‹ L'art des accouchemens (volume 3)Chapitre 25 sur 62 · CHAPITRE IE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IE

Des causes qui exigent l emplot des instrumens , spécialement du Forceps et du Levier, D la pratique des Accouchemens.

1703. Pin les causes qui doivent nous déterminer à recourir aux instrumens pour opérer l’accouchement, Îles unes ne laissent de ressource que dans ces secours , et les autres n’en prescrivent l’usage que préfér SHemes à quelques moyens dont

l'effet re seroit ni aussi prompt, ni aussi salutaire.

Des causes 1704. De cette dernière classe, sont l'hémor- D her rhagie utérine, les convulsions de la mère, les ceps par pré- Syncopes fréquentes, l’épuisement, la Re rence, des douleurs ; des maladies qui ne permettent pas à la femme de se livrer sans danger aux efforts nécessaires pour l'expulsion de son enfant, telles que certaines hernies, le crachement de sang habituel, des anévrismes cachés ou apparens, la désonits de la matrice, et le renversement du vagin ; l'issue prématur A te , et quelquefois la présence d’un second enfant dont la position retarde ou empêche la sortie du premier. 170. Selon que ces causes se manifestent plus tôt ou plus tard dans le cours du travail, elles prescrivent l'emploi de tel outel moyen préférabiement à d'autres. Quand elles s’anroncent avec beaucoup d'intensité dès le commencement, et se soutien-

DES ACCOUCHEMENS. IOI

nent de même, si elles ne laissent de ressources que dans l'extraction de l’enfant, la tête étant encore au-dessus du bassin, on doit lé retourner et l’amener par les pieds. Nous serions cependant libres d’opter entre cette méthode et l'application du forceps , si le succès de cette dernière nous paroissoit plus assuré que celui de l'extraction par les pieds, qui exige en général moins de savoir et de dextérité dans ces sortes de cas. Cette option entre les deux méthodes seroit bien plus autorisée, lorsque la tête se trouve engagée au moins de la moitié de sa longueur, si l’une et l’autre étoient alors également avantageuses : mais le forceps nous semble mériter la préférence. Cet instrument est encore bien plus recommandable s'il n'est pas indiqué exclusivement, toutes L. fois qu’une ou plusieurs des causes énoncées ne nous obligent à à terminer l’accouchement que dans le temps où la tête occupe le fond du bassin ; et aucun autre moyen ne peut entrer en concurrence avec lui quand elle a franchi le détroit supérieur, ainsi que le col de la matriee, au point de remplir complètement le vagin (1 }: st:ca nest le crochet, lorsqu'on a déjà acquis la certitude de la Set de l'enfant (2), parce qu’on ne doit plus alors repousser cette tête pour le retourner et le faire venir par les pieds.

1700. Certaines positions désavantageuses de la Lète qu on ne peut rendre meilleures avec la main

) Voyez. 1302 et suivans.

2) Voyez l’article où l’on traite des signes de la mort de l'enfant.

Causes qui:

exigent le for- > ceps exclusivement.

seule, son enclavement, l'extrême défectuosité du bassin de la femme, et la conformation monstrueuse de l'enfant ; quelques affections morbifiques, soit de ce dernier, soit des parties molles de la mère, qui servent à l’accouchement ; les grossesses par erreur de lieu, et la rupture de la matrice, etc. sont en général de ces causes qui prescrivent indispensablement l'usage des instrumens.

1707. La plupart de ces causes ayant été développées dans autant de Sections particulières (1), et les autres ne pouvant l'être plus à propos que lorsque nous exposerons la manière d'opérer à l’occasion de chacune d’elles, nous uous bornerons ici à faire connoître l’enclavement, et en quoi cet état diffère de celui où la tête est seulement arrêtée au passage.

ARTICLE PREMIER

De LV Enclavement.

Définition 1708. L'enclavement est cet état dans lequel la

de l’enclave- ,4 Ù L À caps / .

es tête de l'enfant s'étant engagée plus ou moins profondément dans le bassin, y est tellement serrée qu'elle ne peut être poussée au-delà, ni y être mue en aucun autre sens, par les seuls efforts de

la nature.

1709. La plupart de ceux qui ont parlé de l’enclavement en ont eu cette idée; mais quelques-uns ont ajouté à cette définition qu'il étoit également

(x) Voyez depuis le $. 1080 jusqu’au $. 1130 inclusi yement.

DES ACCOUCHEMENS. 103 impossible de refouler la tête avec la main seule au-dessus du point où elle s'étoit engagée : ce qu’on ne sauroit admettre avec eux. Pour que la tète soit réellement enclavée, dit Levret, il faut de toute nécessité qu’elle soit plus ou moins en-

gagée, sans pouvoir avancer par le seul bénéfice

de la nature, ni reculer en la repoussant; car si l’un où l’autre est encore possible, elle n'est pas arrêtée à demeure , elle n’est pas réellement

enclavée (1). D’après une semblable définition (2),

on ne devroit pas s'attendre à trouver quelquesuns de ceux qui l'ont admise, aussi souvent en contradiction avec eux-mêmes, en employant Île mot enclavement indistinctement pour désigner l’état dont il s’agit, et celui où la tête est simplement arrêtée au passage, quoique très-différent à beaucoup d’égards. (Yoyez Varticle suivant, $-1744:)

1710. Quelques auteurs ont distingué deux espèces générales d’enclavement, par rapport à la manière dont ils ont imaginé que la tête pou-

(1) Suite des Observations sur la cause de plusieurs Accouchemens laborieux, part. Il, pag. 266.

(2) Elle renferme le sens de celle qu’en ont donnée Peu, Deventer, de la Motte, Deleurye et autres: Eu admettant rigoureusement dans notre première édition , $. 1518, nous n’en étions pas moins convaincus que la main seule pouvoit refouler une tête véritablement enclavée. Nous avions grand soin , dans nos leçons particulières , d’en instruire nos élèves, mais en leur faisant sentir tous les inconvéniens qu'il y auroit à en user ainsi , dans les vues de retourner l’enfant; de même que toute limportance de la préférence qu’en devoit alors au forceps, comme on le verra ci-après.

De ses différeaces, selon les Auteurs.

104 L'ART voit être fixée. Dans l’une, ont-ils dit, la tête ne touche avec force que par deux endroits de sa surface diamétralement opposés, soit au pubis et au sacrum, soit aux parties latérales du bassin; et dans ire elle est également serrée de toutes parts. On peut raisonnablement nier cette dernière espèce ; et de l’aveu même de ceux qui l'admettent, elle ne peut exister. « Il n’y a pas » d'exemple, dit Levret, de tête enclavée sur la- » quelle on ne puisse conduire le forceps avec plus » où moins d’aisance, soit d’un côté ou de l’autre, » parce qu’elle n’est pas égalemient partout en con- » tact avec le bassin (1) ». Mais 2æderer en pense bien différemment; car, selon lui, « Dans la pa- » ragomphose complète, la tête de l'enfant est » tellement serrée de toutes parts dans le bassin, 3 qQu'ou ne sauroit y passer l’aiguille la plus fine, » dans quelque endroit qu'on tente de le faire (2) ». Hryena 1711. Nous n’admettons qu’une espèce généqu'une pe je d’enclavement : celle où la tête n’est fixée

ce en général,

que par deux régions de sa surface diamétralement opposées, et cette espèce en renferme de particulières; la tête n'étant pas toujours située de la même manière, ni fixée par les mêmes points. Tantôt elle est prise selon sa longueur entre Île pubis et le sacrum, et tantôt selon son épaisseur. Dans le premier cas, c'est le front et l’occiput qui sont en contact avec le cercle intérieur du bassin; dans le second, ce sont les régions pariétales. Cette

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