‹ L'art des accouchemens (volume 2)Chapitre 29 sur 45 · ÉE · texte numérisé non relu

ÉE

- Observation.

930 L'ART de la fosse iliaque gauche, tandis que la fosse iliaque droite soutient la tête de celui dont le corps occupe le eôté gauche de la matrice. Dans ce dernier cas surtout , l'accouchement ne sauroit s’opérer sans les secours de l’art, parce que la direction selon laquelle la tête de chaque Jjumeau est pressée en en-bas, est telle qu'aucune ne peut s'engager, et que ces deux têtes s'écartent l’une de lautre, en se renversant sur les épaules, ou en se portant davantage sur les côtés du bassin. Quand ils sont placés parallèlement, celle des deux qui est le plus près du milieu de l'entrée du bassin, peut s’y engager et en écarter l'autre; mais parvenue dans l'excavation elle peut également s’y arrêter et y demeurer longtemps, wèême n'en pouvoir être expulsée , quoique petite relativement à cette cavité, comme nous Favons remarqué et comme l'avoient observé beaucoup d’autres sans doute avant nous.

2339. La tête de l’un des enfans, poussée dès es premières douleurs dans le fond du bassim, chez une femme de laconformation la plus avantageuse, y resta depuis le mercredi au matin jusqu’au vendredi suivant vers les cinq heures de l'après-midi, malgré l'intensité des efforts de la nature : ce qui. nous engagea, dès que nous fûmes appelé, à Lextraire avec le forceps. Après la sortie de ce premier enfant, nous en trouvämes: un second qui présentoit les pieds. Nous supprimons tout ce qui à rapport à l’état ou les efforts. infructueux de la nature, répétés pendant ces: trois jours, avoient plongé la femme: nous ferons remarquer seulement qu’elles est promptement

DES ACCOUCHEMENS. 531 rétablie, et que ses eufans furent également conservés. Solayrés avoit été témoin d’un fait semblable : mais les deux enfans étoient morts lorsqu'il en délivra la femme, et l’un d’eux étoit placé transversalement sous l'autre, de sorte qu'ils se croisoient,

2333. Lorsque les deux enfans présentent la De ce qu'il tête en se croisant de la manière qui vient d’être ee exposée au S 2331, il faut les retourner avec les ne ee. précautions requises etles extraire par les pieds. présente a On doit commencer par celui des enfans dont le corps est en dessous, parce qu’en le fausant descendre, l’autre s’éloignera comme de lui-même de l'entrée du bassin, et ira vers le fond de la matrice occuper le vide que laissera le premier en se dégageant. Il serait d’ailleurs difücile en ce cas de tenir une autre conduite.

2334. Quand des circonstances étrangères à celles dont on vient de parler exigent qu'on termine l'accouchement sans délai, dans le cas où les Jumeaux sont placés parallèlement l’un à côté de l'autre et offrent la tête sur l'entrée du bassin, il devient égal d'extraire en premier lieu celui qui occupe le côté droit de la matrice, ou de commencer par celui qui estsitué vers lecoté gauche: la préférence doit dépendre de la main qu'ona introduite dans le sein de la femme. Dans ce cas, comme dans tous ceux qui ont rapport aux jumeaux, on observa soigneusement de saisir les pieds qui appartiennent au même enfant, afin de ne pas s'efforcer de retourner et d’engager l’un.et l’autre en même temps, et aussitôt que ces extrémités sont dehors, d’écarter du

Cas où l’un des jumeaux présente Ja tête et l’autre les pieds.

détroit supérieur, non seulement la tête de ce premier enfant, mais encore celle du second, pour empécher qu'elles ne s’accrochent réciproquement dansle voisinage de ce détroit, etqu'une d'elles n’y soit entraînée par l’autre, à peu près de la même manière qu’une corde nouée introduite dans une bouteille accroche et entraîne le bouchon qu'on veut en retirer.

2335. On a vu l’un des jumeaux présenter la tête dans une situation favorable, et l’autre les pieds. Si ce rapportsemble prescrire de repousser ces derniers et de les écarter de l'entrée du bassin, pour que la première puisse s’y engager plus facilement, l'expérience a prouvé que ce procédé ne répondoit pas toujours aux vues qu'on se proposoit , et qu'il seroit peut-être plus à propos de commencer par extraire celui des enfans dont les pieds se présentent, en prenant les précautions nécessaires pour empêcher que sa poitrine où sa tête n'entraine pas la tête du second, comme cela est arrivé dans le faitsuivant.

2336. M. £naux, chirurgien à Dijon, ayant été appelé auprès d’une femme dont le travail de l’accouchement étoit fort avancé dégagea les pieds de l'enfant qu'il trouva dans le vagin, et fit descendrele troncaisément jusqu’à cequ'ileütabaissé les bras; mais dans ce moment des obstacles l’obliseant d'insinuer une main au-dessous du corps de l'enfant, il fut surpris de voir que la tête d’un second avoit été entraînée jusqu'au-dessons de la saillie du sacruüim. Ne pouvant la repousser, etayant faitinutilement de nouveauxefforts pour achever d'extraire le premier enfant, il se déter-

DES ACCOUCHEMENS. 033 mina à la dégager avec le forceps, pendant qu’un aide relevoit le corps qui étoit au-dehors, vers le pubis de la mère ; et par ce procédé il délivra la femme, en premier lieu, de celui des jumeaux qui paroissoit d’abord devoir naître le dernier. Il fait observer queces enfans étoient tres petits, et que \ la femme n’étoit qu’au commencement du neuvième mois de sa grossesse. ( f’oyez le Journal de médecine du mois de novembre 1771.)

2337. Les deux enfans peuvent présenter les Gas où chapiedssuccessivement, c’est-à-dire l’un desjumeaux Poe apres la sortie del'autre ou bien en même temps; x ; et ce cas, quin'est pastres rare, sembleroit le plus favorable après celui ou ils viennent en offrant la tête. Quelquefois aussi l'on nerencontre à l'orifice de la matrice qu’un senl pied de l’un avec ceax de l'autre. Si on doit prendre garde, dans le premier cas, de ne pas tirer sur le pied de l’un de ces enfans etsur celui delautre, croyant qu’ilsappartiennent au même, cette précaution n’est pas moins recommandable danslesecond cas. Ons’assurera d’abord des deux pieds qui appartiennent à l'enfant qu’on se propose d'extraire , et on les fera descendre en tirant d’une main pendant que de l’autre on écartera les extrémités du second en les poussant le plus haut possible vers l’une des fossesiliaques, à moins que toutes ces parties n'appartiennent au même individu, comme on l’a vu quelquefois dans Jes cas de monstruosité dont il a été parlé dans un autre lieu: car ilfaudroitalorsles prendre toutes et les faire descendre en même temps. Les jumeaux peuvent offrir les fesses successiveinent, comme nous l'avons observé plusieurs fois; ou bien l’un

d'eux vient en présentant la tête et l’autre les pieds ou le siége. Leur rapport, chez une autre femme, se trouvoit tel qu'ils se croisoient , le premier présentant les fesses dans lasituationla plusordinaire, et lesecond étant placé en travers sur la partie postérieure de la matrice. La méreet ces enfans furent victimes de l'ignorance d’une sage-femme (1) qui méconnut l'existence du travail de laccouche- mentpendantsix Jours ; qui nesut reconnoitre ni lasituation du premier de ces enfans, ni les obstacles qui en empêchoïent la sortie, et ce que pouvoientalors les forcesnaturelles qui tendoient àl’opérer. Des convulsions effrayantes se répétoient depuis la veille, lorsqu’an médecin me conduisit chez la femme, où jén’arrivaique pour apprendre qu'elle venoit d’expirer, et l’accoucher après sa mort de deux enfans qui étoient également privés dela vié, et dont l’un étoit alors sorti presque de moitié, èn offrant le siége. Le cordon ombilical, la main delun des jumeaux, peuvent précéder la tête, toute autre partie de cet enfant ou du second ,et présenterencoredenouvellesindications. 2338. Dansle cas oùlecordondelun des enfans est dehors, il faut extraire celui qui se présente . ou qui est le plus engagé, à moins qu'il ne paroisse

(1) L'ignorance de la sage-femme, la sécurité où elle resta jusqu’au moment où les convulsions se manifesterent, eurent des suites bien plus fâcheuses encore. Le mari de la femme, qui s’étoit pressé de lui procurer les dernières consolations de la religion en la Voyaut aussi mal, fit une chute dans l'escalier au moment où il en apprit la mort, et augmenta le nombre de ces victimes au bout de six à huit jours.

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POMEUSNUR, ETAT

disposé à sortir promptement, soil que le cordon lui appartienne où non, afin de retourner l’autre de suite, et del’extraire de même s’il arrivoit que ce cordon füt le sien. On se servira du forceps si le premier présente la tête et si elle est assez engagée; mais sielle étoit encore au-dessus du bassin, ou bien si cetenfant y présentoituneautre partie, il faudroit aller chercher les pieds, et autant que cela se peut, les pieds de celui dont le cordon est sorti. Lorsque la main de Pun précède ou accompagne la tête de l'autre et nuit à sa sortie, il faut tâcher de la repousser. Si la tête est trop avancée , et la femme dans l'impuissance de ée délivrer seule de ce premier enfant, il faut l'extraire avec le forceps, en donnant à l'extrémité qui l'a précédée et quila retient, les soins qu’elleexige pour qu’elle nesoit pas meurtrie par l'instrument, Il faudroit commencer par retourner celui dont la main est sortie, siaucune partie de l’autre ne s’étoitengagée profondément,enseconduisantacet égardcomme s'ilétoit seul dans la matrice, jusqu’à ce que les pieds soient dehors, car dans ce moment il con= vient de s'occuper du second, et d’empécher qu'il ne soit entraîné par celui-ci, Nous ne dirons rien de plussur l'a ccouchement des jutneaux : les exemples que nous venons de citer laissant peu de chose à désirer sur les regles de conduite qu'il faut suivre dans les autres cas, chaque accoucheur pourra aisément y suppléer.

ARTICLE If. 6

Des fausses grossesses, de leurs signes, et de leur

curation.

Définition 23309. Il est aussi difficile de donner une bonne de la fausse définition de la fausse grossesse que d’en déter- PES miner la véritable espèce d’après des signes bien

positifs, quand on est aupres de la femme. C'est un état dont les symptômes ont assez de rapport avec ceux de la grossesse ordinaire, pour faire croire à l'existence de celle-ci, et induire en erreur les femmes même qui ont le plus d’enfans , aussi bien que les personnes de l’art qu’elles consultent. Nous en établirons deux espèces générales : une qui est lasuite de la conception, mais dont le produit a dégénéré et changé de nature dès les premiers temps, et l’antre qui paroît absolument étrangère à cette cause. Celle-ci peut être formée par de l’eau, de l'air, du sang, des matières glaireuses et muqueuses, où par des excroissances poly peuses : eile reçoit différentes dénominations, selon la nature du fluide qui la constitue, telles que celles d'hydropisie de matrice, de tympanite, etc., tandis qu’on désigne sous le nom de môle où de faux germe, les substances qui constituent la premiere espèce. 7

23/0. Dans tous ces cas, ce quidonne une apparence de grossesse est contenu dans la matrice, et en augmente réellement le volume; de sorte qu'il est bien plus aisé de se laisser induire en erreur quand on est consulté avant les quatre où cinq

DES AGCOUCHEMENS. 537 premiersmois; maisil estd’autres circonstances où la femme paroïtenceinte, éprouve tous lessymptômes, lesaccidens de cet état, quoique la matrice ne contienne rien, n'ait point changé de forme, de volume, de dimensions, etne présente aucune altération sensible. Il y a suppression desrègles , dégoûts, nausées, appétence singulière, souvent bizarre; vomissement de matière aqueuse et glai reuse, comme danslagrossesse ordinaire;tuméfaction des mamelles, changement de couleur de laréole; sécrétion du lait, et quelquefois celui-ci est abondant; développement et augmentation du ventre comme dans une bonnegrossesse; et ce qui achève d’atfermir les femmes dans l’idée qu'elles sont réellement grosses , ce sont les mouvemens qu'elles commencent à ressentir à peu près au même temps où céux de l'enfant ont coutume de s'annoncer, sans que leur imagination y soit pour quelque chose, puisque la main de l'observateur, appliquée surle ventre, peut les sentir également. Nousavons vu au moins dix fois ces sortes de grossesses, qui se sont soutenues, tantôt pendant neuf mois entiers, tantôt plus et tantôt moins; qui se sont évanouies tout-à-coup chez la plupart des femmes, et lentement chez les autres. L’affaissement du ventre a été chez toutes le signal du retour tres prochain des règles. Le développement du ventre, le volume qu'il avoit acquis chaque jour ne provenoit que du météorisme des intèstins (1).

(1) D’autres que nous ont recueilli des exemples de cette espèce de fausse grossesse , et l'ont observée chez quelques animaux domestiques , comme dans la femme, ( Voyez Journal de

De la môle et du faux germe,

2341. La môle et le faux germe nous paroissent la même chose dans leur principe, et nous ne voyons pas pourquoi des accoucheurs les ont distingués. Les débris du fœtus, qu'ona trouvés quel quefois dans ces sortes de masses parenchymateuses, et qui ont servi à caractériser le faux germe, annonçoient au plus que l'enfant étoit mort un peu plus tard alors que dans les autres cas, et que quelquesunes de ses parties avoient été préservées de putréfaction et de dissolution; car le germe de l'embryon n'a pas moins existé dans les autres, quoiqu'on n'en eût retrouvé aucune trace. Toutes ces grossesses avortées étoient primitivement de l’essence de celles qui parviennent heureusement à leur maturité.

23/42. La môle ne paroit pas toujours dela même nature, en ce qu'elle est quelquefois toute parenchymateuse , comme le placenta ; et d’autres fois formée d’unamas de petites vessies remplies d’eau, etattachées à une substance assez semblable à la première, qui leur sert de base et par laquelle elles tiennent à la matrice. Chaque hydatide ou chaque vésicule a son pédicule plus où moins allongé, et un grand nombre d'elles tenant à la même tige, forment uneespèce de grappe; ce quia fait croire à certaines personnes dénuées de connoissances et d'expérience que telle femme étoit accouchée d'une branche de groseillér, telle autre d’une grappe de verjus, etc., et que ces productions étoient l'effet de quelques désirs des premiers

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médecine , etc., par MM. Corvisart, Leroux et Boyer, t. I,

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temps de la grossesse, qu’elles n’avoient pu satisfaire. Ces masses acquiérent quelquefois tant de volume, qu'elles rempliroient un grand bocal. Nous avons secouru des femmes qui les avoient portées jusqu’à l'époque du septième mois de la grossesse,et d’autresjusqu'au troisièmeseulement.

2343. Nous n’examinerons pas si chaque vési-

«+ culedontil s’agit sont autant de vers d'une espèce nouvellement connue, comme on l’assure, ni jusqu’à quel point est fondée l'opinion de ceux qui soutiennent que l'espèce de grossesse dont nous parlons peut exister sans qu'il y ait eu préalablement conception; nous déclarerons seulement que toutes les femmes chez lesquelles nous l'avons rencontrée , s’éloient mises dans le cas de concevoir, et avoient réellement conçu.

23/44. La première espécede môlenediffere pas Espèce de essentiellement de ce qui constitue le placenta môle la plus dans une bonne grossesse. La forme en est seule- D mentun peu différente, etelle paroit moins organisée, parce qu’on n y découvre pas ce plexus composé de veines et d’artères qui garnit la surface interne de ce dernier. Ceux qui se rappelleront l’origine de ces vaisseaux et leurs usages, ne seront

as étonnés de ne rien trouver de semblable dans lamole, Cette masse s'accroît plus vité que le plaéenta ; mais la vie dontelle jouit n'est qu'une sorte

de vie végétative. Il ne s’y fait pas de circulation réglée; le sang qu’elle reçoit passe des sinus de la matrice dans les sinus veineux qu'on remarque

sur sa surface, parce qu'ils sont contigus, et ceux-

ci le versent dans l'espèce d’éponge dont elle est

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