profonde. Siles mêmes symptômes ont lieu, siles ne 8" signes sont les mêmes, lorsque la matrice contient | du sang au lieu d’eau, il y a obturation de l’orice ou du vagin. Lorsque ce n’est qu'une tympanite, la matrice est plus légère, quoique également volumineuse (1). Iln’est pas aussi facile de reconnoiître l'existence d’une môle, et d’en distinguer l'espèce , c’est-à-dire si elle est en masse ou vésiculaire : Pabsencedes signes énoncés et de ceux de la bonne grossesse, dans un temps ou les mouvemens de l'enfant ne doivent plus être équivoques, porte seulement à croire que c’en est une, | 2392, L'on ne peut rien inférer de l’état du col de la matrice en faveur de l’une de ces espèces de fausses grossesses plutôt que d’une autre ; car le développement des diverses parties de ce viscère se fait toujours en suivant les mêmes lois , Tors-

mo

(1) La tympanite de matrice est excessivement rare, s’il \ en a des exemples hors le temps de grossesse, Nous ne l’avons observée que dans ce temps et pendant le travail de l’accouchement après l'écoulement des eaux, la tête du fœtus étant profondément engagée, ou fortement serrée sur l'entrée du bassin, Un gaz, dont nous n'avons pu. déterminer la nature ; avoil donné à la matrice incomparablement plus de volume que celui qu'elle avoit perdu par l'écoulement des eaux ; il étoit d'une odeur infecte, et s’échappoitsavec bruit lorsqu'on insinuoit le doigt ou des instrumens entre la tête qui le retenoit et le bord de l’orifice,

qu'il renferme des substances susceptibles de s’accroitre ou de s’augmenter.

2353. L’hydropisie des ovaires, et celle du bas-ventre même, en ont souvent imposé aux personnes de l’art, à l'occasion des fausses grossesses. Quoique ces maladies aient leurs symptômes caractéristiques comme touteslesautres, il faut convenir qu'il n’est pas facile de les distinguer dans les premiers temps.

SECTION II

Du mécanisme de l'expulsion des substances qui conslitaent les différentes espèces de fausses grossesses, et des secours dont la

femme peut avoir besoin.

2354. La dénomination de fausse grossesse, sisouvent employée par les auteurs pour désigner celle qui est formée par des substances qu’on ne peutregarder commele produit de la conception, ou par ce produit lui-même lorsqu'il n'existe pas d'enfant, auroit dà les engager également à désigner sous le nom de fausse couche la sortie ou l'expulsion de ces mêmes substances , pour la distinguer de l'avortement, qui n’est qu'un accouchement plus où moins prématuré.

2365. Le mécanisme de l'expulsion de toutes ces substances est, à peu de chose pres, le même dans tous les cas, et ne diffère souvent de celuide l'accouchement ordinaire que par l'intensité et la durée des efforts nécessaires pour l'opérer, Quand la matrice ne contient que de l'air, de l'eau

ou du sang, si ces fluides ne sont retenus que par la contraction et le resserrement de l’orifice, ils s’'échappent des que cette contraction cesse, ou que les fibres qui constituent le bord de cet orifice ne peuvent plus contre-balancer l'action permanente des fibres distendues et irritées qui forment le reste de ce viscère, C’est par la même cause que se déclare le travail de l'accouchement, et que s’opere celui-ci.

Des moyens 2990. Les bains, les fumigations émolliéentes qui peuvent et les injections pourroient peut-être en quel- : pie be ques cas, en affoiblissant le ressort des fibres du stances dont Col de la matrice, favoriser ou provoquer l'issue il s’agit. de ces fluides, avant le temps fixé par la nature

pour leurexpulsion, aussi bien que la dilatation de l’orifice produite par l'introduction du doigt. Mais ces moyens ne doivent êtreemployés, surtout le dernier, qu’autant qu’on est bien assuré de l'existence des fausses grossesses dont il s’agit, que la santé de la femme en est altérée, que sa vie même en est menacée, puisque la nature sesuffit presque toujours. Quand ces collections sont la suite de l’obturation naturelle ou accidentelle du col de la matrice ou du vagin, il faut rétablir ces conduits au moyen de l'instrument tranchant, comme on l’a pratiqué nombre de fois, à l'occa- - sion de la rétention du sang menstruel chez de jeunes personnes, et même chez des femmes qui avoient eu des enfans.

2357. L’expulsion de la môle, de ces amas d'hydatides dont nous avons parlé, ne se fait pas toujours par un mécanisme aussi simple et aussi doux pour la femme, que l'expulsion des eaux,

du sang où de l'air ; souvent elle est difficile, très douloureuse, précédée, accompagnée ou suivie de perte de sang. Il se déclare alors un travail semblable à celui de l'accouchement, et la violence des douleurs qu’en éprouve la femme est en raison des résistances qui s'opposent au vœu de la nature. Ce travail est précédé de douleurs des lombes, d’un sentiment de pesanteur et de lassitude dans les membres, ete. ; le corps de la matrice se durcit à chaque douleur, et se relâche ensuite; le col s’efface à la longue, l’orifice se dilate insensiblement, et les substances dont il s’agit s y engagent et le franchissent comme le fait un enfant.

2358. L’expulsion de la môle doit être confiée entièrement aux soins de la nature, quand la femme ne perd que peu de sang; mais l’accoucheur doit l’extraire autant que cela est possible, lorsque la perteest abondante, en se conduisant comme dans le cas de la délivrance aprés l'avortement, ou bien il doit employer les mêmes moyens contre l’hémorragie. (Voyez article Délivrance )

ARTICLE IL

De l'avortement ou de l'accouchement prématuré, de ses causes et de ses signes ; des moyens de le prévenir, ou d’aider la femme dans le moment où il se fait,

2399. L’avortement est l'expulsion de lenfant pétition avant le terme ordinaire de la grossesse, et surtout de lavorte- : ne ‘ , nt.

avant celui où il se trouve assez fort et assez dé-

Causes determinantes de l’avortement.

veloppé pour vivre après sa naissanc®. Le mot fausse couche est devenu synonyme de celui avortement, qui s'emploie rarement dans le langage ordinaire, si ce n’est pour désigner l’expulsion du fœtus des animaux avant le terme absolu

de leur gestation.

SECTION PREMIÈRE

Des causes de l’avortement , et de ses symptômes.

2360. Un grand nombre de causes peuvent donner lieuà l'avortement, Quelquefois il est la suite des maladies aiguës ou chroniques quiaffectent la femme pendant la grossesse; de la pléthore sanguine, de la disette des alimens, de la toux et des efforts du vomissement; de la roideur des fibres de la matrice, qui ne peuvent prêter et se développer suffisamment; de quelques tumeurs qui affectent ce viscère; de son extrèmie sensibilité, ou de sa foiblesse particulière; d’une passion violente, d'une frayeur subite; d’une percussion extérieure, telle que d’un coup, d’une chute ; de l’abus de l'acte vénérien, ou seulement du peu de ménagement qu’on y apporte à l'égard de certaines femmes, qui ne peuvent s’y livrer sans douleurs, sansspasmes, ou sans que la matrice, qui est très basse, n’en soit fortement agitée (1). D'autres fois il dépend de l’état de l'enfant même, de ses maladies particulières, de sa mort; des affections

(1) Cette cause est peut-être la plus fréquente, et celle à laquelle on donne le moins d’attention,

DESFACCOUCHEMENS. 549 du placenta, de son insertion sur le col de la;matrice, etc. Nous ne développerons pas ici la maniére d'agir de toutes ces causes occasionelles de l'avortement, parce que l'explication sembleroit appartenir plus spécialement à un traité des maladies des femmes et des enfans qu’à celui que nous publions.

2361. La plupart de ces causes peuvent donner Temps de lieu à l'avortement dans tousles temps de la gros- la er sesse indistinctement, et les autres le font assez me. peut aconstamment au même terme, mais plus tôt ou voir lieu. plus tard, chez telles et telles femmes ; nous en Connoissons qui n’ont porté aucun enfant au-delà du troisième mois; d’autres du quatrième , du cinquième, ou du sixième, sans que la moindre cause apparente ait donné lieu à leur expulsion prématurée. Tant d’avortemens semblent n'avoir été que la suite de l'extrême sensibilité de la matrice et de la roideur de ses fibres, qui n'ont pu s'étendre au-delà d’un point donné, sans être violemmentirritées etsansse contracter. Nous avons remarqué aussi que d’autres femmes, après être accouchées plusieurs fois à l’une des époques assignées, ont porté leurs enfans un peu plus longtemps dans les grossesses suivantes, et sont enfin parvenues à peu près au terme ordinaire, moyennant les précautions nécessaires pour diminuer la sensibilité de la matrice, pour relâcher ses fibres, et les disposer à une extension plus cousidérable.

2362. L’avortement se déclare quelquefois sans qu'aucune cause apparenteyait donnélieu, etsans

qu'aucun symptôme ait annoncé qu'il étoit à craindre; d’autres fois la femme éprouve longtemps auparavant des douleurs inquiétantes du côté des lombes et de la matrice, accompagnées d'un sentiment de pesanteur dans le fond du basventre; et souvent il est précédé d’une perte médiocre, ou plus abondante, selon la cause qui l'a déterminé.

2363. Les suites de l'avortement sont plus ou moins fâcheuses pour la mère et pour l'enfant, selon l'espèce de causequi le provoque, la force avec laquelle elle agit, le dérangement qu'elle produit dans les fonctions, etle temps de la gros: sesse où ilsefait, L'’avortementen lui-même n'est

as dangereux; il s'opere par un mécanisnie semblable à celui de l'accouchement, et sessuites différent peu de celles de ce dernier. Parmi les enfans qui naissent avant l'époque du septième mois, il en est dont la mort a précédé leur sortie de plusieurs semaines, mème de plusieurs mois, et la plupart des autresne tardent pasà mourir ensuite. On assure cependant en avoir conservé du terme de six mois, de cinq, et même de quatre et demi de conception, et que malgré la foiblesse et l'imperfection naturelles à ces époques, ils sont devenus très forts etont parcouru une tres longue carrière, En supposant que la mère de ces enfans ne se soit pas trompéesur le terme de sa grossesse, qu'elle ait été de bonne foi, que les acconucheurs qui ont pu être consultés aient bien jugé de l’âge de cesmêmesenfans, de pareils exemples sonttrop rares et trop extraordinaires pour qu'on puisse

les citer, ou se flatter de conserver les enfans qui naîtront à ces époques : quelque soin que nous en ayons pris, aucun de ceux de quatre à cinq mois n’a survécu à sa naissance au-delà de quelques heures :il ne faut cependant pas les abandonner ni leur refuser des secours.

SECTION IT

Des indications que prescrit lavortement,

2364. On préviendroit souvent l'avortement si l’on en connoissoit bien la cause et si lon étoit consulté plus tôt, puisqu'on la empêché quel-

quefois chez des femmes qui n'avoient appelé,

que dans le temps même où le travail eu est déjà déclaré, comme on le voit par les faits suivans, Une femme très pléthoriqueressentit les douleurs de l’enfantement vers le septième mois de sa grossesse , et le travail en étoit fort avancé lorsque nous fümes appelé pour la secourir, l'orifice de la matrice étant alors plus large qu’un écu. Deux petites saignées du bras rétablirent le calme , an point que, le lendemain, l'orifice dont il s’agit étoit refermé, et que ja femme n’accoucha qu'au terme ordinaire. Des alimens de facile digestion et administrés avec prudence calmerent un travail aussi avancé chez une autre femme, où on ne le soupconna que la suite de la privation absolue de toute espèce de nourriture pendant plusieurs jours de suite : l'accouchement ne se fit également que deux mois et demi après , et par-

Des moyens de prévenir Pavortement dans certains

faitement à terme. Des lavemens émolliens et un purgatif très doux procurèrent le même avantage à une troisième femme chez laquelle les douleurs de l'accouchement s’étoient annoncées du sixième au septième mois de la grossesse, après plusieurs jours de coliques intestinales , accompagnées de dévoiement et de ténesme, etc.

2365. Si de pareils moyens ont été employés avec tant de succès, en des cas où l'avortement paroissoit sur le point de se terminer, à plus forte raison doit-on en attendre de bons effets quand la cause qui tend à le provoquer n’a pas encore porté son action sur la matrice, de maniere à ébranler aussi fortement la grossesse. Nous connoissons des femmes qui n’ont eu d’enfans àterme qu’aprèsavoir fait trois ou quatre fausses couches, à celui de six semaines, de deux, de trois ,et quatre mois, et qui n’ont été redevables encore de cet avantage qu’à la saignée du bras, faite peu de jours après le temps où les règles avoient manqué pour la première fois, et répétée dans le cours de la grossesse aussitôt que le moindre symptôme de pléthore se manifestoit, C'est à cette précaution qu’unefemme qui avoit fait dix-huit ou vingt fausses couches dans les sept premières années de son mariage, dut ensuite la conservation de onze enfans. Si la saignée est aussi avantageuse aux femmes quisont d’une constitution sanguine, elle ne l’est pas moins chez celles dont la sensibilité de la matrice, ses mouvemens spasmodiques, la roideur de ses fibres, etc., ont donné lieu plusieurs fois à l'avortement. Les boissons délayantes, telles que l’eau de veau, l'eau de

poulet, ainsi que les bains, ne doivent pas être négligés chez ces dernières femmes; mais ils ne peuvent dispenser de Îa saignée, qui doit être répétée souvent, avec la précaution d'évacuer peu de sang chaque fois. C’est le plus puissant antispasmodique, celui qui réussit le mieux chez les femmes dont les convulsions ne dépendent que de ces causes. Souvent il est important d'y recourir de très bonne heure, et d’y revenir plusieurs fois, même dans les quatre à cinq premiers mois. On doit se conduire différemment quand la foiblesse de la femme est la cause de l'avortement : il faut en épargner le sang et chercher à la fortifier, comme on le voit au $ suivant.

2366. Un exercice modéré, répété chaque jour , et même plusieurs fois le jour, est peutêtre préférable au repos qu’on fait observer rigoureusement à ces femmes. Une de celles que nous avons eues à diriger accoucha d’un enfant mort et putréfié, du cinquième au sixième mois de sa première grossesse, du sixième au septième à la seconde, et à peu près au même terme de sa troisième, après avoir passé plusieurs mois au lit et sur une chaise longue, même sans marcher dans sa chambre, plutôt d’après les instances de sa famille que d’après nos conseils. Je l'engageai à ne point donner connoissance de sa quatrième grossesse à ses parens, de rester à la campagne, d'y faire de l'exercice le matin et le soir, en évitant toutefois ce qui pourroit la fatiguer. Elle s’y porta très bien , quoique cette campagne ne füt ni trés agréable Pi très saine ; sa grossesse n’y fut t oublée par aucun accident, et elle n’accoucha

De la condui-

te qu'on doit tenir dans le cas d’avortement,

que vingt-cinq jours après la neuvième révolution menstruelle. Elle fitun nouvel abus du repos dans sa cinquième grossesse , et, comme dans les trois premières , elle accoucha tres prématurément d'un enfant mort.

2367. Quand le travail de l'avortement est décidé au point que les douleurs se font sentir avec force, que l'orifice de la matrice est dilaté, et qu'il ne reste plus d'espoir de calmer ce travail, il faut se conduire selon les circonstances qui l’accompagnent. L’expulsion de l'enfant doit être confiée aux soins de la nature, ainsi que celle du placenta, toutes les fois que la femme n’éprouve pas d’accidens , parce qu'elle se délivre de l’un et de l’autre comme elle le fait au terme ordinaire. Dans les deux ou trois premiers mois de la grossesse, la nature, le plus souvent, expulse la totalité du produit de la conception à la fois, quand, sous le vain prétexte de l'aider, on a le soin de ne pas ouvrir la poche des eaux. Le travail lui en est même plus facile de cette manière, que si les eaux et le fœtus encore très petit s'échappoient d’abord. Mais on remarque le contraire après l’époque assignée ; les eaux s’écoulent plus tôt ou plus tard, le fœtus sort ensuite, et le placenta n'est expulsé qu'en dernier. (YoyezS 990 et suiv.)

2308. On évitera donc de tourmenter et de fatiguer Ja femme en la touchant trop fréquemment dans le cours du travail de l'avortement, lorsqu'il se fait dans les deux ou trois premiers mois de la grossesse ; d'ouvrir la jfôche des eaux, à dessein d'accélérer la sortie de tout ce que contient

la matrice, car c’est le moyen d’en retarder l’expulsion et d’en prolonger le travail. La matrice, allégée par la sortie des eaux d'une partie du fardeau qui lui étoit à charge, se contracte avec bien moins d'énergie ; son action s’affoiblit pendant quelque temps, et souvent elle ne se ranime ensuite que fort tard ; au point que nous n'en avons obtenu l'expulsion de larrière-faix , chez quelques femmes , que plusieurs jours, même plusieurs semaines après celle du fœtus; et ce n'est pas toujours sans inconvéniens qu'il reste aussi longtemps dans la matrice, car il en peut résulter de tres grands. |

2369. Quandlavortementse fait dans un temps beaucoup plus avancé, outre les circonstances accidentelles qui peuvent en compliquer le travail et présenter des indications particuliéres , il faut encore avoir égard à la situation de l'enfant, ou à la manière dont il se présente; caril ne peut toujours venir sans le secours de l'art, surtout aprés le sixième mois. L’on se conduira done à cet égard et dans tous les cas où il existera des accidens , comme si la femme étoit parfaitement à terme , ou bien comme on le prescrit à l’article de la délivrance , qui concerne l'avortement.

2370. Les suites de toutes ces espèces d'avortemens étant, à peu de chose prés, les mêmes que celles d’un accouchement à terme, le régime que doit observer la femme ne doit pas être différent dans l’un de ces cas que dans l'autre. Si elles ont été quelquefois plus fâcheuses, ce n'est en général que chez les femmes qui se sont écartées

du régime dont il s’agit, qui n’en ont observé aucun, Où qui n'ont cru pouvoir s’en dispenser que parce que leur grossesse étoit à peine commencée quand elles ont fait leur fausse couche.

Qui se sont faits à l’Hospice de la Maternité, depuis le 10 Décembre 1797 jusqu'au 31 Juillet 1806 inclusivement.

Enfans nés.

FEMMES accouchées. : 4.24% M0 #4 no 00 46, fre )OpO 0 EN ROME

Cent quarante-deux de ces femmes ayant eu deux enfans, et deux seulement #rois enfans.

Sur ces 12,751 enfans, cent dix-huit sont nés avant l’entrée É leurs mères dans l'Hospice, ou avec une telle précipitation, qu’on n’a pas eu le temps de s’assurer de la partie qu'ils présentoient et de leur véritable position. :

| cd \ W D , ° Beaucoup, dans ce nombre, n’étoient pas au-delà du terme de quatre à cinq mois ; et quelques uns, de cinq à six.

Ce qui réduit au nombre de 12,633 ceux dont on a pu bien reconnoitre la région qui se présentoit à

olon.

l’orifice de l'utérus dans le cours du travail de l’accouchement, et la position de cette rég

Régions qui se sont présentées, le nombre de fois , et leurs positions.

Positions nou reconnues.

Nombre

Te 1°" position. |2° position. |3° position, [4° position.|5° position. |6° position.

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Le sommet de la tête. e e L] , 12100 e C] .10,003. ee TITI. e © © ie L +. + © .40. e otre Jr e

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Le côté droit de la poitrine.|... PROMIS RL AE cp ne O0.

Te IL, page 556. |

Rapport des Accouchemens qui se sont, faits naturellement avec ceux qu'il a fallu opérer.

FIRE LE "3 SRE" d * "

Sur douze mille sept cent cinquante-un accouchemens, 12,979 au moins se sont faits naturellement, et cent soixante-dix-huit au plus ont été opérés, les uns au moven de la main seule, les autres avec le

» x . mn x \ 3 forceps, ou le crochet après la perforation du crâne : ce qui est dans le rapport de 1 à 71 3.

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